Question de Mme MARGATÉ Marianne (Seine-et-Marne - CRCE-K) publiée le 18/06/2026
Mme Marianne Margaté attire l'attention de M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur les conséquences dramatiques de la situation géopolitique et économique en Afghanistan, qui frappent au premier chef les femmes et les classes populaires de ce pays.
La violente répression exercée par les autorités de fait talibanes à l'encontre des femmes qui se traduit par le contrôle vestimentaire, des restrictions des libertés publiques et l'écrasement des contestations pacifiques, ne peuvent être isolés du contexte matériel de l'Afghanistan. Ce régime théocratique et patriarcal est le produit direct de décennies d'interventions militaires qui ont méthodiquement détruit les structures progressistes et l'appareil productif du pays. Aujourd'hui la population est dans une misère absolue, ce qui renforce objectivement l'emprise et le contrôle social de cette théocratie. À Hérat, dans l'ouest de l'Afghanistan, plusieurs dizaines de manifestants contre la détention de femmes par la police des moeurs ont été violemment réprimés dans le sang par le gouvernement des Talibans. Selon plusieurs témoignages recueillis par l'Agence France-Presse, la police a tiré à balles réelles pour disperser la foule, a blessé de nombreux manifestants et a procédé à des exécutions sommaires de femmes et d'enfants.
C'est dans ce terrible contexte de violations des droits fondamentaux des femmes, des droits humains les plus élémentaires et de grave crise humanitaire structurelle que l'Union européenne envisage d'engager des discussions avec les représentants talibans qui se focalisent prioritairement sur la gestion des flux migratoires et les conditions de renvoi des ressortissants afghans. Cette démarche révèle le cynisme de la diplomatie européenne qui est loin des considérations humanitaires qu'elle continue pourtant d'afficher.
Par conséquent, elle lui demande quelles initiatives la France compte prendre pour condamner cette répression. Elle souhaite également savoir si le Gouvernement compte agir au niveau national, européen et international pour conditionner toute discussion avec les autorités de fait afghanes non pas à des objectifs de reconduite à la frontière, mais à des exigences concrètes comme le respect du droit des femmes, l'acheminement direct de l'aide humanitaire aux structures de soins et d'éducation et la garantie de protection absolue des réfugiés fuyant la répression politique et de genre.
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En attente de réponse du Ministère de l'Europe et des affaires étrangères.
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