Question de M. COURTIAL Édouard (Oise - UC) publiée le 25/06/2026

M. Édouard Courtial attire l'attention de Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur la situation des exploitations céréalières et protéagineuses de l'Oise, qui traversent une crise économique d'une profondeur sans précédent depuis plusieurs décennies. L'Oise est l'un des premiers départements producteurs de blé tendre et de protéagineux des Hauts-de-France. Les agriculteurs qui y cultivent ces filières affrontent depuis trois années consécutives des revenus disponibles négatifs, sous l'effet combiné d'une hausse structurelle des coûts de production, notamment des engrais azotés, de l'énergie et de la mécanisation, et d'un effondrement des prix de vente alimenté par une offre mondiale abondante. Depuis le début de l'année 2026, la crise géopolitique au détroit d'Ormuz a encore renchéri les intrants tout en pénalisant la compétitivité à l'export. Selon les analyses publiées en mai 2026 par le groupe Agriculture Stratégies, la marge brute à l'hectare du blé tendre s'est effondrée dans la quasi-totalité des départements producteurs, menaçant directement la capacité des exploitants à couvrir leurs charges de structure. Face à cette situation, le Gouvernement a débloqué en janvier 2026 un fonds d'urgence de 40 millions d'euros, dont 2,45 millions d'euros pour la région Hauts-de-France. Dans l'Oise, ce dispositif a été ouvert du 18 février au 3 mars 2026 pour les exploitations spécialisées répondant à des critères stricts. Si cette aide a été accueillie comme un premier signal par les organisations professionnelles, l'Association générale des producteurs de blé (AGPB) a elle-même rappelé que 40 millions d'euros représentent moins de 2 % des pertes de chiffre d'affaires estimées à plus de 2 milliards d'euros pour la seule année 2025. Ce fonds s'est refermé avant même que les exploitants les plus fragilisés aient pu en mesurer les effets sur leur trésorerie et aucune reconduction n'a été annoncée. La situation appelle des réponses qui dépassent le registre du secours d'urgence. La ferme céréalière française souffre d'un effet ciseau structurel que les aides ponctuelles ne peuvent pas corriger durablement. Plusieurs leviers existent pourtant, qu'il s'agisse de la réorientation des aides de la politique agricole commune vers les zones à moindre potentiel, de l'activation de la réserve de crise européenne dont la France a officiellement demandé 100 millions d'euros et qui demeure à ce jour sans réponse de Bruxelles, ou de la révision de la redevance pour pollutions diffuses sur les produits phytosanitaires, dispositif qui ne s'applique qu'en France parmi les États membres et constitue à ce titre une distorsion de concurrence réelle pour nos agriculteurs. Il lui demande si le Gouvernement envisage d'ouvrir un nouveau fonds d'urgence à l'automne 2026 pour les exploitations céréalières qui n'auront pas retrouvé l'équilibre, où en est la demande française d'activation de la réserve de crise européenne et quelle stratégie de compétitivité structurelle il entend mettre en place pour que les céréaliers de l'Oise et de France ne soient plus contraints de cultiver à perte.

- page 3092


En attente de réponse du Ministère de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire.

Page mise à jour le