Question de Mme BILLON Annick (Vendée - UC) publiée le 02/07/2026
Mme Annick Billon attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur l'avenir des hôpitaux de proximité vendéens dans le cadre du futur projet hospitalier de territoire. Ces dernières années, elle a régulièrement alerté le Gouvernement sur les difficultés croissantes d'accès aux soins rencontrées dans plusieurs territoires vendéens, notamment dans le Sud Vendée. Aujourd'hui, les réflexions engagées autour du futur projet hospitalier de territoire suscitent de nombreuses interrogations parmi les élus locaux, les professionnels de santé et les patients. Si chacun reconnaît la nécessité de moderniser l'offre hospitalière et de poursuivre les investissements indispensables au fonctionnement des établissements vendéens, plusieurs évolutions concernant l'organisation des soins alimentent les inquiétudes quant à l'avenir de certains services hospitaliers de proximité. Ces préoccupations concernent notamment la maternité de Fontenay-le-Comte, qui a réalisé 427 accouchements en 2025 et dont le maintien fait l'objet d'une forte mobilisation locale, mais également la maternité des Sables d'Olonne, dont l'avenir suscite régulièrement des interrogations. Ces inquiétudes interviennent alors même que plusieurs territoires vendéens connaissent déjà des difficultés importantes d'accès aux soins. Dans le Nord-Ouest Vendée, près de 10% de la population, soit environ 15 000 habitants, ne dispose pas de médecin traitant. Dans le Sud Vendée et sur le littoral, les tensions sont également fortes dues à la démographie et à l'afflux saisonnier, avec un bassin des Sables d'Olonne qui compte 55 000 habitants permanents et plus de 250 000 habitants en période estivale. Dans ce contexte, les professionnels hospitaliers se retrouvent confrontés à une forte incertitude sur l'avenir de leurs services. Dans plusieurs établissements, les personnels exercent avec un manque de visibilité sur les orientations à venir, certains services ne disposant pas à ce jour de perspectives claires quant à leur maintien ou à leur réorganisation à court terme, ce qui fragilise l'attractivité médicale et la stabilité des équipes. La présentation du projet hospitalier de territoire, initialement annoncée pour le mois de juin 2026, a été reportée à la suite des interrogations exprimées par de nombreux élus locaux, soucieux de préserver un maillage hospitalier équilibré et adapté aux besoins des populations. Aussi, elle l'interroge sur les garanties que le Gouvernement entend apporter quant à l'avenir des hôpitaux de proximité vendéens et au maintien des services indispensables à l'accès aux soins dans les différents territoires du département.
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Réponse du Ministère délégué auprès de la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, chargé de l'autonomie et des personnes handicapées publiée le 08/07/2026
Réponse apportée en séance publique le 07/07/2026
M. le président. La parole est à Mme Annick Billon, auteure de la question n° 1221, adressée à Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.
Mme Annick Billon. Madame la ministre, en Vendée, l'élaboration du nouveau projet hospitalier de territoire suscite de nombreuses interrogations chez les élus locaux, les professionnels de santé et les patients.
Notre offre hospitalière doit certes être modernisée, mais cette évolution ne peut se faire au détriment de la proximité des soins. À cet égard, plusieurs projets de réorganisation alimentent les inquiétudes.
Ainsi, l'avenir des maternités de Fontenay-le-Comte et des Sables-d'Olonne semble très incertain ; leur maintien fait l'objet d'une forte mobilisation locale.
En outre, des fermetures sont envisagées alors que plusieurs territoires vendéens connaissent déjà des difficultés importantes d'accès aux soins. Dans le nord-ouest de la Vendée, quelque 15 000 habitants, soit près de 10 % de la population, n'ont pas de médecin traitant. Dans le sud du département et sur le littoral, les tensions sont aussi fortes en raison de la démographie et de l'afflux touristique : rappelons que le bassin des Sables-d'Olonne compte 55 000 habitants à l'année, mais plus de 250 000 en période estivale !
Les personnels hospitaliers font preuve d'un grand engagement dans leur mission de service public, mais les équipes travaillent dans le flou, la boule au ventre, sans savoir si demain elles seront maintenues ou réorganisées. Cette situation fragilise l'attractivité médicale du territoire.
La présentation du projet hospitalier de territoire, initialement annoncée pour le mois de juin 2026, a été reportée à la suite des interrogations exprimées par les élus, attachés à préserver un maillage hospitalier équilibré et adapté aux besoins des populations.
Madame la ministre, quelles garanties le Gouvernement entend-il apporter quant à l'avenir des hôpitaux de proximité en Vendée et au maintien dans ce département des services indispensables à l'accès aux soins ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée.
Mme Camille Galliard-Minier, ministre déléguée auprès de la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, chargée de l'autonomie et des personnes handicapées. Madame la sénatrice, vous interrogez ma collègue Mme la ministre de la santé sur l'avenir des hôpitaux de proximité vendéens, en nous faisant part des inquiétudes suscitées par les réflexions en cours concernant les maternités de Fontenay-le-Comte et des Sables-d'Olonne.
Je veux d'abord être très claire : aucune décision n'est aujourd'hui arrêtée concernant ces maternités. Les travaux engagés dans le cadre du projet hospitalier de territoire ont précisément pour objectif d'éclairer les choix futurs au regard des besoins de la population, des évolutions démographiques et des exigences de sécurité des soins.
Notre priorité est simple : garantir aux Vendéens à la fois la sécurité des prises en charge et le maintien d'un accès de proximité aux soins.
La Vendée présente des caractéristiques particulières : une population en croissance, un vieillissement marqué et une très forte pression saisonnière sur le littoral.
Le projet hospitalier de territoire, plutôt que de remettre en cause le maillage hospitalier vendéen, doit au contraire le renforcer par plus de coopération et de gradation entre établissements.
Cette logique de complémentarité entre les acteurs publics et privés, mais aussi entre ville et hôpital, est celle qui inspire l'agence régionale de santé, en lien avec tous ses partenaires, notamment les élus.
L'État accompagne également les hôpitaux de Vendée dans leurs projets de modernisation. Le schéma directeur immobilier en cours prévoit des investissements importants sur les principaux sites hospitaliers du département, tout en maintenant des opérations de modernisation sur les établissements de proximité.
Ce vaste projet hospitalier nécessite d'être pleinement expertisé et doit faire l'objet d'une concertation avec toutes les parties prenantes : professionnels de santé, usagers et élus.
Lorsque viendra le temps des arbitrages, Mme Rist sera particulièrement attentive à ce que les décisions prises permettent de concilier trois exigences : la sécurité des soins, l'attractivité des établissements et le maintien d'une offre hospitalière de proximité adaptée aux besoins de tous les territoires vendéens.
M. le président. La parole est à Mme Annick Billon, pour la réplique.
Mme Annick Billon. Évidemment, nous partageons les objectifs que vous venez d'exprimer au nom du Gouvernement, madame la ministre. La modernisation de l'offre hospitalière vendéenne et sa réorganisation sont nécessaires, mais elles doivent se faire en concertation avec les élus et les professionnels de santé, qui ne doivent pas être laissés sans réponse.
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