Question de Mme MARTIN Pauline (Loiret - Les Républicains) publiée le 03/09/2026
Mme Pauline Martin attire l'attention de Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur la situation de la filière de la betterave potagère, dite betterave rouge, au regard des dérogations à l'interdiction de certains produits phytopharmaceutiques prévues par la loi n° 2026-796 du 18 août 2026 d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles.
Implantée dans le Val de Loire, cette filière constitue un moteur économique pour le territoire loirétain. Selon l'association départementale interprofessionnelle de la betterave rouge, le Loiret rassemble près de 50 % de la production nationale et environ 75 % de la transformation, grâce à la présence de cinq cuiseurs, pour 90 000 tonnes transformées en 2025, près de 1 000 emplois directs et un chiffre d'affaires supérieur à 100 millions d'euros par an.
La filière est confrontée à une pression croissante des ravageurs, en particulier des pucerons, contre lesquels elle ne dispose plus de solution de protection efficace depuis le retrait des néonicotinoïdes. Le rapport remis en octobre 2025 par l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement ne conclut d'ailleurs qu'aucune des alternatives disponibles n'égale l'efficacité de ces substances. Ce constat, établi pour la betterave sucrière, vaut pour la betterave potagère, qui appartient à la même espèce botanique et subit le même ravageur.
La loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles aurait pu apporter une réponse. Or les dérogations qu'elle prévoit ont été circonscrites à quatre productions (la betterave sucrière, la pomme, la cerise et la noisette), à l'exclusion de la betterave potagère. Cette exclusion ne repose sur aucun constat scientifique : la saisine ministérielle du 16 mai 2025 ayant fondé le rapport précité n'a pas inclus cette culture dans son périmètre, de sorte qu'elle n'a jamais été évaluée. La betterave potagère se trouve ainsi privée d'un dispositif dont bénéficie une culture de la même espèce, exposée au même ravageur et justiciable du même traitement, à savoir l'enrobage de semences par le flupyradifurone, sans qu'aucune différence de situation ne le justifie.
Elle sollicite en conséquence le Gouvernement pour que la betterave potagère soit intégrée au régime dérogatoire ouvert par la loi pour l'usage du flupyradifurone en enrobage de semences, dans les mêmes conditions et pour la même durée que la betterave sucrière, avant que cette filière ne s'éteigne faute de solution de protection.
- page 4066
En attente de réponse du Ministère de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire.
Page mise à jour le