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Projet de loi de finances pour 1996

 

IV. LES INSTRUMENTS DE L'ACTION AUDIOVISUELLE EXTÉRIEURE.

A. RADIO FRANCE INTERNATIONAL

1. Le budget de RFI 1994-1995

a). Un financement important par le Ministère des Affaires étrangères

Les ressources de RFI se sont élevées à 651 millions de francs en 1994, en progression de 6,3 % par rapport à 1994.

Jusqu'en 1988, la redevance constituait, à l'instar des autres sociétés de l'audiovisuel, l'essentiel des ressources de RFI. En 1989, la décision a été prise de « rebudgétiser » le financement de la société en laissant une place prédominante à une subvention de fonctionnement versée par le Ministère des Affaires étrangères.


· Ce Ministère reste actuellement la principale source de financement de la société avec une subvention en diminution à hauteur de :

-477 millions de francs en 1993 (soit 85,4 % des ressources de RFI) ;

-450,1 millions de francs en 1994 (soit 76,5 % des ressources de RFI) ;

-449,3 millions de francs en 1995 (soit 73,3 % des ressources de RFI) ;

-385 millions de francs en 1996 (soit 52,3 % des ressources de RFI).

Les délais de paiement des différentes tranches de la subvention et les régulations budgétaires successives de 1991 à 1994(56(*)) ont constitué longtemps une source de difficultés pour RFI jusqu'à la décision prise conformément aux résolutions du CAEF de septembre 1994 de procéder aux versements de la subvention en 12 mensualités.

Quelques administrations participent au fonctionnement de RFI, pour des opérations ponctuelles comme le Ministère de la Coopération (0,8 million de francs en 1994), mais RFI apparaît bien comme la « chasse gardée » du Ministère des Affaires étrangères.

ï La redevance a décliné dans la structure de financement de RFI jusqu'en 1994 et a augmenté en 1995 ; elle représente actuellement 16,7 % des crédits.

En 1994. RFI a bénéficié pour la première fois d'une dotation de 98,6 millions de francs en provenance des services du Premier Ministre, au titre des remboursements par l'État des exonérations de la redevance.

Cette évolution s'est confirmée en 1995 avec une dotation de 90,7 millions de francs.

Cette évolution des structures de financement de la société venait du souhait des pouvoirs publics d'accroître les ressources du service public de la télévision en remettant à la charge du budget de l'État une part significative du coût de faction audiovisuelle extérieure. Néanmoins l'évolution des chiffres sur les dernières années fait apparaître un rééquilibrage de la structure du financement de la société avec une progression sensible des ressources issues de la redevance (redevance proprement dite et remboursement d'exonérations).


·La publicité et le parrainage ne peuvent représenter qu'une ressource marginale pour une société de radiodiffusion internationale comme RFI, d'autant plus que son cahier des charges fait obligation à la société de limiter ses messages publicitaires aux « entreprises, produits et services qui contribuent au développement de l'économie nationale ».

Le caractère marginal de ces recettes s'est accentué dans le contexte économique actuel, où RFI a subi très directement, du fait de l'importance de son auditoire africain, les conséquences de la baisse du niveau de vie en Afrique, due en particulier à la dévaluation du franc CFA.

De ce fait, le montant cumulé de la publicité et du parrainage a été en 1993 et 1994 inférieurs au chiffre inscrit au budget de la société :

-1993 3,1 millions de francs pour un budget de 5,5 millions de francs ;

-1994 : 2,5 millions de francs pour un budget de 5,5 millions de francs ;

-1995 : le budget a partiellement pris en compte cette situation en abaissant à 4,5 millions de francs le chiffre des ressources publicitaires.

En 1995, le montant des ressources de RFI a atteint 651,5 millions de francs en progression de 43,5 millions de francs, soit 7,1 % par rapport au budget de 1994, en raison d'une forte progression de la redevance et du remboursement des exonérations de redevance. Ce poste de ressource est multiplié par 3,4 et passe de 30 millions de francs à 102,4 millions de francs de 1994 à 1995.

b) Des dépenses croissantes de diffusion

Les dépenses de RFI se sont élevées à 654 millions de francs en 1995, en hausse de 4,7 % par rapport à 1994.


·Entre 1993 et 1994, les dépenses augmentent de 11,8 %. Les évolutions les plus significatives portent sur :

-les services extérieurs (+ 7,3 %), dont la hausse traduit la poursuite des mises en service de nouveaux émetteurs TDF ;

-les autres services extérieurs (+ 37,5 %), dont l'augmentation est due essentiellement à la signature en 1994 de sept accords de reprise du signal de RFI en FM en Afrique. Dans le cadre de ces accords, le matériel installé pour la diffusion des missions de la société est offert aux radiodiffusions nationales africaines ;

-les charges de personnel (+ 8.7 %), dont la hausse s'explique par les développements de programme intervenus en cours d'année 1994 (création de l'antenne Europe, renforcement de l'antenne Afrique, lancement d'une heure supplémentaire de portugais et d'une demi-heure d'anglais à l'automne), ainsi que par l'impact en année pleine des mesures nouvelles décidées en 1993 (création du laotien et du cambodgien, demi-heure supplémentaire d'anglais) ;

-les charges financières, qui correspondent notamment à hauteur de 2 millions de francs aux crédits bancaires nécessités par le versement tardif de la subvention du ministère des Affaires étrangères.


·Entre 1994 et 1995, les dépenses se sont accrues de 4,7 %, grâce à une progression des ressources de 43,5 millions de francs qui a permis de financer plusieurs actions dont 
:

-20 millions de francs à la diffusion, l'essentiel (18 millions de francs) étant réservé à la poursuite du plan de rénovation des émetteurs TDF, le reste permettant de nouvelles reprises FM et satellite ;

-6,4 millions de francs pour les nouveaux programmes prévus par le plan à 5 ans arrêté par le CAEF : accroissement d'une heure des émissions en portugais et d'une demi-heure des émissions en anglais, extension des programmes décrochés en français;

-1,1 million de francs au titre des autres mesures nouvelles : actions de connaissance de l'auditoire, ajustement de la contribution aux sociétés d'auteurs ;

-16 millions de francs au titre des charges de personnel.

ÉVOLUTION DES DEPENSES DE RFI en 1994 et 1995

ÉVOLUTION DU COÛT DE LA DIFFUSION

(En millions de francs)

Source : RFI

Les objectifs de RFI pour 1996 définis au CAEF des 22 avril et 13 septembre 1994

En matière de programmes

ï adapter le Service Mondial en Français de RFI par la création de chaînes régionalisées, et prioritairement développer l'antenne Europe ;

ï permettre aux différentes sections de langues étrangères d'atteindre des seuils minimums d'efficacité en termes de durée de diffusion; 2 heures de programmes dans chaque langue paraissent un minimum.

En 1996, deux sections de langues verront leur production augmentée d'une heure (sans doute l'espagnol et le brésilien);

ï renforcer les synergies entre Radio France et RFI en matière de programmes ; notamment, pour RFI, utiliser certaines émissions musicales de France Inter pour ses programmes enregistrés ;

ï renforcer les synergies avec la SOMERA en ce qui concerne les programmes destinés au monde arabe.

En matière de diffusion

ï modernisation des émetteurs d'Allouis-Issoudun

ï construction d'un émetteur en ondes courtes en Thaïlande

ï développement des accords de coopération pour des reprises partielles des émissions de RFI dans des grandes villes étrangères ;

ï mise en oeuvre d'une politique de distribution gratuite, mais aussi, dans certains cas, de vente de ses programmes d'enseignement de la langue française qui connaissent un grand succès ;

ï ouverture de nouveaux bureaux de correspondants à l'étranger en commun avec Radio France, à Johannesburg et à Hong Kong. Extension du réseau en concertation avec les autres sociétés audiovisuelles (AFP, France 2, France 3, RFO et TV5).

Des études d'audience seront financées en vue d'améliorer l'impact de la chaîne.

2. Le budget prévisionnel pour 1996 : un financement croissant par la redevance

Les ressources de RFI devraient progresser de 12,4% en 1996, progression essentiellement due à un prélèvement sur le fonds de roulement de 60 millions de francs, laquelle permet à la subvention du ministère des Affaires étrangères de diminuer de 14.2 %.

Il convient de relever la modification de la structure de financement de RFI qui fait de moins en moins appel à une subvention du ministère des Affaires étrangères, en baisse régulière depuis 1993. Alors qu'elle représentait 85 % des ressources, elle ne jouera plus que pour 52 % en 1996. Parallèlement, le prélèvement de redevance au profit de RFI a été multiplié, en francs, par 5,6 en trois exercices budgétaires, passant de 4,9 %, en 1994, à 23 % de ses ressources en 1996.

Une partie importante des mesures nouvelles, représentant 70,1 millions de francs, correspond à la poursuite du plan de renouvellement des émetteurs TDF. avec la mise en service de nouvelles antennes tournantes. Des développements sont également prévus, tant en ce qui concerne les programmes régionalisation des programmes en français, extension du volume de programmes en langues étrangères, création d"un fil musical, renforcement de l'information), que la diffusion (développement du réseau satellitaire, nouvelles reprises en FM. locations d'heures d'émetteurs à l'étranger, construction d'un centre émetteur en Thaïlande), la communication et les études d'audience.

Le nouveau prélèvement sur le fonds de roulement de la société, à hauteur de 60 millions de francs modifie le mode de financement de la construction du centre émetteur ondes courtes de Thaïlande. Initialement prévu comme devant être financé pour ¼ par la trésorerie résiduelle de la société, pour les ¼ restant par le recours à l'emprunt, il devra désormais être totalement pris en charge par ce deuxième mode de financement. Les conséquences sur les charges d'exploitation sont néanmoins limitées : 2,5 millions de francs de frais financiers supplémentaires en 1996, à nouveau 2,5 millions de francs supplémentaires l'année suivante.

3. Le développement de RFI en 1996

Un contrat d'objectif devrait être enfin signé entre l'État et RFI d'ici la fin de l'année, couvrant les années 1994-1998. Il conviendrait mieux que ce contrat couvre la période 1996-2000 !

Les principaux objectifs du développement à moyen terme de RFI sont les suivants :

- adapter la programmation en français aux différents publics en développant des chaînes régionales Afrique, Europe et Asie ;

-renforcer les langues étrangères existantes en donnant la priorité aux grandes langues véhiculaires internationales ;

-développer des programmes nouveaux adaptés à la révolution satellitaire et technologique ;

-renforcer un dispositif complet de diffusion reposant d'une part sur l'onde courte, avec l'achèvement du centre d'Allouis Issoudun et la construction du centre en Thaïlande, d'autre part, sur les relais et reprises locales et la diffusion satellitaire ;

-développer la coopération avec les radios étrangères ;

-renforcer la connaissance de l'auditoire et les moyens de promotion et de communication ;

-rechercher des synergies avec les différents opérateurs publics de l'action audiovisuelle extérieure.

RÉPARTITION DES DÉPENSES 1994 DE RFI PAR ZONE GÉOGRAPHIQUE

(1) Opérations extérieures et concours, actions déformation, action internationale

(2) Versements aux sociétés d'auteurs, études d'audience, documentation et thèques, communication, action commerciale, suivi de l'antenne, impôts et taxes, formation professionnelle et action sociale, informatique, services communs, frais financiers.

a). Le développement géographique

(1). Le développement de RFI en Asie : une priorité

RFI produit actuellement 5 h 30 de programmes quotidiens en 4 langues asiatiques, alors que Voice of America émet en 17 langues, asiatiques, BBC en 14 et Deutsche Welle en 8.

La faiblesse du dispositif ondes courtes et la persistance de la fermeture des paysages audiovisuels aux signaux étrangers font de l'Asie le point faible de RFI.

Pnom Penh est la seule ville d'Asie à reprendre en FM 24/24 le service mondial en France. Chacun est pourtant conscient de l'enjeu essentiel que représente la présence de la France dans cette région qui joue un rôle croissant dans le monde et connaît un développement économique spectaculaire.

Pour améliorer sa diffusion sur l'Asie, RFI développe les locations de temps d'antenne.

Toutefois, cette politique d'échanges et de locations n'est qu'un palliatif. Le dispositif ondes courtes de RFI ne sera effectivement mondial qu'à partir du moment où RFI disposera de moyens conséquents et plus proches des cibles pour diffuser vers l'Afrique de l'Est, au Proche et Moyen Orient, en Inde, ainsi qu'en Asie centrale et en Asie du Sud-Est.

La construction d'un centre émetteur en Thaïlande devrait renforcer la présence de RFI. La mise en place des émetteurs prévus permettrait d'assurer une diffusion importante en volume et de meilleure qualité en français, anglais, Chinois mandarin, vietnamien, lao et khmer sur la Chine, le Sud-Est asiatique et l'Est du sous-continent indien, et surtout au Japon, ou le service mondial en français n'est repris que par deux réseaux câblés.

Pour amorcer une véritable chaîne « Asie », RFI devra renforcer son volume d'émissions en anglais(57(*)) et en mandarin -qui n'est diffusé qu'une heure par jour, rediffusé une fois et dispose cependant d'une forte écoute.

La réalisation de ce projet suppose pour RFI de renforcer les moyens de transport de ses signaux grâce à un satellite numérique complémentaire d'INTELSAT 704. RFI s'emploiera également à être présent sur des satellites de diffusion directe, par exemple sur Asiasat 2, en cherchant des effets de bouquet avec les autres radios internationales et les opérateurs français.

RFI passerait, grâce à ce nouveau centre émetteur, d'une diffusion de 15 h 30 par jour à partir de l'Asie à une diffusion de 87 h 30 par jour, ce qui lui permettrait d'assurer une réelle présence continue dans les zones desservies, au-delà de la péninsule indochinoise.

On ne peut cependant que regretter la lenteur de cette opération.

L'idée de la construction d'un centre émetteur à l'étranger a été émise en 1989 et des négociations ont été entamées avec Djibouti pour mettre en service un émetteur en 1992. Une convention d'établissement entre RFI et l'État djiboutien était signée en 1991. Des études préparatoires ont été amorcées, puis gelées dans l'attente du choix définitif entre ce site et celui de la Thaïlande. En définitive, ce n'est qu'à l'automne 1994 que le CAEF a tranché pour un abandon du projet à Djibouti et la réalisation de celui de Thaïlande. RFI a donc repris en 1995 de nouvelles négociations avec ce pays. Mais six ans ont été perdus.

Le numérique gagne les ondes courtes grâce à Alliss

La radio en ondes courtes envahit le monde grâce à l'impressionnant système d'antennes, appelé Alliss, mis au point par Thomcast, du groupe Thomson. Ces antennes sont notamment installées en France et en Guyane. Thomcast vient de vendre un système identique à la Deutsche Welle, qui l'installera à Nauen, près de Berlin. Le Idelogic, compatible avec les systèmes d'émission existants, et qui va améliorer sensiblement le confort d'écoute en ondes courtes, car, si cette technique est utilisée par les fabricants de récepteurs, il ne sera plus nécessaire de chercher indéfiniment la bonne longueur d'onde sur son récepteur la recherche sera faite automatiquement. Enfin, et c'est sans doute le plus important pour l'avenir de la radio en onde courte, l'entreprise travaille actuellement sur la diffusion en onde courte numérique, qui devrait, à terme, déboucher sur un confort d'écoute pratiquement identique à celui de la FM.

Source : Le Figaro 28 octobre 1995

groupe spécialisé dans la diffusion radioélectrique a mis également au point le système

(2). RFI au Moyen-Orient

Une heure d'émission d'information quotidienne est diffusée à partir de Chypre.

Des reprises d'émission de RFI peuvent désormais être envisagées grâce à l'utilisation du satellite EUTELSAT II F4 dont l'empreinte couvre les différents pays de la région.

Dans cette perspective un accord de coopération a été conclu avec le Liban dont les modalités de mise en oeuvre doivent être précisées afin que celle-ci puisse devenir effective dans les meilleurs délais.

Un accord de coopération a également été conclu avec la Palestinian Broadcasting Corporation, prévoyant notamment une diffusion éventuelle des émissions de RFI.

(3). RFI en Amérique du Nord

RFI diffuse en ondes courtes à destination de l'Amérique du Nord à raison de 10 h 30 par jour en français et de 1 heure par jour en anglais.

Avant 1994, la présence de RFI en Amérique se limitait à la diffusion en monophonie du service mondial en français sur un satellite couvrant le Canada, 90 % des câbles opérateurs québécois offrant RFI dans leurs gammes de service, les États-Unis et les Antilles.

Début 1974, le service mondial en français a été monté sur le satellite Panamsat 1. Par ailleurs, RFI a conclu des accords avec des diffuseurs locaux à Boston et en Floride - pour les Québécois qui y passent l'hiver - et envisage de louer un temps d'antenne sur une station OM qui lui permettrait de diffuser en continu de 7 h à 9 h de New York à Washington. RFI recherche un complément de financement pour réaliser ce projet.

En 1995, deux diffusions ont été obtenues pour l'émission de RFI en anglais par l'intermédiaire du bouquet de programmes World Radio Network :

-diffusion au Canada sur le réseau anglophone public, Canadien Broadcasting Corporation, de 1 à 2 h (couverture en ondes moyennes de 10 villes dont Ottawa, Toronto, Vancouver, Calgary) ;

-diffusion aux États-Unis par C-SPAN, organisme basé à Washington diffusant sur les réseaux câblés des programmes de service public ;

Des démarches sont actuellement entreprises par RFI auprès des deux diffuseurs publics, NPR et PRI, ainsi qu'auprès de stations publiques, afin d'obtenir de ces stations des accords de reprise, des programmes de RFI en anglais auprès des radios publiques qui leur sont affiliées.

(4). RFI en Amérique Latine

Les programmes de RFI sont diffusés en Amérique Latine depuis 1983 en ondes courtes. Depuis 1994, grâce aux communications satellitaires, ces programmes sont aussi repris par des radios locales en ondes moyennes et en modulation de fréquence.

Les programmes en ondes courtes émis à partir des émetteurs en Guyane destinés au Brésil et aux pays hispanophones de l'Amérique Latine comportent quotidiennement 13 heures et demie de transmission en français, 5 heures en espagnol et 2 heures en portugais du Brésil.

Depuis le premier trimestre de 1994, le service mondial en français (24 heures sur 24, en stéréo), ainsi que les programmes de RFI en espagnol (5 heures par jour) et en portugais du Brésil (2 heures par jour) sont disponibles pour 1'Amérique Latine sur le satellite Panamsat 1.

Une politique active de prospection de radios locales susceptibles de reprendre les programmes disponibles a été entreprise en 1995. L'implantation de RFI est difficile malgré la présence d'élites francophones et francophiles, les radios locales susceptibles de reprendre RFI doivent répondre aux attentes d'un auditoire ne parlant que l'espagnol ou le portugais et très influencé par les modèles culturels anglo-saxons imposés par les média américains.

(5). RFI en Afrique

RFI s'attache à assurer une présence radio phonique en FM, 24 h sur 24 dans les principales villes du continent africain. Elle dispose à ce jour du premier réseau FM africain, ayant une très grande avance sur ses principaux concurrents (Africa n° 1, BBC).

En août 1995, RFI diffuse 24 heures sur 24 en modulation de fréquence dans 21 villes africaines.

RFI a commencé en 1994 à installer des relais FM en Afrique lusophone et anglophone ; elle a poursuivi en 1995 le développement de son réseau dans ces pays et compte à ce jour 4 relais en Afrique lusophone et 2 relais en Afrique anglophone.

Dans la première zone, RFI diffuse 24 h sur 24 un programme associant son antenne africaine en langue française aux deux heures qu'elle produit chaque jour en portugais. Dans la seconde, elle propose selon le même principe une combinaison de ses programmes en français et en anglais (3 h 30 par jour).

(6). RFI en Europe

En octobre 1993, RFI a opté pour une diffusion numérique par satellite sur l'Europe ; ce changement de standard et le passage du satellite TDF 2 au satellite EUTELSAT II F 4 ont permis à RFI :

-d'élargir sa couverture géographique, notamment en Europe centrale et orientale

-de diffuser son programme en français en stéréophonie et non plus en monophonie

-d'augmenter son offre de programmes en langues étrangères.

Ces améliorations ont donné un nouvel élan au développement européen de RFI. En 1995, RFI est présente dans 18 pays de ce continent.

La diffusion du service mondial en français de RFI en ondes courtes se poursuit en direction de l'Europe centrale 24 h sur 24 sur 19 fréquences. Les émissions en langues (allemand, roumain, polonais, serbe et croate, et russe) sont diffusées à raison de deux heures par jour dans chacune de ces langues.

L'onde courte demeure le moyen de transmission privilégié pour les villes de province et les campagnes, ainsi que pour toutes les zones où les conditions politiques et/ou techniques ne permettent pas une rediffusion de RFI par les stations de radio locales.

4. Quelle stratégie à moyen terme pour RFI ?

a). Développer les langues étrangères

L'achèvement du service mondial en français 24 heures sur 24 est réalisé depuis la fin de l'année 1990.

Conformément aux dispositions adoptées par le CAEF, RFI poursuivra la montée en puissance de ses rédactions en langues étrangères. En effet, l'augmentation du nombre d'heures de diffusion est une des conditions nécessaires pour conquérir et fidéliser un public plus large.

Deux critères guident les décisions de RFI :

-renforcer la diffusion vers les publics potentiels les plus larges

-accompagner le développement des relais et reprises.

Les arbitrages définitifs sur les langues choisies ne pourront intervenir qu'au début de l'année 1996 en fonction d'un état précis des moyens de diffusion disponibles et des perspectives d'extension des relais et reprises locales.

RFI doit accorder la priorité aux langues les plus courantes : mandarin, anglais, portugais, espagnol, russe.

Par ailleurs, après avoir mené, en 1995, le réexamen des contenus de ces émissions en français, RFI adoptera, en 1996, la même démarche pour ce qui concerne ses rédactions en langues étrangères.

En effet, les émissions en langues étrangères connaissent des modalités de diffusion multiples :

-diffusion en ondes courtes,

-diffusion en FM, OM ou câble :

-dans le cadre de relais 24 h sur 24 de RFI,

-par des reprises d'heures complètes par de partenaires,


·par des reprises partielles, voire utilisation comme banque de programmes et d'éléments sonores par nos partenaires.

Il convient désormais de repenser la conception des émissions de RFI en fonction de cette expérience et dans le double objectif de développer l'audience et de donner un élan nouveau au réseau mondial de reprises de RFI en langues étrangères.

b). Développer une présence mondiale

Le développement international de RFI s'organise autour de trois piliers : l'onde courte, qui permet de couvrir l'ensemble de la planète, garantit l'indépendance de RFI et assure une mission de souveraineté, la diffusion satellitaire et enfin, un réseau de relais et de reprises le plus diversifié possible.


· La construction d'un centre émetteur en Thaïlande en ondes courtes constitue d'autant plus une priorité que :

-l'Asie du Sud-est, la Chine, le sous-continent indien et l'Océanie sont des zones dans lesquelles RFI est mal reçue ;

-or, il s'agit d'une région qui concentre la moitié de la population du monde et qui connaît les taux de croissance les plus élevés ;

-les possibilités de location ou d'échanges d'heures fréquence sont limitées et précaires ;

-l'onde courte est la fréquence la plus appropriée dans cette région compte tenu des habitudes d'écoute, du taux d'équipement de récepteurs adaptés et de la fermeture des pays de la région aux signaux étrangers.


·l'accent doit être mis parallèlement sur le développement satellitaire et la diffusion directe à destination du grand public soit en analogique en clair, soit en numérique au sein de bouquets satellitaires cryptés selon les cas. Elle reste complémentaire aux autres modes d'écoute, ne couvrant ni l'écoute mobile, ni les postes d'appoint et nécessitant une réception sur équipement fixe.

RFI disposera au début de l'année 1996, après l'entrée en service du satellite INTELSAT 701 complétant la couverture de l'Asie, d'un réseau satellitaire numérique lui permettant de desservir l'ensemble de la planète et de proposer ses programmes en français en qualité Stéréo et ses programmes en langues étrangères en qualité FM Mono.


·Le réseau de relais et de reprises doit se diversifier en empruntant le câble, la FM, les ondes moyennes en Asie, en Afrique anglophone et lusophone et dans les capitales d'Afrique francophone ne disposant pas encore d'un relais 24/24 en Amérique Latine et en Europe compte tenu de la rareté des fréquences.

c). Développer les nouvelles techniques

RFI est diffusé sur Internet depuis 1994 et son programme a été consulté par 540 000 appels pendant les élections présidentielles.

La technologie numérique lui permettra de moderniser la diffusion hertzienne :

ï le programme de recherche « ID Logic » permettra très rapidement de développer pour l'onde courte un service équivalent au RDS pour la FM. L'auditeur verra ainsi, une fois à l'écoute d'une fréquence onde courte de RFI, son récepteur se caler automatiquement sur la bonne fréquence. Il sera ainsi possible d'écouter l'onde courte en continu avec la meilleure qualité possible sans avoir à rechercher la fréquence. C'est le rapport à l'onde courte qui sera ainsi totalement bouleversé ouvrant accès à un confort d'écoute tout à fait nouveau.

ï plus ambitieuses encore sont les perspectives de diffusion en onde courte numérique. Des expérimentations menées aux USA ont récemment permis de montrer qu'il était possible de diffuser en AM (proche de notre onde moyenne) simultanément en analogique et en numérique.

Une diffusion numérique permettrait d'éliminer la plupart des inconvénients de l'onde courte (déperdition de son, effet de souffle...) et de donner ainsi une « nouvelle jeunesse » à ce mode de diffusion en doublant son caractère universel d'une qualité de réception inédite.

Le développement du numérique en diffusion directe permettant de disposer sur certains satellites de centaines de programmes radio, RFI doit augmenter et diversifier son offre de programmes au moyen de :

-banques de programmes destinés à la diffusion satellitaire préparés en concertation avec les sociétés de l'audiovisuel public au premier rang desquels Radio France ;

-programmes « clés en main » notamment musicaux. RFI produisait, en 1994, 59 heures quotidiennes de programmes originaux, contre 42 h 30 avant la mise en oeuvre du contrat d'objectif. Cet effort doit se poursuivre.

d). Développer les synergies

La recherche de synergie entre RFI et d'autres sociétés du secteur public doit contribuer à remédier à la dispersion des initiatives :

-avec la SOMERA, la mise en commun des moyens des deux sociétés pour fournir des émissions en français et en arabe ;

-avec Radio France, plusieurs pistes doivent être explorées :


·échanges de programmes pour diffusion en direct. RFI reprend depuis la mise en place de sa nouvelle grille deux programmes hebdomadaires France Inter. France Inter diffusera très prochainement un programme hebdomadaire de RFI ;


·augmentation de la diffusion de programmes de Radio France dans le cadre des activités de transcription de RFI;


·bouquets satellitaires
: RFI a proposé à Radio France de faire figurer dans le bouquet de programmes qu'elle prépare un canal « sélection Radio France » ;


·correspondants communs à l'étranger.

* 56Notamment en 1991, année pendant laquelle la subvention du MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES fut amputée de 225 millions de francs, soit plus de la moitié.

* 57 6 heures quotidiennes contre 3 h 30 actuellement