Question de Mme BONNEFOY Nicole (Charente - SER) publiée le 06/08/2026
Mme Nicole Bonnefoy attire l'attention de M. le ministre du travail et des solidarités sur les inquiétudes exprimées par l'union nationale des missions locales (UNML) concernant les perspectives budgétaires pour l'année 2027.
Alors que le Gouvernement a réaffirmé faire de la jeunesse une priorité, les annonces faisant état d'une nouvelle réduction de 1,9 milliard d'euros des crédits du ministère du travail suscitent une vive préoccupation au sein du réseau des missions locales. Ces structures, qui accompagnent chaque année plus de 1,1 million de jeunes âgés de 16 à 25 ans dans leurs parcours d'insertion sociale et professionnelle, ont déjà subi une diminution de leurs financements de 13 % en deux ans, entraînant la suppression de près de 1 100 emplois.
Les missions locales constituent pourtant un maillon essentiel des politiques publiques de l'emploi. Elles assurent un accompagnement global des jeunes, portant non seulement sur l'accès à l'emploi et à la formation, mais également sur le logement, la santé, la mobilité ou encore l'accès aux droits. Leur action repose sur un suivi individualisé, reconnu pour son efficacité et largement plébiscité par les jeunes eux-mêmes, dont 96 % se déclarent satisfaits de l'accompagnement reçu.
Cette situation est d'autant plus préoccupante que le taux de chômage des 15-24 ans atteignait 21,1 % au premier trimestre 2026 et que les perspectives économiques demeurent incertaines. Dans ce contexte, réduire les moyens consacrés à l'insertion des jeunes apparaît contradictoire avec les objectifs affichés de lutte contre le chômage et de cohésion sociale. L'UNML rappelle qu'un accompagnement en mission locale représente un coût moyen de seulement 830 euros par jeune et par an pour les finances publiques, investissement qui permet d'éviter, à terme, des dépenses sociales beaucoup plus importantes liées à la précarité, au chômage ou au recours aux minima sociaux.
L'union nationale des missions locales estime aujourd'hui que le réseau est arrivé à un seuil critique, au-delà duquel toute nouvelle réduction budgétaire aurait un impact direct sur la qualité de l'accompagnement proposé, avec le risque d'accroître les inégalités territoriales et de fragiliser durablement les parcours d'insertion des jeunes.
Aussi, elle demande au Gouvernement quelles réponses il entend apporter aux inquiétudes légitimes exprimées par les acteurs du réseau des missions locales et comment il entend concilier les impératifs de maîtrise des finances publiques avec la nécessité de garantir à ces structures les moyens indispensables à l'accomplissement de leurs missions. Elle lui demande également s'il envisage de revoir les arbitrages budgétaires afin de préserver un réseau essentiel à l'insertion professionnelle et sociale des jeunes sur l'ensemble du territoire.
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En attente de réponse du Ministère du travail et des solidarités .
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