Question de M. BASQUIN Alexandre (Nord - CRCE-K) publiée le 02/07/2026

M. Alexandre Basquin interroge M. le ministre de l'action et des comptes publics sur le développement de l'intelligence artificielle (IA) au sein des administrations françaises, dans le cadre d'un « premier plan systémique ».

Il est précisé tout d'abord que cette question écrite a été rédigée sans l'aide de l'intelligence artificielle générative.

Le 16 juin 2026, Monsieur le Ministre de l'action et des comptes publics a présenté un plan consacré au déploiement de l'intelligence artificielle au sein de l'État, qui se revendique comme le « premier plan systémique pour l'IA dans l'État », baptisé « Notre IA ». Rien de moins !

Cette annonce promet une IA « utile, humaine et souveraine ». Or, comment pouvons-nous croire en une intelligence artificielle humaine ? Il s'agit là d'un oxymore.

Rendre humains les services publics, c'est avant tout leur consacrer des moyens et notamment des moyens humains, bien loin des coupes claires dans les budgets et des réductions permanentes et organisées des effectifs.

Ici, on peut craindre au contraire et une nouvelle fois, que l'arrivée massive de l'IA soit un alibi pour réduire toujours plus le nombre d'agents, mais aussi, qu'à terme, l'intelligence artificielle devienne l'objet central du dialogue social avec la robotisation des fonctions, l'appauvrissement des métiers, la perte de sens pour les agents.

Soyons en certains, l'IA ne transformera ni ne modernisera le service public. Elle ne sera qu'un gadget technologique installé dans les administrations françaises et qui déshumanisera toujours plus les relations entre agents et usagers. C'est ainsi une prise de contrôle silencieuse qui nous pousse vers une société sans contact, totalement déshumanisée. Bien loin du sens même de ce que doivent être les services publics.

Déjà aujourd'hui le constat est clair : les usagers regrettent que les guichets ferment malheureusement les uns après les autres. Il est de plus en plus difficile d'avoir un contact physique ou téléphonique avec les administrations. Cela a d'ailleurs été largement évoqué dans un récent rapport de la Défenseure des droits.

L'IA renforcera malheureusement cet écueil.

Or, les services publics doivent promouvoir la solidarité, l'écoute, le dialogue et l'égalité de traitement. Force est de constater que nous nous en éloignons chaque jour un peu plus.
L'intelligence artificielle ne peut être une réponse miracle à la surcharge de travail, aux difficultés de recrutement, à l'amélioration de la qualité des services rendus aux usagers et de simplification des procédures administratives.

C'est pourquoi il lui demande, contrairement au plan systémique de l'IA annoncé, de prendre l'exact contrepied en réhumanisant nos services publics.

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En attente de réponse du Ministère de l'action et des comptes publics.

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