Question de M. OUZOULIAS Pierre (Hauts-de-Seine - CRCE-K) publiée le 09/07/2026

M. Pierre Ouzoulias appelle l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations à propos de la propagande antisémite diffusée par le ci-devant hebdomadaire dénommé Rivarol. Le 23 juin 2026, la Nation ouvrait le Panthéon à Marc Bloch et Simone Vidal-Bloch. Elle honorait ainsi un historien qui avait radicalement renouvelé la façon d'écrire l'histoire, un soldat profondément attaché à la défense d'une patrie qu'avait choisie sa famille en quittant l'Alsace annexée, mais aussi un résistant victime de l'antisémitisme d'État du régime de Pétain. Il fut exclu de la fonction publique par la loi « portant statut des Juifs » du 3 octobre 1940. Haut responsable à Lyon des Mouvements unis de la Résistance, il fut arrêté, torturé et assassiné par la Gestapo le 16 juin 1944. En première page de son édition du 1er juillet 2026, l'hebdomadaire déjà cité publiait le titre suivant : « Panthéonisation de Marc Bloch : l'église Sainte-Geneviève devient une synagogue ! ». Il est difficile de produire une expression d'une si grande abjection en aussi peu de mots. C'est non seulement l'histoire d'un bâtiment symbolique de la République, institué « Panthéon des grands hommes » par l'Assemblée constituante le 4 avril 1791, qui est bafouée, mais aussi la mémoire d'un grand patriote républicain, conscience d'une nation refusant la défaite et la collaboration, qui est outragée. Récidivant dans un registre antirépublicain et antisémite qui lui a déjà valu de nombreuses condamnations, cet hebdomadaire perpétue l'ancienne thèse complotiste qui voit dans la Révolution française l'oeuvre d'une « conspiration judaïque ». Alors que l'antisémitisme connaît une recrudescence inquiétante, cet anathème diffusé par voie de presse constitue un terrifiant appel à la haine et une forme d'apologie coupable des législations raciales du régime de Pétain. Aussi, il lui demande quelles poursuites judiciaires elle pourrait engager contre cette expression délictueuse et comment le Gouvernement pourrait obtenir l'interdiction d'un titre de presse qui se donne pour projet politique de défier les lois de la République.

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En attente de réponse du Ministère délégué auprès du Premier ministre, chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations.

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