Question de Mme LERMYTTE Marie-Claude (Nord - Les Indépendants) publiée le 25/06/2026
Question posée en séance publique le 24/06/2026
M. le président. La parole est à Mme Marie-Claude Lermytte, pour le groupe Les Indépendants - République et Territoires. (Applaudissements sur les travées du groupe INDEP.)
Mme Marie-Claude Lermytte. Ma question s'adresse à Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, mais elle touche à un défi qui concerne désormais chacun des membres du Gouvernement : l'adaptation de notre pays au changement climatique.
Depuis plusieurs années, les Français vivent des étés toujours plus chauds, des canicules plus fréquentes, plus longues et plus intenses.
Face à cette réalité, les collectivités locales sont en première ligne. Ce sont elles qui doivent adapter les écoles, les crèches, les Ehpad et les établissements publics pour protéger nos concitoyens, notamment les plus vulnérables, de ces épisodes de chaleur.
Pourtant, jusqu'à la fin 2025, le fonds vert excluait le financement d'équipements de climatisation ! Dans le même temps, les crédits de ce même fonds vert ont fondu comme neige au soleil.
D'un côté, on demande aux collectivités de s'adapter ; de l'autre, on limite les outils et les moyens dont elles peuvent disposer. Où est la cohérence ?
Le changement climatique nous oblige parfois à revoir certains dogmes. D'ailleurs, ceux qui dénonçaient hier toute forme de climatisation en admettent aujourd'hui les vertus. Rappelons-nous qu'au début du XXe siècle, c'est le chauffage central qui occupait le banc des accusés.
Depuis, l'évolution s'est imposée naturellement : nous avons mieux isolé nos bâtiments pour moins chauffer l'hiver. Soyons de nouveau pragmatiques : pourquoi serait-il incongru de vouloir rafraîchir certains bâtiments l'été lorsque les températures deviennent insupportables ?
Comment peut-on expliquer que les règles et les budgets que vous proposez bloquent encore aujourd'hui l'adaptation que le Gouvernement appelle de ses voeux ?
Madame la ministre, on dit que le pire n'est jamais certain : c'est vrai, mais en matière climatique, il a cessé d'être une hypothèse, c'est désormais un rendez-vous. (Applaudissements sur les travées du groupe INDEP.)
Réponse du Ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature publiée le 25/06/2026
Réponse apportée en séance publique le 24/06/2026
M. le président. La parole est à Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature.
Mme Monique Barbut, ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature. Merci beaucoup pour cette question, dont je comprends le sens. Si vous affirmez que le fonds vert ne finance pas la climatisation dans les écoles, je suis prête à changer la règle. (Applaudissements sur des travées du groupe INDEP. - Marques d'ironie sur les travées du groupe GEST.) Si telle est la question, je vous donne donc une réponse directe.
Il ne s'agit pas d'un dogme en ce qui nous concerne et différents types de mesures doivent être prises en même temps, à commencer par des mesures dites passives qu'il est important de mettre en oeuvre avant de climatiser. Pour schématiser, même si votre voiture dispose de la climatisation, vous irez malgré tout chercher une place à l'ombre en vous garant : la même logique s'applique aux bâtiments, car si vous créez les conditions qui permettent à un bâtiment de rester frais, il peut y avoir jusqu'à dix degrés de différence avec un bâtiment mal conçu.
Il faut donc appliquer les mesures passives dans un premier temps ; si celles-ci ne suffisent pas, la climatisation peut effectivement être une solution, comme vous l'avez affirmé. (Mme Laurence Rossignol applaudit.)
M. Marc-Philippe Daubresse. Rendez-vous dans dix ans !
M. le président. La parole est à Mme Marie-Claude Lermytte, pour la réplique.
Mme Marie-Claude Lermytte. J'espère que nos communes vous ont entendue, madame la ministre. Quoi qu'il en soit, l'urgence est aujourd'hui réelle, et vous avez d'ailleurs annoncé que la troisième vague de chaleur surviendrait à partir du 6 juillet. C'est donc maintenant qu'il faut agir. (Applaudissements sur les travées du groupe INDEP.)
Page mise à jour le