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8 janvier 2003 : Programmation militaire ( rapport - première lecture )

 

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F. MAÎTRISE DU MILIEU AÉROTERRESTRE

1. Un système de forces fragilisé par un effort budgétaire insuffisant dans les années récentes

Les capacités définies au sein du système de forces « maîtrise du milieu aéroterrestre » ont pour objectif de « pouvoir engager, dans les conditions du combat moderne, à distance, dans la durée, le plus souvent en coalition, les volumes de forces aéroterrestres requis ».

Le contrat opérationnel fixé à l'armée de terre suppose la capacité de commander, de déployer à distance et de soutenir dans la durée une force opérationnelle terrestre de 30 000 hommes relevables ou de 50 000 hommes non relevables dans des situations de maîtrise de la violence de basse intensité mais aussi d'actions de haute intensité, selon un modèle qui allie coercition et protection à des degrés variables.

Configuré pour un combat classique centre-européen face à des forces dotées de moyens comparables, le dimensionnement des forces terrestres a du évoluer sous l'effet de la quasi-disparition de ce type de menaces et d'une nécessaire reconfiguration pour assurer des missions plus lointaines, dans des environnements plus diversifiés et plus incertains.

Le système de forces « maîtrise du milieu aéroterrestre » a souffert, au fil de l'exécution de la loi de programmation militaire 1997 à 2002, de révisions de cibles liées à la revue de programme et d'une insuffisance de moyens qui a conduit, en gestion, à des décalages importants sur les programmes : la production du missile antichar de longue portée AC3G LP a été abandonnée, de même que le programme de missile antichar de moyenne portée ( AC 3 G MP), les programmes d'engin porte blindés ou de coordination des feux d'artillerie Martha ont fait l'objet de réduction de cible tandis que le programme VBCI, la livraison des dépanneurs Leclerc, la rénovation de l'AMX 10 RC et les valorisations du canon d'artillerie AUF1 et du système Roland subissaient des retards compris entre deux et trois ans.

2. Les objectifs et les apports du projet de loi de programmation

Le projet de loi de programmation s'inscrit, en matière aéroterrestre, dans le cadre des orientations du modèle 2015 qui a pris en compte la grande diversité des situations opérationnelles dans lesquelles peuvent être engagées les forces terrestres. Un nouvel équilibre sera opéré entre les moyens de combat de coercition, puissants et fortement protégés et les moyens de contrôle des milieux physiques et humains, plus légers et mobiles.

MAÎTRISE DU MILIEU AÉROTERRESTRE- PRINCIPAUX PROGRAMMES

Programmes

Mission

Coût global

(M€)

Coût unitaire

(M€)

CP
2003-2008

Commandes et livraisons

Industriel

Coopération

120 hélicoptères de combat

Combat mobile antichar et anti-blindé de toute classe

6 236

Version HAP 17.4 Version HAC 20.3

2 750.6

80 (70 HAP+10 HAC) commandés en 1999, 2 livraisons en 2003, puis 7 par an jusqu'en 2008

1ere livraison du HAC en 2011

Eurocopter Tiger Gmbh

Allemagne

406 Chars Leclerc

Combat mobile antichar et antiblindé de toute classe

5 891

8.1

925.3

Dernières commandes en 2001, 45 livraisons en 2003 et 2004, 27 dernières en 2005

GIAT industries

-

20 Dépanneurs Leclerc

Récupération, évacuation et assistance d'un char en panne

171.2

5.27

94.6

Dernières commandes en 2001, 6 livraisons en 2003 et 9 en 2004

GIAT industries

-

700 VBCI

Transport, protection et soutien feu des groupes de combat (550 VCI), poste de commandement (150 VPC)

2 203

2.2 pour le VCI

1.9 pour le VPC

550.9

Premières commandes en 2000, commandes de 331 VCI et de 102 VPC de 2005 à 2008

Livraisons de 272 unités de 2006 à 2008

GIAT industries et RVI

-

500 VBL

Surveillance, contrôle de zone, ouverture d'itinéraires dans un contexte sécurisé

137.2

0.236 pour le VBL

0.281 pour le VB2L

134.4

Commande des VBL à partir de 2005

Commande de VB2L de 2001 à 2006 et livraison de 208 unités de 2002 à 2008

Panhard et Levassor

-

Rénovation 256 AMX 10 RC

Fiabilisation du châssis et intégration d'un système d'information

236.5

0.86

163.7

Commandes jusqu'en 2006, livraisons de 2003 à 2008

GIAT industries

-

28 200 équipements Félin

Système d'arme combattant

462.9

0.016

221.1

Livraisons en 2006, dernières en 2015

 

-

Valorisation 104 AUF1 et 70 AUF2

Augmentation de la portée

Intégration d'une artillerie 52 calibre pour les AUF2

250.1

AUF2 : 1.73

AUF1 :

0.51 et 1.62

178.6

AUF1 : 10 dernières commandes en 2006, livraisons de 2003 à 2007

Commande des AUF2 en 2003 et livraison de 2005 à 2008

GIAT industries

-

7000 lance roquettes multiple de nouvelle génération et 57 conduites de tir

Attaque dans la profondeur de cibles pas ou peu durcies

495.8

0.053 pour la roquette

0.65 pour la conduite de tir

0.011 pour la roquette d'exercice

160.1

Commandes des roquettes en 2004 et premières livraisons en 2006

Lancement du développement des conduites de tir en 2003, première livraison en 2007

LMMFC (Lockeed Martin) pour la roquette, EADS pour la conduite de tir

Allemagne, Italie, Royaume-uni, Etats-unis pour la composante roquette

Allemagne et Italie pour la composante conduite de tir

10 radars de contrebatterie COBRA

Localisation des batteries adverses et acquisition d'objectifs pour la contrebatterie

394

16

99.4

Commandes en 1998, livraisons de 2003 à 2005

EuroArt Gmbh (Thalès, EADS et Lockeed Martin

Allemagne, Royaume-uni

9 systèmes Atlas Canon

Automatisation de la gestion des tirs d'artillerie

303.2

33.68

162.5

Dernières commandes en 2002, livraisons de 2000 à 2005

Thalès

-

3750 obus à effet dirigé ACED

Attaque et neutralisation par le toit des chars, blindés légers ou des automoteurs d'artillerie

186.1

0.028

87.7

Dernières commandes en 2001, livraisons de 2002 à 2006

BOFORS- GIAT industries

-

157 VAC

Combat débarqué en terrain difficile

87.5

0.38 en version logistique

0.69 en version blindé

80

Commandes en 2004 et 2005, livraisons de 2005 à 2008

Hägglunds Vehicle AB

-

Les ajustements nécessaires tirés des enseignements des conflits récents seront pris en compte, par exemple pour répondre aux hypothèses de confrontation en zone urbaine ou montagneuse.

Deux priorités d'équipement guideront les programmes d'équipement aéroterrestre lors de la prochaine loi de programmation :

- la cohérence globale des capacités au niveau tactique, qui se traduira par un effort accru sur la fonction combat débarqué, et notamment sur les véhicules blindés de combat et de transport (Véhicule blindé de combat d'infanterie, véhicule articulé-chenillé pour les actions en terrain difficile) et l'équipement du combattant (programme Felin). Il s'agira également d'améliorer la précision des feux indirects, c'est à dire effectués hors de la vision de l'objectif, pour aller d'une pratique de feux de saturation vers des feux de précision, moins consommateurs en munitions et plus efficaces. C'est notamment l'enjeu du missile à fibre optique (Polyphème) et des munitions antichar à effet dirigé (Aced Bonus) et à guidage laser (Krasnopol) ;

- la cohérence des forces de coercition, autour du Leclerc, qui devra être renforcée en vue de permettre l'interopérabilité interarmes, d'améliorer la protection et la mobilité des blindés légers associés, de renforcer les capacités de franchissement tactique (engins de franchissement Sprat).

Sur la période, les crédits consacrés au système de force « maîtrise du milieu aéroterrestre » seront les suivants :

(en millions d'euros 2003)


 

2003

2004

2005

2006

2007

2008

Total 2003-2008

AP

1 207

1 045

1 427

1 771

1 024

1 095

7 568

CP

1 118

1 258

1 158

1 172

1 258

1 302

7 266

3. Les principaux programmes

a) Les blindés lourds

Le char Leclerc, qui remplace l'AMX 30 B2 reste un équipement déterminant pour la capacité de coercition. Ce char de combat combine une grande mobilité tactique avec une capacité de tir développée et un niveau de protection élevé, notamment contre les menaces nucléaires, bactériologiques et chimiques.

Configuré pour le combat contre des chars sophistiqués, le char Leclerc ne répond cependant pas à l'ensemble des besoins des forces terrestres, diversifiés sous l'effet des changements qui ont affecté le contexte stratégique.

Le programme Leclerc, conçu en 1982, a été notablement révisé, la cible initiale de 1 400 ayant été ramenée à 406 unités par la dernière loi de programmation militaire.

De nombreuses difficultés ont en outre émaillé ce programme pour lequel les livraisons se seront étalées sur 14 ans (1991-2005) ce qui a eu pour effet de renchérir notablement les coûts : le coût unitaire (8,1 millions d'euros selon le ministère de la défense, près de 15 millions d'euros selon les estimations de la Cour des comptes en tenant compte de l'ensemble du programme), le coût de la maintenance d'éléments hétérogènes selon les séries. Sur le total des 406 chars livrés, seuls 320 seront finalement opérationnels dans les forces (soit 8 groupements à 40 chars en ligne), 40 étant dévolus à la formation et au soutien, et 46, les plus anciens, étant désormais considérés comme inutilisables par l'armée de terre.

Les 117 derniers chars Leclerc seront livrés sur le début de la période de programmation, les 27 dernières livraisons étant prévues en 2005.

Au programme de char Leclerc est associé un programme de dépanneurs désormais réduit à 20 unités (au lieu de 30 initialement) pour un montant total de 171,2 millions d'euros. 15 unités devraient être livrés sur les deux premières années de programmation, le solde des commandes ayant été passé en 2001. Construit sur le même châssis que le char, le dépanneur a des caractéristiques techniques de mobilité et de survie adaptées à ses missions de récupération, d'évacuation et d'assistance à un char en panne ou endommagé dans un environnement d'insécurité. Le dépanneur a la capacité de remorquer un char de 60 tonnes.

L'équipement des forces terrestres en blindés lourds devrait donc être achevé sur le début de la période de programmation. Si cette capacité était nécessaire à nos forces, elle n'en est pas moins emblématique de dérapages budgétaires importants liés à un étalement excessif du programme, la décision de réduction de cible étant intervenue tardivement.

b) Les blindés légers

Le parc actuel des blindés légers de l'armée de terre comporte environ 6 000 véhicules de divers types assurant des missions de combat, de transport de troupes et de reconnaissance. Ce parc se caractérise par le vieillissement et l'hétérogénéité de matériels, d'autant plus difficiles à maintenir qu'ils sont fortement sollicités en opérations extérieures.

La prochaine période de programmation prévoit le remplacement des équipements dont la situation est la plus critique : les blindés chenillés AMX 10 P et PC destinés au transport et à l'appui de l'infanterie des unités blindées et mécanisées dont le parc est très ancien et le VBL, plus récent, mais très sollicité et en nombre insuffisant. Les autres équipements feront, au mieux, l'objet de programmes de rénovation, leur remplacement devant s'effectuer sur la période de programmation ultérieure.

En dépit des efforts importants prévus par le projet de loi, mais en raison des retards pris ces dernières années, la relève de notre parc de blindés légers par des matériels modernes commencera à peine en fin de programmation et s'étalera sur de nombreuses années, le cas le plus flagrant étant à cet égard le nouvel engin blindé roues-canon dont la livraison n'est prévue qu'en 2020. La remise à niveau des ressources financières prévue par le projet de loi permettra surtout de limiter une inévitable érosion capacitaire compte tenu du vieillissement des matériels.

(1) Le programme de véhicule blindé de combat d'infanterie (VBCI)

Le VBCI est destiné à remplacer les AMX 10 P dont 400 sont actuellement en service dans les forces, déclinés dans différentes versions. Entrés en service en 1973, les AMX 10 P chenillés sont frappés d'obsolescence sur différents points ce qui pèse sur leur disponibilité.

Les VBCI seront disponibles en deux versions : une version de combat d'infanterie (VCI), destinée à assurer le transport, la protection et le soutien des groupes de combat d'infanterie et une version poste de commandement (VPC), équipée du système d'information régimentaire (SIR), prévu en dotation dans les unités d'infanterie et de chars Leclerc.

La cible du programme est de 700 véhicules, 150 VPC et 550 VCI. Les premières livraisons sont au mieux attendues en 2006, le programme ayant déjà subi un décalage de deux ans. Huit régiments devraient être équipés en 2008, au rythme de 100 livraisons annuelles à partir de 2007, la livraison des derniers exemplaires étant prévue en 2013.

Le coût total du programme est de 2,2 milliards d'euros, le coût unitaire étant de 2,28 millions d'euros pour la version VCI et de 1,6 million d'euros pour le VPC.

A plus long terme, il serait possible de décliner, à partir du VBCI d'autres versions qui pourraient assurer le remplacement de tout ou partie du parc de VAB.

(2) Le véhicule blindé léger (VBL)

Le parc de VBL est relativement récent puisque l'âge moyen des matériels s'élève à 8 ans. Ce véhicule remplit des missions de surveillance, de contrôle de zone, d'ouverture d'itinéraire dans un contexte sécurisé. Il est particulièrement mobile et polyvalent. Il est en outre adapté aux besoins de projection de forces puisque amphibie, hélitransportable, aérotransportable, largable et parachutable. Le VBL existe en version « châssis long » (Véhicule blindé léger long VB2L) qui permet l'installation de moyens radios et de postes de travail nécessaires aux différents niveaux de commandement.

Particulièrement sollicités, notamment en opérations extérieures, les VBL vieillissent et sont en nombre insuffisant.

En 1997, deux ans près la clôture du programme, une commande supplémentaire de 210 VB2L a été passée. Le programme VBL en cours porte également sur 210 VBL et 290 VB2L en version poste de commandement. Il s'agit d'un marché de fabrication sans phase de développement, ni de définition. Il vise à poursuivre l'équipement des régiments, à permettre de disposer d'un volant d'engins pour remplacer ceux en position de maintenance ainsi qu'à favoriser la mise en place d'une nouvelle politique de relève avec matériels pour diminuer le temps de projection des équipements et de mieux répartir leur temps d'utilisation.

En fin de période de programmation, l'armée de terre devrait disposer de 1515 engins.

Le coût global du programme s'élève à 137 millions d'euros pour les 500 véhicules avec un coût unitaire moyen de 236 000 euros pour le VBL et de 281 000 euros pour le VB2L.

(3) Le véhicule articulé chenillé (VAC)

Cet équipement vise à répondre à un besoin spécifique de mobilité tactique en terrain difficile mis en lumière par les engagements de forces dans les Balkans et en Asie centrale. Le VAC offre en outre des capacités amphibies adaptées pour prendre part à l'apport français à l'Europe de la défense dans ce domaine. Il est constitué de deux modules articulés ; le module avant permet d'emporter quatre personnels, le module arrière, huit personnels ou une charge utile de 1400 kg dans la version logistique.

La cible retenue pour cet équipement dans le modèle 2015 est de 223, 157 seront acquis au cours de la prochaine période de programmation pour un coût prévisionnel de 87,2 millions d'euros. Le coût unitaire est de 0,83 million pour la version logistique et de 0,69 million pour la version blindée.

(4) La rénovation des blindés AMX 10 roues-canon (RC)

Engin blindé à roues de la classe 17 tonnes, équipé d'un canon de 105 mm, l'AMX 10 RC est entré en service en 1982. Le programme de rénovation porte sur le châssis et la tourelle pour améliorer les moyens de communication avec l'intégration d'un système d'information ainsi que sa protection et sa mobilité et prolonger sa disponibilité jusqu'en 2020.

Ce n'est en effet qu'à cette échéance lointaine que l'engin blindé roues-canon (EBRC), programme successeur, prendra la relève de cet équipement ainsi que celle de l'ERC 90 Sagaie, blindé d'intervention d'urgence de l'armée de terre dont la maintenance ne devrait plus pouvoir être assurée après 2010 en raison des caractéristiques spécifiques de sa motorisation.

L'armée de terre souffrira après cette date d'un déficit capacitaire sur les blindé à roues, compensé dans un premier temps par la rénovation des AMX 10 RC.

Le programme de rénovation des AMX 10 RC porte sur la totalité du parc, soit 256 véhicules pour des livraisons qui s'échelonnent de 2003 à 2008.

Le coût total du programme s'élève à 236,5 millions d'euros, soit un coût unitaire moyen de 0,68 million d'euros.

c) Les hélicoptères de combat

Les hélicoptères de transport de l'armée de terre sont rattachés au systèmes de forces projection-mobilité.

L'hélicoptère de combat Tigre répond aux besoins de la lutte anti-chars et anti-blindés de toute classe. Il s'agit de pourvoir au remplacement de la totalité du parc Gazelle avec un appareil capable de remplir la plupart des missions du combat terrestre : reconnaissance, escorte de transport tactique, appui feu air-sol, combat anti-hélicoptère, attaque en profondeur et combat antichar.

Le développement de ce programme a été lancé en 1988 pour deux versions : une version anti-char (HAC) et une version appui-protection (HAP) destinée à la protection de l'infanterie, notamment contre les hélicoptères. La cible 2025 était de 215 appareils, 115 dans la version HAP et 100 dans la version HAC, le modèle 2015 en prévoit respectivement 70 et 50.

La première commande passée en 1999 pour 80 appareils, privilégie la version appui-protection tant pour le nombre que pour l'échéance de livraison puisque les 10 HAC prévus ne devraient être livrés qu'en 2011 alors que les premiers Tigre HAP sont attendus en 2003.

La qualification du besoin d'hélicoptères de combat a du évoluer sous l'effet du changement de nature du contexte stratégique. La révision de cible de la version HAC n'en tire cependant pas toutes les conséquences et aura des répercussions évidentes sur le coût unitaire ainsi que sur les coûts de maintenance d'un parc composé de façon hétérogène.

Le coût total du programme Tigre est évalué à plus de 7 milliards d'euros, dont environ 1,5 milliard d'euros pour le développement. Le coût unitaire est estimé à 17,4 millions d'euros pour la version HAP et à 20,3 millions d'euros pour la version HAC
.

L'industriel a développé pour l'export une version polyvalente du Tigre, dite HAD, appui-destruction, plus proche de la version appui-protection mais qui comprend, en cas de besoin, une capacité d'emport de missiles capables de détruire des véhicules blindés, des postes de commandement ou des installations radars.

L'Australie a décidé de se doter d'une telle version et l'Espagne se montre intéressée, pour autant que la France s'y rallie elle aussi.

Votre rapporteur a fait valoir à plusieurs reprises l'opportunité de reconsidérer les choix français en matière d'hélicoptère de combat afin de tirer toutes les conséquences des changements de contexte intervenus, des enjeux industriels ainsi que de la nécessité de rationaliser les questions de maintenance. Le choix de la version HAD permettrait d'envisager un partage des coûts de développement et de disposer d'un parc homogène. Le programme Tigre a déjà souffert d'un excessif étalement dans le temps. L'affichage plus rapide de choix clairs permettrait de donner une visibilité plus grande tant à l'industriel qu'à nos forces ou à des partenaires éventuels.

d) Le fantassin à équipements et liaisons intégrées (FELIN)

La phase de définition de ce nouveau programme a été lancée en 2001, la réalisation devant débuter en 2003 pour des premières livraisons en 2005.

Félin est un système d'arme combattant destiné à équiper les combattants des unités débarquées de l'infanterie, des unités d'artillerie, du génie et de l'arme blindée cavalerie. Il vise à une adaptation optimale à la diversité  des situations opérationnelles en améliorant les possibilités de protection, d'observation, de communication, d'agression et de mobilité.

L'équipement se compose d'une tenue de combat, d'une structure d'accueil, d'un équipement de tête, d'équipements électroniques et d'un armement individuel. Il permet en particulier de bonnes capacités d'observation et de désignation des objectifs de tir. Avec armes et munitions, son poids total atteint 23 kg. Le programme comprend également des équipements chefs de groupe et collectifs.

La cible d'équipements est de 28 200 unités dont 11 168 systèmes complets, 17 017 systèmes partiels et 3 000 équipements chefs de groupe et collectifs pour un coût prévisionnel de réalisation de 457,3 millions d'euros. Le coût unitaire d'un équipement félin est de 17 680 euros. La commande des 1 000 premiers systèmes devrait intervenir en 2003 pour une livraison en 2006. Deux ans plus tard, les deux-tiers des compagnies d'infanterie devraient être équipés.

e) L'artillerie et les missiles

Les programmes en cours dans l'artillerie et les missiles visent à renforcer la précision des feux tout en allongeant la distance de tir. Comme l'a précisé le chef d'état-major de l'armée de terre devant notre commission, il s'agit de passer des feux massifs de saturation étalés sur le terrain aux feux de précision à des distances accrues, tout en limitant les dommages collatéraux et en réduisant le besoin logistique.

(1) Le système d'artillerie Atlas-canon

Le programme Atlas canon est un système d'automatisation de la gestion des tirs d'artillerie qui permet le traitement des demandes de tir en temps réel par la mise en relation de la gestion de l'information et des communications des régiments d'artillerie avec les moyens d'acquisition d'objectifs, de commandement, de support logistique et de tir.

Le système doit être adaptable à des configurations diversifiées de moyens d'artillerie suivant le niveau des forces engagées, le type de manoeuvre considéré et l'évolution de la manoeuvre. Il doit être interopérable avec les autres systèmes de commandement de l'armée de terre.

Un système est constitué de 30 stations-shelter, chacune étant dotée de moyens radio et informatiques. Dans sa première version, les systèmes pris en compte sont le TRF1 et l'AUF1 ; une version ultérieure prendra en compte l'AUF2.

Le programme a été lancé en 1995 pour le développement et en 2000 pour la production de neuf systèmes. Sept systèmes seront livrés au cours de la prochaine période de programmation, le dernier régiment à équiper sera livré en 2005.

Le coût prévisionnel global du programme est de 303,2 millions d'euros.

(2) L'obus antichar à effet dirigé (ACED)

Issu d'une coopération franco-suédoise, l'obus antichar à effet dirigé est un obus « cargo » de 155 mm conçu pour l'attaque et la neutralisation par le toit des chars, blindés légers ou des automoteurs d'artillerie, à l'arrêt ou en mouvement. Il pourra être utilisé de jour comme de nuit, sur tous les terrains et par l'ensemble des régiments d'artillerie canon de l'armée de terre.

Le largage des sous-munitions de l'obus peut s'effectuer jusqu'à 15 km au dessus de la zone de tir. L'exploration de la surface du sol permet de détecter les cibles et de projeter les charges.

Le développement du programme a été lancé en 1993, sa production en juillet 1998 pour des premières livraisons en 2002.

Les besoins ont été révisés à plusieurs reprises : de 9 000 à 7 500 lors du lancement de ma production, puis à 5 500 en mars 2002. Le projet de loi de programmation retient une cible de 3 750 obus compte tenu de l'accroissement des capacités de l'obus et d'une amélioration à venir de la capacité de discrimination des sous-munitions qui permettrait de réduire les consommations.

Le coût unitaire contractuel de la version de base est de 28 100 euros. Le coût prévisionnel du développement est de 46,2 millions d'euros, le coût de la production est de 139,9 millions d'euros.

(3) La modernisation du canon de 155

Le système AUF1, qui consiste en une tourelle montée sur châssis AMX et équipée d'un canon de 155 mm avec chargement automatique des charges et des obus, a pour mission de fournir des feux d'appui et indirects au contact, des feux dans la profondeur, de couvrir des opérations de maintien de la paix et de participer à des actions ponctuelles de destruction à caractère préventif ou de rétorsion.

Le canon 155 AUF1, en service depuis 15 ans, fait l'objet d'un programme de rénovation qui porte sur 174 exemplaires. Le programme vise à augmenter la portée des système actuels et se décompose en deux volets : une partie du parc (104) conserve l'artillerie actuelle, l'autre partie (AUF2 pour 70 exemplaires intègre une nouvelle artillerie au standard OTAN (52 calibres).

La livraison des exemplaires rénovés sera échelonnée sur toute la durée de la programmation à venir . Le coût total du programme est de 250,1 millions d'euros avec un coût unitaire qui varie selon les versions entre 0,51 et 1,62 million d'euros.

Par ailleurs, cinq canons de 155 de type Caesar (Camion équipé d'un système d'artillerie) ont été commandés par l'armée de terre en 2000 pour l'expérimentation d'un matériel qui pourrait constituer la relève des canons de 155 tractés, et devraient parvenir à mi-vie en 2010. Intégré à la plate-forme d'un camion, le Caesar est doté d'une grande mobilité stratégique et tactique. Il peut être aérotransporté.

Les exemplaires commandés devraient être livrés en 2003, pour un coût global de 19,31 millions d'euros et un coût unitaire de 3,86 millions d'euros.

(4) Le programme lance roquettes multiple de nouvelle génération (LRM NG)

L'objectif de cette arme est de détruire les blindés, de ralentir l'adversaire et de neutraliser les forces d'appui et de soutien. Elle est portée par un engin blindé.

Les roquettes de nouvelle génération doivent permettre l'attaque dans la profondeur (15 à 60km) de cibles peu ou pas durcies avec une portée améliorée, un nombre de munitions limité et des effets collatéraux réduits. Le programme inclut la modernisation de la conduite de tir qui bénéficiera également aux autres munitions en service dans l'armée de terre ;

Des roquettes d'exercice devraient faire l'objet d'achats sur étagères à compter de 2003.

Le développement de la roquette de nouvelle génération a été lancé en 1998, les premières livraisons devraient intervenir en 2006. Le lancement du développement de la modernisation des conduites de tir est prévu en 2003, pour des premières livraisons en 2007. Le coût du développement pour les deux premiers aspects du programme est de 52,87 millions d'euros.

Les coûts unitaires de production prévisionnels sont (en euros 1997) de 53 400 euros pour les roquettes , de 650 000 euros pour les conduites de tir et de 11 000 euros pour les roquettes d'exercice.

(5) Le missile à fibre optique Polyphème

Ce missile léger sol-sol filoguidé d'une portée de 60 km en est au stade du pré développement. Ses applications pour l'artillerie sont les attaques de précision dans la profondeur. Il est prévu par le modèle 2015.

Considéré comme « imbrouillable » grâce à un guidage par fibre optique, il est d'une précision de l'ordre du mètre. Installé sur un camion et aérotransportable, il permet l'intervention tardive de l'homme grâce aux images transmises par une caméra infrarouge montée sur l'engin, ce qui devrait limiter les dommages collatéraux.

Etant donné l'état d'avancement du programme, les premières livraisons ne pourraient être envisagées qu'en toute fin de programmation (2008).

(6) Les capacités antichars

Des missiles anti-char de troisième génération de moyenne et de longue portée étaient prévus par le modèle 2015. Le missile de moyenne portée a été abandonné et l'arrivée du missile de longue portée devrait coïncider avec la livraison du premier hélicoptère Tigre dans sa version antichar, en 2011.

Dix postes de tir ont été commandés pour le moment. Lors du lancement du programme, en 1998, les besoins de l'armée de terre étaient évalués à 345 postes de tir et 13 800 munitions, dont le choix n'est pas encore arrêté.

(7) Le radar de contrebatterie Cobra

Le radar de contrebatterie Cobra a pour mission la localisation des batteries adverses composées de canons, mortiers ou lance roquettes multiples. Il peut également informer sur la position des brouilleurs. Il remplit tout d'abord une mission de renseignement à laquelle vient éventuellement s'ajouter l'acquisition d'objectifs pour la contrebatterie, notamment pour les régiments de lance-roquettes multiples.

Il est constitué d'un ensemble radar installé sur un véhicule à roues. Sa précision est de l'ordre de cinquante mètres à une distance de quinze kilomètres.

Le développement du programme a été lancé en mai 1988, la production a commencé en novembre 1997 et a subi plusieurs retards qui tiennent à des problèmes de mise au point. Sur les 10 systèmes commandés en 1998, 3 devraient être livrés en 2003, soit avec un retard de deux ans, sous réserve de la résolution des difficultés techniques.

Le coût prévisionnel global est de 394 millions d'euros, chaque radar avec son environnement est estimé à 19 millions d'euros.

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