Question de Mme PONCET MONGE Raymonde (Rhône - GEST) publiée le 09/07/2026
Question posée en séance publique le 08/07/2026
M. le président. La parole est donc à Mme Raymonde Poncet Monge, pour le groupe Écologiste - Solidarité et Territoires.
Mme Raymonde Poncet Monge. Je vous remercie, monsieur le président du Sénat.
Je tiens à dire, au préalable, que notre groupe s'associe aux hommages adressés au jeune pompier volontaire décédé en opération.
Monsieur le ministre des solidarités, ma question ne porte plus sur la responsabilité du Gouvernement d'avoir asséché les moyens d'une politique ambitieuse d'atténuation du dérèglement climatique, ni sur la façon dont il a taillé les crédits d'une politique d'adaptation, ni même sur son impréparation lors des dernières vagues de chaleur. Elle concerne les semaines à venir et les mois d'été qui sont devant nous.
Le contexte est le suivant. En dix ans, pas plus qu'en matière de climat, vous n'avez tenu vos promesses de lutter contre la pauvreté et le sans-abrisme. Le taux de pauvreté est au plus haut depuis trente ans et dix millions de pauvres occupent un logement social, dans un parc dont seul un dixième des habitations sont munies de volets. On observe la réapparition en France d'hébergements ultraprécaires, où logent des familles. Et trois millions d'enfants sont toujours privés du droit aux vacances.
C'est bien des enfants qu'il s'agit aujourd'hui, car la précarité et la pauvreté démultiplient la vulnérabilité au froid comme au chaud. La surmortalité a le visage des inégalités sociales en France !
À côté des agents publics, les associations, que vous avez fragilisées et d'ailleurs oubliées dans vos remerciements, sont débordées par l'ampleur des besoins.
Aussi, quelles mesures exceptionnelles concrètes prévoyez-vous de prendre, en tant que ministre des solidarités, pour renforcer l'engagement des associations et de nos collectivités ? (Applaudissements sur les travées du groupe GEST, ainsi que sur des travées des groupes SER et CRCE-K.)
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Réponse du Ministère du travail et des solidarités publiée le 09/07/2026
Réponse apportée en séance publique le 08/07/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre.
M. Jean-Pierre Farandou, ministre du travail et des solidarités. Madame la sénatrice Poncet Monge, le Gouvernement est bien sûr mobilisé pour protéger les travailleurs et les publics les plus fragiles en période de canicule. Il agit par la norme, par le contrôle et par l'animation des politiques publiques.
Avant même le début de ces épisodes de forte chaleur, j'avais pris très au sérieux la question de la protection des travailleurs soumis à des températures intenses, mais aussi celle de la protection des publics en situation difficile.
La prévention des risques liés aux températures extrêmes représente un axe essentiel du plan santé au travail (PST) 2026-2030, qui a été présenté en amont de la première hausse des températures du mois de mai dernier.
Les contrôles ont été renforcés. Presque 4 000 contrôles ont été réalisés, donnant lieu à 390 mises en demeure. Il y a deux semaines, j'ai également demandé aux préfets de prendre, si nécessaire, dans les départements en vigilance rouge, toutes les mesures pour arrêter les travaux sur les chantiers et pour protéger les personnes les plus vulnérables.
J'ai aussi réuni les représentants des plateformes de livraison. En effet, les livreurs à vélo, même s'ils sont des travailleurs indépendants, ont eux aussi le droit d'être protégés quand il fait très chaud.
M. Pascal Savoldelli. Il serait temps !
M. Jean-Pierre Farandou, ministre. Ces plateformes ont pris, vendredi dernier, des mesures de protection visant à améliorer la santé de ces travailleurs, en décidant d'arrêter les livraisons lors des périodes les plus chaudes.
Concernant la protection des plus vulnérables, nous travaillons avec les centres communaux d'action sociale (CCAS) et l'ensemble des acteurs de l'État pour assurer un suivi individualisé des publics fragiles et pour coordonner les interventions nécessaires en direction des personnes âgées isolées chez elles, mais aussi au bénéfice des gens qui vivent dans la rue et auxquels il faut offrir un abri. J'ai ainsi visité un abri installé dans la préfecture de la région de l'Île-de-France.
Je me rendrai en septembre prochain en Espagne, avec les partenaires sociaux, afin de mieux comprendre comment ce pays, souvent cité en référence, s'est organisé pour protéger à la fois les travailleurs et les personnes en situation de fragilité.
Madame la sénatrice, vous avez posé votre dernière question au Gouvernement. Je tiens à vous rendre un hommage personnel et public, pour votre rigueur, votre travail et votre capacité exceptionnelle à maîtriser parfaitement les deux minutes réglementaires de temps de parole ! (Rires.) Merci beaucoup, et bon vent ! (Applaudissements.)
M. le président. La parole est à Mme Raymonde Poncet Monge, pour la réplique.
Mme Raymonde Poncet Monge. Monsieur le ministre, ATD Quart Monde qualifie la canicule de « fait social total », qui met à nu le cumul des inégalités et des vulnérabilités.
Le bon plan d'urgence, c'est celui qui se soucie des plus vulnérables, qui ouvre massivement des places d'hébergement d'urgence et des refuges climatiques, qui démultiplie les installations de points d'eau et qui lance une campagne nationale pour informer sur les registres municipaux, sur lesquels seulement 10 % des personnes isolées sont inscrites - justement pas celles, invisibles, qui ne sont connues d'aucun service.
Bref, monsieur le ministre des solidarités - car c'est ce ministre que j'interpellais, davantage que celui du travail -, il faut vite mettre en place un plan national Grand Chaud, pour soutenir les actions de nos collectivités et des associations. (Applaudissements sur les travées du groupe GEST. - Mme Émilienne Poumirol applaudit également.)
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