Question de M. OUIZILLE Alexandre (Oise - SER) publiée le 11/06/2026

M. Alexandre Ouizille attire l'attention de M. le garde des sceaux, ministre de la justice sur le projet d'unité judiciaire à priorité éducative en cours d'élaboration sur les communes de Liancourt et de Verderonne. Les maires des deux communes ont reçu il y a quelques semaines un permis de construire à ce sujet sans pour autant avoir été informés par les services de l'État de la mise en place de cette nouvelle unité judiciaire. Non seulement il déplore, au même titre que les maires de Liancourt et de Verderonne, le manque de communication et de transparence concernant ce projet, mais il attire également l'attention du ministre sur le point suivant. Les communes de Liancourt et Verderonne ont d'ores et déjà, sur leur territoire, de nombreux établissements pénitentiaires ou à vocation de réinsertion. Existe ainsi le centre pénitentiaire de Liancourt, une prison modulaire pour de l'accueil en semi-liberté ou en courte peine d'une centaine de places de même qu'un établissement d'accueil de 40 mineurs non accompagnés. Rapporté au nombre d'habitants des deux communes (6000 pour Liancourt et 540 pour Verderonne), le poids que font peser ces projets sur les infrastructures communales (notamment l'entretien du chemin menant à l'unité judiciaire à priorité éducative) apparaît particulièrement important. Face à ce constat, il lui demande si le projet d'unité judiciaire à priorité éducative est toujours à l'ordre du jour et quelles sont les mesures que comptent prendre le Gouvernement et les services de l'État afin d'associer les élus de Liancourt et Verderonne aux décisions relatives à ce projet.

- page 2828


Réponse du Ministère délégué auprès du ministre de l'intérieur, chargé de la citoyenneté publiée le 17/06/2026

Réponse apportée en séance publique le 16/06/2026

M. le président. La parole est à M. Alexandre Ouizille, auteur de la question n° 1188, adressée à M. le garde des sceaux, ministre de la justice.

M. Alexandre Ouizille. Madame la ministre, dans mon département de l'Oise a été annoncée la création par le ministère de l'intérieur d'une unité judiciaire à priorité éducative.

Si la question de la réinsertion des mineurs délinquants nous concerne tous, un tel projet pose toutefois de nombreuses questions.

La première interrogation concerne son lieu d'implantation. Les deux communes concernées, Liancourt et Verderonne, forment en effet un ensemble de 6 500 habitants ; s'y trouvent déjà implantés un centre pénitentiaire, mais aussi une prison modulaire de 100 places pour de l'accueil en semi-liberté, ainsi qu'un lieu d'accueil de 40 places pour les mineurs non accompagnés.

L'idée serait donc d'ajouter sur ce territoire un nouveau dispositif, dans un environnement déjà très marqué par l'univers pénitentiaire et par la réinsertion.

Le second point est d'ordre méthodologique. Les élus ont découvert l'existence du projet et l'installation prochaine d'un nouvel établissement sur leur territoire non pas par voie de presse, mais au moment du dépôt du permis de construire.

Ma question au Gouvernement est donc simple. Nous entendons dire que certains établissements ont finalement été déprogrammés. Qu'en est-il de celui-ci ? Par ailleurs, le Gouvernement compte-t-il associer les élus du territoire à ce projet et en discuter avec eux ?

M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée.

Mme Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur, chargée de la citoyenneté. Monsieur le sénateur Ouizille, vous attirez l'attention du garde des sceaux sur le projet d'unité judiciaire à priorité éducative en cours d'élaboration sur le territoire des communes de Liancourt et de Verderonne, sur l'emprise de l'ancienne prison appartenant au ministère de la justice.

Je tiens à vous indiquer que les services du ministère veillent constamment à associer les communes quand ils projettent l'implantation d'une nouvelle structure sur leur territoire. C'est particulièrement le cas pour les établissements de placement éducatif de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ).

Dès 2021, ce projet, qui concernait alors un centre éducatif fermé, a fait l'objet d'une concertation avec les maires des deux communes.

M. Roger Menn, maire de Liancourt, a exprimé un accord de principe lors d'un entretien en novembre 2021, tout en partageant sa vision pour un écoquartier sur une partie du site. M. Philippe Lepori, maire de Verderonne, a également validé l'implantation en mars 2023, confirmant que la commune ne ferait pas obstacle au projet.

En 2023, a été lancé un concours d'architecture, à l'issue duquel un projet a été retenu en avril 2024. La concertation s'est maintenue tout au long des études. Ainsi, une réunion a notamment été organisée en septembre 2024 à la mairie de Liancourt, en présence des élus des deux communes, en particulier de la nouvelle maire de Liancourt, Mme Laëtitia Coquelle.

Une demande de permis de construire a été déposée le 10 avril 2026. À cette occasion, le centre éducatif fermé a été requalifié en unité judiciaire à priorité éducative, afin de s'inscrire dans la nouvelle orientation que le ministre a donnée à la PJJ. Le changement est significatif sur le plan éducatif, mais très marginal sur le plan architectural.

Je vous confirme que ce projet reste à l'ordre du jour et que les élus de Liancourt et de Verderonne seront régulièrement informés, notamment à propos des alertes qu'ils ont soulevées à chacune des réunions.

- page 4708

Page mise à jour le