B. LES RÉFORMES APPLICABLES À L'ENSEMBLE DE L'ENSEIGNEMENT SCOLAIRE

La réforme des programmes et une politique ambitieuse de l'orientation constituent deux des principaux chantiers des réformes qui touchent l'ensemble du système scolaire.

1. Une refonte substantielle des programmes scolaires

a) Les nouveaux programmes de l'école primaire

Les nouveaux programmes de l'école primaire ont été conçus pour répondre à plusieurs exigences : simplifier les précédents programmes de 1985, les recentrer sur l'essentiel, adapter les contenus et les progressions de l'enseignement à la fois avec l'organisation de l'école en trois cycles pluriannuels, telle qu'elle a été posée par le décret du 6 septembre 1990 et avec les compétences de fin de cycle.

Dans cette perspective, les programmes pour l'école primaire ont été réécrits et soumis à l'avis de tous les enseignants à l'occasion de la consultation nationale sur le projet de programmes publié en septembre 1994.

Les observations et les suggestions des enseignants ont été prises en compte et ont conduit à un rééquilibrage des horaires et à des allégements significatifs notamment en mathématiques, en grammaire et en éducation civique où l'ensemble du programme a été revu. La nouvelle rédaction met l'accent sur l'importance d'une démarche concrète et sur le sens des apprentissages et des savoirs. L'objectif est donc de rendre les contenus d'enseignement moins théoriques et de faire en sorte que les élèves appréhendent les notions nouvelles d'une manière active et progressive.

Par ailleurs, la reformulation des programmes tend à privilégier l'observation et l'expérience par rapport à la conceptualisation qui n'intervient que dans un second temps. Par exemple, en géographie, l'étude de la France en Europe et dans le monde se voit nettement circonscrite. En éducation civique, « le système démocratique français » et la partie « Institutions » ont été jugés trop abstraits et ambitieux pour le cycle des apprentissages fondamentaux : l'étude des services publics sera désormais limitée et consacrée à un exemple et à l'administration de la vie locale, à la commune et au maire.

L'acquisition de certaines des notions a été reportée par glissement d'un cycle sur l'autre, voire de l'école au collège. Par exemple, ont été repoussés au dernier cycle, en éducation civique, la devise de la République et le suffrage universel, ce qui est peut-être regrettable.

b) La simplification des programmes dans le second degré

La simplification des programmes constitue un objectif depuis plusieurs années pour les groupes chargés de la mise au point de ces textes.

Les mesures n° 3 et 38 du NCE portent en effet sur l'allégement des programmes et la nécessité de leur recentrage sur les savoirs essentiels et sur la facilité de leur lecture. En décembre 1994, le Conseil national des programmes a retenu quatre principes fondamentaux qui doivent présider à l'élaboration des programmes : hiérarchiser, alléger, harmoniser, clarifier, ces préoccupations étant également au centre des propositions de la commission Fauroux.

En liaison avec la rénovation du collège, les programmes de sixième, du cycle central et de troisième sont les premiers à être concernés, sous réserve des conditions suivantes :

- la simplification des programmes ne doit pas se traduire par un appauvrissement des contenus ;

- une simplification peut être obtenue en distinguant les informations à fournir selon leurs destinataires ;

- les contenus d'enseignement doivent être lisibles et compréhensibles par les enseignants de toutes les disciplines et par les parents d'élèves ;

- les recommandations pédagogiques sont réservées aux seuls spécialistes ; elles seront progressivement retirées des programmes, et renvoyées à des documents d'accompagnement.

Enfin, la simplification des programmes s'appuie sur une meilleure complémentarité entre les disciplines et sur des objectifs communs tels que la maîtrise de la langue ou l'éducation à la citoyenneté.

Dans le cadre du NCE, la refonte des programmes a d'abord été expérimentée aux classes de sixième et a entraîné le renouvellement d'une partie des ouvrages scolaires à la rentrée scolaire 1996.

A cet effet, une mesure nouvelle de 16,08 millions de francs est venue abonder la dotation réservée aux manuels scolaires portant le montant des crédits du budget 1996 à un peu plus de 317 millions de francs.

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