Question de M. FERNIQUE Jacques (Bas-Rhin - GEST) publiée le 25/06/2026
Question posée en séance publique le 24/06/2026
M. le président. La parole est à M. Jacques Fernique, pour le groupe Écologiste - Solidarité et Territoires. (Applaudissements sur les travées du groupe GEST. - Mme Colombe Brossel applaudit également.)
M. Jacques Fernique. Ma question s'adresse à Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature.
Madame la ministre, il y a des records dont personne ne peut être fier. Nous avons vécu hier la journée et la nuit les plus chaudes de notre histoire, après un printemps qui a été le plus chaud jamais enregistré.
Qui peut s'en étonner, puisque les scientifiques nous l'annonçaient depuis des décennies ? Ils nous disent désormais que ces canicules-ci apparaîtront bien clémentes au regard de celles des décennies à venir. Seule la réussite de la neutralité carbone pourra conjurer le chaos !
Nous avons détraqué le climat par nos énergies fossiles, et ce climat détraqué s'impose à nous tous.
Avec le climat, on ne compose pas, on ne mégote pas, on ne reporte pas, on ne transige pas : protéger ici et maintenant et adapter sans traîner, c'est ce qu'exigent les Français en surchauffe, les personnes vulnérables dans des logements transformés en fournaises, les enfants dans des classes invivables, les travailleurs exposés, les services d'urgence sursollicités et nos infrastructures qui souffrent.
Madame la ministre, je ne vais pas épiloguer sur les insuffisances, les stop and go, les reculs, les désengagements qui sont derrière nous. Certains sont très récents : je pense au fonds vert, au fonds territorial climat, à MaPrimeRénov', à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), au Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cérema) ou encore à l'Office français de la biodiversité (OFB), qu'il faut conforter et non déstabiliser.
Le choc caniculaire nous impose un nouvel élan et une puissante détermination collective.
La Nation ne peut pas laisser ses collectivités locales assumer seules, démunies, en première ligne pour les mesures d'urgence et les transformations structurelles. C'est le message fort qu'a délivré le Sénat par l'intermédiaire de la commission d'enquête conduite par Olivier Henno et Thomas Dossus sur l'investissement des collectivités dans la transition écologique.
Madame la ministre, nos communes, nos intercommunalités, nos régions ont besoin d'un État à la hauteur. Allez-vous définir clairement le cadre, les obligations, les normes et les limites pour protéger les enfants, les salariés exposés et les plus vulnérables ?
Allez-vous programmer, pour les collectivités territoriales, les 3 milliards d'euros nécessaires pour faire face aux surcoûts de l'adaptation, selon les estimations du rapport de Pisani-Ferry-Mahfouz ?
Ne soyons plus à la ramasse, ne soyons plus dépassés. Votre gouvernement est-il déterminé à changer la donne ? (Applaudissements sur les travées du groupe GEST, ainsi que sur des travées du groupe SER.)
Réponse du Ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature publiée le 25/06/2026
Réponse apportée en séance publique le 24/06/2026
M. le président. La parole est à Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature.
Mme Monique Barbut, ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature. Monsieur le sénateur, cet été nous rappelle en effet que nous n'avons pas été à la hauteur, au niveau mondial, des efforts qu'il aurait fallu fournir afin de ne pas en arriver aux températures extrêmes que nous connaissons aujourd'hui...
M. Alain Joyandet. C'est faux !
Mme Monique Barbut, ministre. Nous vivons effectivement les conséquences de ce dérèglement climatique, puisque nous avons été collectivement incapables de tenir l'objectif de 1,5 degré d'augmentation des températures. Il s'avère, en outre, que l'Europe est en première ligne du dérèglement climatique en termes d'augmentation des températures.
Je partage également votre constat sur un point : ce que nous vivons à l'heure actuelle n'est qu'un avant-goût de ce qui se produira dans les années à venir, puisque d'ici à 2050, nous vivrons chaque année des vagues de chaleur cinq fois plus nombreuses que ce que nous connaissons aujourd'hui.
M. Alain Joyandet. On verra !
Mme Monique Barbut, ministre. On ne peut pas dire que l'État n'a rien fait : deux plans nationaux d'adaptation au changement climatique (Pnacc) ont été mis en oeuvre et la troisième mouture est en cours d'application. Je rappelle que 185 mesures de ce plan ont déjà été exécutées.
La situation doit aussi nous amener à réfléchir à la question des moyens. Je le dis comme je le pense : c'est un mur d'investissements qu'il va nous falloir accepter de regarder en face, collectivement. (Protestations sur les travées des groupes GEST et Les Républicains.)
Ce mur d'investissements concerne tant l'État que les collectivités et les individus. S'agissant des collectivités, monsieur le sénateur, il est vrai qu'elles sont très démunies - en particulier les plus petites d'entre elles. C'est la raison pour laquelle nous avons décidé que 50 % des financements du fonds vert seraient fléchés...
M. Hussein Bourgi. Vous l'avez divisé par trois !
Mme Monique Barbut, ministre. ...vers les collectivités locales, de préférence de petite taille...
M. le président. Il faut conclure !
Mme Monique Barbut, ministre. Par ailleurs...
M. le président. Il faut conclure !
Mme Monique Barbut, ministre. Je termine... (Protestations sur les travées du groupe Les Républicains. - L'oratrice, qui a dépassé son temps de parole, regagne le banc du Gouvernement sans achever sa réponse.)
M. Marc-Philippe Daubresse. Le fonds vert est dans le rouge !
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