II. LE CINQUIÈME RÉSEAU

Dès l'origine, votre rapporteur s'est prononcé en faveur d'une structure commune préconisant la création d'une holding sur une base paritaire.

La solution choisie par le précédent Gouvernement, la fusion, pouvait créer des malentendus de nature à freiner le dynamisme de la nouvelle entité.

La désignation de M. Jérome Clément, président d'ARTE, comme président-directeur général de la Cinquième en avril 1997, puis la nomination par celui-ci de personnes venant d'ARTE, aux postes clefs de secrétaire général et de directeur financier, est une première étape dans le rapprochement institutionnel interrompu par suite de l'abandon du projet de loi audiovisuelle discuté en première lecture en février 1997.

En revanche, la fusion avait été pleinement anticipée sur le plan financier. Il avait été exigé des économies drastiques d'un montant total de 140 millions de francs. Les difficultés créées par ces réductions autoritaires de crédits, auxquelles il faut ajouter les craintes des personnels au sujet de leur statut ainsi que les tensions inévitables liées aux questions de personnes, ont à l'évidence déstabilisé le nouvel ensemble. Il est urgent que le président commun aux deux chaînes et le ministre prennent les mesures nécessaires pour rassurer les personnels et pour dissiper ce malaise qui ne facilite pas une question déjà rendue complexe par les différences de statut et de mode de fonctionnement des deux chaînes.

Sur le plan institutionnel, on doit d'abord rappeler les spécificités d'ARTE. Celle-ci, parce qu'elle résulte d'un traité international, n'est pas soumise à la réglementation de l'audiovisuel : aucun texte légal ou réglementaire, national ou communautaire n'en définit précisément les missions et les règles de fonctionnement ; son dirigeant échappe au mode de désignation de droit commun en matière audiovisuelle, c'est-à-dire sa nomination par le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel.

Votre rapporteur espère que la fusion en cours sera l'occasion de rapprocher la SEPT-ARTE, du secteur public, même s'il lui faut tenir compte du traité franco-allemand de 1992.

Mais votre rapporteur persiste à attirer l'attention sur les différences de mode de fonctionnement entre les deux chaînes : la Sept est surtout un diffuseur qui édite, tandis que la Cinquième un éditeur qui diffuse. Le rapprochement entre les deux chaînes passe par l'alignement de la politique de programmation de la Sept sur celle de la Cinquième : la Sept devrait sous-traiter sa production aux autres chaînes publiques françaises comme ARTE Deustchland le fait en Allemagne. Cette situation tend à isoler la SEPT dans le système audiovisuel français, à limiter ses échanges avec les autres diffuseurs.

A. LA CINQUIÈME

La réduction des crédits, le départ de leur président nommé à la tête de RFO, la crainte manifestée par les personnels de cette chaîne d'être mis à l'écart au profit des équipes venues d'ARTE, ont contribué à déstabiliser une chaîne, qui avait déjà bien du mal à trouver son équilibre et à offrir une image nette à ses publics.

Votre rapporteur s'était d'ailleurs inquiété de l'absence de ligne éditoriale, qui résultait d'un cahier des charges trop ambitieux.

Les restrictions budgétaires vont accentuer ces évolutions. Il faut regretter la méthode : excès de laxisme, au départ, avec la rédaction d'un cahier des charges trop souple, excès de rigueur, par la suite avec des diminutions de crédits trop brutales pour ne pas créer des perturbations durables. Si l'on avait mieux cadré les choses au début, on aurait évité ensuite d'essayer de les encadrer de façon peu réaliste.

1. Exercice 1997

801,2 millions de francs en 1996, le budget de La Cinquième passe en 1997 à 730,5 millions de francs et atteint ainsi un niveau inférieur à son niveau de départ (755 millions de francs en 1995). Si la diminution affichée des ressources s'élève à 70 millions de francs, il s'agit en fait d'une réduction nette de 87,7 millions de francs des moyens effectivement attribués à la société . En effet, la modification de la structure des ressources, caractérisée par une part prépondérante de la redevance, se traduit par un versement complémentaire de 12 millions de francs au compte de soutien à l'industrie des programmes. C'est donc, en fait, une diminution réelle de ses ressources de 11% à laquelle la Cinquième devra faire face en 1997, alors que la montée en charge progressive de certaines dépenses (droits d'auteurs, loyers) négociée lors de la mise en place de la société prendra son plein effet cette année.

Compte tenu de ces contraintes, l'option a été prise de présenter au Conseil d'Administration un projet de budget qui préserve toutes ses chances au développement, notamment à la banque de programmes et de services qui est en avance sur le plan mondial. La société n'ayant bénéficié d'aucune " mesure nouvelle " au titre de 1997, cette action est assurée par un redéploiement de moyens existants, notamment en matière de personnel. La société lui consacrera environ 1 % de ses ressources. Ce redéploiement résulte essentiellement d'un prélèvement maximal sur les moyens de fonctionnement de la société, notamment ceux qui sont consacrés à la communication : La Cinquième a ainsi tenu compte des remarques formulées pour l'ensemble de la télévision publique par l'Inspection des Finances. Les dépenses consacrées aux programmes subissent une diminution proportionnelle à celle des ressources de la société mais elles représentent toujours environ 70% du budget fonctionnel. La réduction du budget consacré à la production et à l'achat de programmes impliquera un recours systématique aux multidiffusions, et, au mieux, une stabilisation du stock mais cela en fonction de critères de choix qui permettront le maintien d'une grille de qualité conforme aux missions de la chaîne.

· Les ressources

Le montant total des ressources inscrites au budget de La Cinquième pour 1997 s'élève à 730,5 millions de francs,

dont 670,5 millions de francs de ressources d'exploitation :

soit

- Redevance : 587,9 millions de francs

- Crédits budgétaires : 50,1 millions de francs

- Publicité - parrainage : 20,8 millions de francs

- Autres ressources propres : 3,7 millions de francs

- Produits financiers : 8,0 millions de francs

et 60 millions de francs de ressources d'investissement, financées en totalité par attribution d'une quote-part sur le produit de la redevance.

Depuis sa création, la structure des recettes de La Cinquième a été considérablement modifiée. Alors que la redevance représentait 43 % de ses recettes en 1995, elle pèse désormais plus de 88 % dans le budget de l'exercice 1997. Cette évolution a des effets négatifs sur les charges qui pèsent sur la société, plusieurs taxes ou versements assimilés étant indexés sur le montant de la redevance.

· Les emplois

La Cinquième consacre la majeure partie de ses recettes à la production et à l'acquisition de programmes. Son budget général étant en baisse, cette enveloppe diminue cependant sensiblement en 1997 et passe de 459 millions de francs à 406,9 millions de francs.

De surcroît, la société a souhaité affecter 7,5 millions de francs cette année à la mise en place de la Banque de Programmes et de Service, afin de mener à bien tout au long de l'année la phase expérimentale et de pouvoir envisager d'entrer dans une phase d'exploitation en 1998.

Le tableau ci-dessous montre également l'effort déjà mentionné de maîtrise des frais de fonctionnement.

Dépenses d'exploitation : 670,5 millions de francs dont :

- Achats de programmes : 346,9 millions de francs

- Banque de programmes et de services : 7,5 millions de francs

- Autres dépenses liées aux programmes : 101,7 millions de francs

- Coût de la diffusion -tous supports- : 135,2 millions de francs

- Impôts et taxes : 6,0 millions de francs

- Fonctionnement général : 73,2 millions de francs

Dépenses d'investissement : 60 millions de francs 55( * )

(totalement consacrées aux acquisitions de programmes)

2. Perspectives 1998

Le projet de budget pour 1998 est en croissance de 7,1% par rapport à 1997, marquant une nette volonté de rattrapage . On note cependant que cette croissance accrue ne se traduit pas par une augmentation des dépenses de programmes mais par celle des dépenses de fonctionnement, qui, si l'on s'en tient aux frais de gestion courante et aux dépenses de personnels, augmentent de façon sensible, soit respectivement 15 % et 17 %.

 

1997

1998

1998/1997

 

1997

1998

1998/1997

programmes

346,9

358,4

3,32

redevances

587,9

650,9

10,72

autres progr.

2,6

2,6

0,00

subventions

50,1

40

- 20,16

services ext.

146,1

152

4,04

publicité

14,1

19,3

36,88

autres serv. ext

27,9

37,9

35,84

parrainage

6

2,6

- 56,67

impôts

6

7,1

18,33

recettes div.

3,7

3,7

0,00

personnel

63,4

67,8

6,94

produits fin.

9,5

4,5

- 52,63

gestion courante

69,2

79,8

15,32

total

671,3

721

7,40

charges finan.

2,4

2,4

0,00

 
 
 
 

amortissements

6,8

13

91,18

 
 
 
 

total

671,3

721

7,40

 
 
 
 

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