Question de M. CHANTREL Yan (Français établis hors de France - SER) publiée le 16/07/2026
M. Yan Chantrel interroge M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur la réponse législative qu'il entend apporter aux attentes des Françaises et Français établis hors de France.
Les élections des conseillers des Français de l'étranger des 30 et 31 mai derniers l'ont démontré : nos compatriotes établis hors de France ont des attentes fortes et désespèrent de voir le Gouvernement y apporter des réponses concrètes.
Le baromètre 2026 de l'association Français du Monde rappelle avec force que leur principal besoin, aujourd'hui, est de disposer d'un accès simplifié à leurs droits existants, par une plus grande dématérialisation et la création d'un guichet unique pour l'ensemble des démarches administratives (retraite, fiscalité, état civil et accès consulaire), et la mise en oeuvre réelle des autres droits, comme le droit au compte.
La situation devient aussi urgente pour celles et ceux qui essaient de faire valoir leurs droits à la retraite ou qui approchent de ce moment et manquent cruellement d'informations sur les démarches à mener pour liquider leurs droits. S'agissant des retraites, il n'est plus possible d'abandonner la Caisse des Français de l'étranger à sa mission de service public ; l'État doit prendre ses responsabilités et la financer pleinement.
La mission d'information que le Sénat a menée sur la réforme de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger souligne l'urgence à pérenniser son financement pour protéger les familles contre la hausse des frais de scolarité, favoriser un accès équitable à l'enseignement en français, et encourager la mixité sociale dans nos établissements.
Enfin, les démarches restent trop complexes et dissuasives pour tous les jeunes qui souhaitent venir en France poursuivre leurs études, et pour toutes les familles qui choisissent de revenir s'installer en France. Le délai de carence, en particulier, les met dans une situation de précarité sanitaire et sociale injuste.
Il lui demande donc quand il compte enfin déposer un projet de loi devant le Parlement pour répondre aux attentes des Français établis hors de France et leur confirmer qu'ils sont bien des citoyens de notre République, au même titre que tous les autres.
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Réponse du Ministère délégué auprès du ministre du travail et des solidarités et du ministre de l'éducation nationale, chargé de l'enseignement et de la formation professionnels et de l'apprentissage publiée le 22/07/2026
Réponse apportée en séance publique le 21/07/2026
M. le président. La parole est à M. Yan Chantrel, auteur de la question n° 1246, adressée à M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères.
M. Yan Chantrel. Madame la ministre, plus de cent élus des Français de l'étranger, parlementaires, représentants associatifs et responsables d'associations ont lancé dans la presse un appel au Gouvernement. Leur exigence est simple : ils veulent que les trois millions de Français établis hors de France soient enfin traités comme des citoyens à part entière. Les Français de l'étranger ont confirmé leurs attentes lors des élections consulaires.
Pourtant, accéder à une retraite, à un compte bancaire, faire valoir ses droits sociaux, accomplir une démarche administrative, obtenir un rendez-vous consulaire ou faire reconnaître un acte d'état civil relève encore trop souvent du parcours du combattant.
La situation est particulièrement préoccupante en matière de retraite et de protection sociale. Il n'est plus acceptable que la Caisse des Français de l'étranger assure seule une mission de service public, qui relève de la responsabilité de l'État, sans bénéficier d'un financement à la hauteur.
À cela s'ajoutent les difficultés croissantes d'accès à l'enseignement français à l'étranger, alors même que le Sénat comme l'Assemblée nationale ont appelé dans différents rapports à sécuriser durablement le financement de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger.
Depuis plusieurs années, le Gouvernement annonce un projet de loi consacré aux Français de l'étranger, mais les promesses ne suffisent plus. Madame la ministre, quand le Gouvernement entendra-t-il enfin le message envoyé par les Français de l'étranger et par leurs représentants ?
Quand présentera-t-il au Parlement un projet de loi ambitieux, doté des moyens nécessaires, pour enfin garantir à nos compatriotes établis hors de France un réel égal accès aux droits, aux services publics et à la protection que la République doit à chacun de ses citoyens, où qu'ils vivent ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée.
Mme Sabrina Roubache, ministre déléguée auprès du ministre du travail et des solidarités et du ministre de l'éducation nationale, chargée de l'enseignement et de la formation professionnels et de l'apprentissage. Monsieur le sénateur Chantrel, je vous prie de bien vouloir excuser ma collègue Eléonore Caroit, qui se trouve en Égypte. Elle m'a chargée de vous communiquer sa réponse.
Elle vous remercie pour votre question. Vous le savez, sur ce sujet, elle est très mobilisée en tant que ministre, comme elle l'était lorsqu'elle était parlementaire. Vous connaissez et vous partagez son engagement en faveur des Français établis hors de France.
La ministre Eléonore Caroit plaide depuis longtemps pour faciliter la vie de nos compatriotes à l'étranger. Lorsqu'elle était députée, elle avait déposé une proposition de loi comportant une quinzaine de mesures en leur faveur. La session parlementaire qui vient de s'écouler ayant été, vous le savez, très particulière, il n'a pas été possible d'inscrire ce texte à l'ordre du jour des travaux de l'Assemblée nationale. Il n'est toutefois pas dans l'habitude de la ministre, dont les convictions sont fortes, d'abandonner. Elle vous assure qu'elle continue de travailler sans relâche pour que ses principales mesures soient mises en application.
Parallèlement à ces efforts, elle oeuvre pour les Français de l'étranger afin que les services du ministère continuent d'améliorer la qualité du service public offert à nos compatriotes de l'étranger.
Ces services publics doivent combiner modernité, simplicité et, évidemment, proximité. Les avancées récentes nous permettent de bénéficier de services innovants, sans équivalent sur le territoire national. La mise en place du service de réponse téléphonique France Consulaire en est un exemple probant et marquant : il couvre aujourd'hui le monde entier.
Nous pouvons par ailleurs nous réjouir de la mise en oeuvre non seulement du vote par internet, mais également du registre d'état civil électronique, de l'identité numérique, du certificat de vie numérique ou encore du renouvellement à distance des passeports, qui est actuellement expérimenté dans quatre pays. Une réforme de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger est en cours. La ministre Caroit en a longuement parlé par ailleurs.
J'évoquerai enfin le droit au compte bancaire. Un groupe de travail sur ce sujet a été créé avec notre collègue Roland Lescure. Un sondage a été envoyé le 16 juillet à l'ensemble de nos compatriotes à l'étranger pour recenser toutes leurs difficultés afin de mieux y répondre.
M. le président. La parole est à M. Yan Chantrel, pour la réplique.
M. Yan Chantrel. Ce qui est important, madame la ministre, c'est que le Gouvernement, en particulier le Premier ministre, s'engage à inscrire au plus vite ce texte à l'ordre du jour de notre assemblée et de l'Assemblée nationale, afin de répondre aux défis auxquels font face nos compatriotes établis hors de France.
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