Question de M. BACCHI Jérémy (Bouches-du-Rhône - CRCE-K) publiée le 25/06/2026

M. Jérémy Bacchi attire l'attention de M. le ministre du travail et des solidarités sur les vives inquiétudes suscitées par la réforme des diplômes d'État en travail social de niveau 6.

Actée par les arrêtés du 6 octobre 2025 et l'instruction ministérielle du 16 mars 2026, cette réforme entrera en vigueur à la rentrée 2026 pour le diplôme d'État d'assistant de service social (DEASS), le diplôme d'État d'éducateur spécialisé (DEES), le diplôme d'État d'éducateur technique spécialisé (DEETS), le diplôme d'État d'éducateur de jeunes enfants (DEEJE) et en 2027 pour le diplôme d'État de conseiller en économie sociale familiale (DECESF). Si l'objectif affiché par le Gouvernement est de redonner de l'attractivité à ces filières, de réduire les tensions de recrutement et de faciliter les mobilités professionnelles, cette réforme inquiète profondément les acteurs du secteur.

La nouvelle architecture des diplômes, désormais structurée autour de quatre blocs de compétences dont deux sont communs à l'ensemble des formations, cristallise les craintes. Les organisations professionnelles alertent sur une uniformisation dangereuse des formations. Cette logique menace d'effacer les spécificités inhérentes à chaque métier, faisant craindre l'émergence d'un « travailleur social unique » déconnecté de la complexité des réalités de terrain.

Cette perte d'identité s'accompagne d'un nivellement par le bas des exigences pédagogiques. Cette dégradation s'illustre particulièrement par la disparition du mémoire de fin de formation au profit d'une simple « épreuve conclusive ». Pour les professionnels, c'est un exercice essentiel d'analyse, de réflexion critique et de prise de recul qui est ici sacrifié.

À cela s'ajoute une politique d'allègements généralisés des enseignements et des stages, désormais en partie laissée à la discrétion des établissements. Pris dans des contraintes budgétaires inédites, de nombreux centres de formation pourraient être tentés d'ajuster leurs exigences à la baisse pour des raisons purement économiques : réduction du nombre de formateurs vacataires issus du terrain, augmentation de la taille des groupes, généralisation des cours en distanciel, ou encore assouplissement des conditions d'admission via Parcoursup pour des étudiants sans réelle vocation.

Considérant que les attentes immédiates de certains employeurs ne doivent pas primer sur les besoins d'accompagnement de qualité des publics les plus vulnérables, les organisations professionnelles et syndicales exigent le retrait de ce texte.

En conséquence, il demande au Gouvernement de revoir la copie et d'élaborer une nouvelle réforme, réellement ambitieuse à partir des réalités de l'ensemble des acteurs concernés : les formateurs, les étudiants, les professionnels de terrain et les personnes accompagnées.

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En attente de réponse du Ministère du travail et des solidarités .

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