Question de M. BRAULT Jean-Luc (Loir-et-Cher - Les Indépendants) publiée le 11/06/2026
M. Jean-Luc Brault attire l'attention de M. le ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'industrie sur la situation du site Bosch de Vendôme, dans le Loir-et-Cher. Lors du sommet Choose France organisé à Versailles le 1er juin 2026, le Gouvernement se félicitait, à juste titre, de l'annonce de 93 milliards d'euros d'investissements et de milliers d'emplois pour notre pays. Nous ne pouvons que nous réjouir de cette attractivité et de l'ambition affichée en faveur de la réindustrialisation de la France. Mais la réindustrialisation ne peut se résumer aux investissements que nous attirons. Elle doit aussi se traduire par notre capacité à maintenir et développer les activités industrielles déjà présentes sur nos territoires. Depuis plus d'un an, les salariés vivent dans l'incertitude à la suite de l'annonce de la mise en vente du site. L'absence de visibilité sur l'avenir de l'activité nourrit une inquiétude légitime pour les salariés, leurs familles et l'ensemble du bassin d'emploi. Ce sont 270 emplois directs. Cette inquiétude est d'autant plus forte qu'elle s'inscrit dans un contexte national marqué par plusieurs restructurations au sein du groupe Bosch. Ces dernières années, des sites ont été fermés ou sont en cours de fermeture à Mondeville, Marignier, Yzeure ou Vénissieux, tandis que d'autres, comme Rodez, connaissent de nouvelles réductions d'effectifs. Personne n'ignore les mutations profondes que traverse l'industrie automobile européenne, ni les contraintes auxquelles sont confrontés les grands groupes industriels. Mais personne ne peut expliquer aux salariés de Vendôme que la réindustrialisation française est en marche lorsqu'ils demeurent, depuis plus d'un an, sans réponse claire sur l'avenir de leur usine avec un repreneur qui se fait attendre. La réussite de notre politique industrielle se mesurera non seulement aux usines que nous saurons attirer, mais aussi à celles que nous aurons su conserver. Par conséquent, il interroge le Gouvernement pour connaître les démarches qu'il entend engager auprès du groupe Bosch afin d'obtenir de la visibilité sur l'avenir du site de Vendôme et les moyens qu'il entend mobiliser pour accompagner la recherche d'un projet industriel pérenne et préserver les emplois ainsi que les compétences qui y sont attachés.
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Réponse du Ministère délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'intelligence artificielle et du numérique publiée le 17/06/2026
Réponse apportée en séance publique le 16/06/2026
M. le président. La parole est à M. Jean-Luc Brault, auteur de la question n° 1185, adressée à M. le ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'industrie.
M. Jean-Luc Brault. Je vous remercie de répondre à ces différentes questions, madame la ministre. La mienne s'inscrit dans la droite ligne de celle de notre collègue Loïc Hervé : la situation qu'il a décrite est du même acabit que celle qui, dans le Loir-et-Cher, motive mon interpellation.
Lors du sommet Choose France, organisé à Versailles le 1er juin dernier, le Gouvernement se félicitait, à juste titre, de l'annonce de 93 milliards d'euros d'investissements, avec des milliers d'emplois à la clef pour notre pays. Nous ne pouvons que nous réjouir de cette attractivité et de l'ambition affichée en faveur de la réindustrialisation de la France. Mais la réindustrialisation ne peut se résumer aux investissements que nous attirons : elle doit aussi se traduire par notre capacité à maintenir et à développer les activités industrielles sur nos territoires.
C'est dans cet esprit que j'appelle votre attention sur la situation du site Bosch de Vendôme. La filière automobile était déjà bien fragile dans le Loir-et-Cher, 6 000 emplois ayant été supprimés au cours de la dernière décennie. Valeo, Matra, une partie de Delphi : toutes ces situations ont durement éprouvé le département.
Depuis plus d'un an, les salariés vivent dans l'incertitude à la suite de l'annonce de la mise en vente du site. L'absence de visibilité sur l'avenir de l'activité nourrit une inquiétude légitime pour les salariés, pour leurs familles et pour l'ensemble du bassin d'emploi - 270 emplois directs sont concernés.
Cette inquiétude est d'autant plus forte qu'elle s'inscrit dans un contexte national marqué par plusieurs restructurations au sein du groupe Bosch. Ces dernières années, des sites ont fermé ou sont en cours de fermeture : à Mondeville, à Marignier, à Yzeure ou encore à Vénissieux. D'autres villes, comme Rodez, connaissent déjà une nouvelle réduction d'effectifs.
Je n'ignore ni les mutations profondes que traverse l'industrie automobile européenne ni les contraintes auxquelles sont confrontés les grands groupes industriels. Mais comment expliquer aux salariés de Vendôme que la réindustrialisation française est en marche lorsqu'ils demeurent, depuis plus d'un an, sans réponse claire sur l'avenir de leur usine, avec un repreneur qui se fait attendre ?
Je signale aussi que nous avons perdu 100 emplois à Vendôme le mois dernier : le groupe Brandt a fermé son usine pour délocaliser son activité à l'étranger.
Quelles démarches le Gouvernement a-t-il engagées auprès du groupe Bosch afin d'obtenir de la visibilité sur l'avenir du site de Vendôme ? (M. Loïc Hervé applaudit.)
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée.
Mme Anne Le Hénanff, ministre déléguée auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargée de l'intelligence artificielle et du numérique. Je vous remercie de votre question, monsieur le sénateur Jean-Luc Brault. Comme vous le soulignez, l'industrie automobile européenne traverse aujourd'hui de profondes mutations, liées à la transition technologique du secteur, à l'intensification de la concurrence internationale et à l'évolution des marchés. Nous évoquons ce sujet régulièrement dans cet hémicycle, notamment lors des questions d'actualité au Gouvernement.
Face à ces défis, le Gouvernement demeure pleinement mobilisé pour préserver les capacités industrielles de notre pays, accompagner les entreprises de la filière dans leur transformation et maintenir les emplois et les compétences industriels sur nos territoires.
Dans ce contexte, plusieurs acteurs majeurs du secteur ont annoncé des réorganisations importantes de leurs activités. Certains groupes ont engagé des restructurations et des fermetures de sites, tandis que d'autres, à l'image du groupe Bosch, ont fait le choix d'examiner des solutions de reprise ou d'adossement de certaines activités à des partenaires industriels ou financiers susceptibles d'en assurer le développement à long terme.
Le groupe Bosch a ainsi engagé un processus de recherche d'un repreneur pour le site de Vendôme. Un tel processus est souvent complexe ; il faut du temps pour identifier un projet industriel solide et pérenne. Cette démarche active traduit néanmoins la volonté de préserver une activité industrielle sur le site plutôt que d'envisager sa fermeture.
Depuis l'annonce de ce projet, les services de l'État se tiennent aux côtés des acteurs locaux, dont vous faites partie, monsieur le sénateur, pour suivre l'évolution de la situation. Ils veillent à ce que le groupe Bosch assume pleinement ses responsabilités dans la conduite de ce processus et favorise l'émergence d'une solution industrielle crédible. Les échanges se poursuivent étroitement avec l'entreprise et avec l'ensemble des parties prenantes. À ce stade, l'annonce d'un projet de reprise demeure attendue dans les prochaines semaines.
Soyez assuré, monsieur le sénateur, de la pleine mobilisation du Gouvernement pour accompagner la recherche d'un projet industriel pérenne sur le site de Vendôme et pour préserver ses emplois. Je sais que vous y êtes attaché ; le Gouvernement l'est également.
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