PREMIÈRE PARTIE : PARTICIPER À LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE CHINOISE

I. LA CHINE : DEUXIÈME PUISSANCE ÉCONOMIQUE MAIS PREMIER EXPORTATEUR DU MONDE

A. UN ACTEUR ÉCONOMIQUE INCONTOURNABLE

Avec un PIB de 13,4 milliards de dollars en 2013, soit 15,4 % du PIB mondial 1 ( * ) , la Chine est aujourd'hui la deuxième puissance économique mondiale derrière les États-Unis (16,8 milliards de dollars), et troisième si l'on inclut l'Union européenne (17,4 milliards de dollars). Si son taux de croissance affiche une légère baisse ces dernières années, avec 7,4 % pour 2014 et 7,1 % prévu pour 2015 contre 10,4 % en 2010 2 ( * ) , notamment imputable au ralentissement de la demande mondiale et à la surcapacité du marché immobilier domestique, il n'en demeure pas moins largement supérieur au taux de croissance de la France (0,4 % en 2014), de la zone euro (0,8 %) ou même des États-Unis (2,2 %). De fait, la Chine est aujourd'hui un partenaire économique incontournable pour les pays développés .

En 1976, la Chine ne représentait que 1 % de l'économie mondiale. La création des premières zones économiques spéciales (ZES) ouvertes aux investissements étrangers, et notamment celle de Shenzhen en 1980, a marqué le début d'une série de réformes économiques visant à libéraliser peu à peu le marché chinois : fin partielle du contrôle des prix et des politiques protectionnistes, privatisation de nombreuses industries d'État permettant l'émergence d'un puissant secteur privé etc.

Aujourd'hui largement ouverte, l'économie chinoise repose avant tout sur les exportations et l'investissement .

Devenue membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001, la Chine est aujourd'hui le premier exportateur mondial : en 2013, ses exportations de marchandises s'élevaient à 2 209 milliards de dollars, soit 11,7 % des exportations mondiales, en hausse de 8 % sur l'année 3 ( * ) . Son excédent commercial s'élevait ainsi à 259 milliards de dollars en 2013 . La Chine a accumulé les réserves de change les plus élevées au monde, d'un montant de 2 200 milliards d'euros selon la Banque populaire de Chine (BPC), permettant de stimuler encore davantage les exportations.

La Chine est par ailleurs la première destination au monde pour les investissements directs étrangers 4 ( * ) (IDE) , concentrant à elle seule 10 % des flux d'investissement mondiaux. Première destination mondiale pour les IDE, la Chine est aussi le deuxième exportateur de capitaux au monde, derrière les États-Unis. Les flux d'IDE chinois à l'étranger ont ainsi atteint 80,2 milliards de dollars en 2013.

Cette multiplication des investissements chinois à l'étranger révèle une évolution de la stratégie économique du pays , notamment depuis la crise de 2008. Alors que la montée en gamme industrielle s'accompagne d'une relative baisse de la compétitivité-prix d'une l'économie fondée sur l'exportation, la Chine a développé des grands groupes à vocation mondiale . Les entreprises chinoises sont désormais des acteurs de premier plan dans des secteurs tels que l'énergie, l'électronique, le ferroviaire, le solaire ou l'éolien. Ainsi, en 2014, 95 des 500 plus importantes entreprises du monde 5 ( * ) sont chinoises, dont Sinopec , China National Petroleum Company (CNPC) et la société de gestion de réseau d'électricité State Grid Corporation of China , toutes trois classées dans les dix premières.


* 1 Source : Fonds monétaire international (FMI), perspectives de l'économie mondiale, avril 2014. Le PIB est exprimé en parité de pouvoir d'achat (PPA).

* 2 Source : FMI, perspectives de l'économie mondiale, octobre 2014.

* 3 Source : OMC, rapport annuel sur le commerce mondial, 2014.

* 4 Les IDE sont les mouvements internationaux de capitaux réalisés en vue de créer, développer ou maintenir une filiale à l'étranger et/ou d'exercer le contrôle sur la gestion d'une entreprise étrangère. Ils impliquent une prise de participation durable, par opposition aux investissements de portefeuille.

* 5 Classement Fortune des plus grandes sociétés de la planète, juillet 2014.

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