ANNEXE I -
ETUDE D'IMPACT9( * )

L'évolution de l'environnement international de la France entraîne une mutation de grande ampleur pour l'organisation des forces armées qui ne peut être sans conséquence pour la réserve militaire.

Le 22 février 1996, le Président de la République a fait connaître les décisions qu'il a prises pour que le pays dispose, dans les prochaines années, d'une défense plus efficace et moins coûteuse. Il a ainsi décidé de professionnaliser les armées et d'ouvrir un grand débat sur le service national. Cette démarche a conduit à la promulgation le 2 juillet 1996 de la loi de programmation militaire pour les années 1997-2002, le 19 décembre 1996 de la loi relative aux mesures en faveur du personnel militaire dans le cadre de la professionnalisation des armées et le 28 octobre 1997 de la loi portant réforme du service national.

Le modèle d'armée ainsi défini pour répondre aux nouvelles missions de dissuasion, de projection, de prévention et de protection repose sur trois composantes :

. des militaires de carrière ou sous contrat et des civils qui en constituent le noyau dur ;

. des jeunes gens volontaires, qui apportent leur concours aux forces armées ;

. des réservistes dont le rôle doit être redéfini pour qu'ils soient associés plus étroitement aux missions des armées et de la gendarmerie.

Dans ce nouveau dispositif, une réserve d'emploi, sensiblement resserrée, mais mieux entraînée, plus motivée et de ce fait plus disponible pour répondre aux nouveaux besoins exposés dans le Livre Blanc sur la défense doit se substituer à une réserve nombreuse, reposant principalement sur des obligations prévues par le code du service national et liées à la conscription.

Tel est l'objet du présent projet de loi qui constitue le dernier pilier législatif de cette réforme en profondeur de la défense, en définissant les dispositions de principe qui fondent le service dans la réserve militaire et le service de défense.

1. Impact juridique et administratif

. Philosophie de la réforme

Le dispositif actuel est caractérisé par :

- une réserve militaire " de masse " liée à la conscription, même si le plan Réserve 2000 mis en oeuvre en 1995 a déjà largement amorcé une politique de recours aux réservistes mettant l'accent sur l'aspect qualitatif ;

- un service de défense distinguant des affectations individuelles et des affectations collectives.

Les points forts du dispositif envisagé sont, conformément aux termes de l'ordonnance n° 59-147 du 7 janvier 1959 portant organisation générale de la défense, de disposer :

- d'une réserve mieux adaptée au concept de défense en tous temps en toutes circonstances et contre toute forme d'agression,

- d'une réserve qui s'appuie d'abord sur des volontaires, dans la logique d'une armée professionnelle et des principes qui fondent désormais le service national,

- d'une réserve d'un volume plus restreint mettant davantage l'accent sur les compétences et la disponibilité des réservistes,

- du maintien de la possibilité d'effectuer un parcours complet dans la réserve militaire, parallèlement à l'exercice d'une activité professionnelle principale, mais sans avoir nécessairement accompli au préalable un service actif,

- d'un service de défense simplifié comportant uniquement des affectations collectives pour les citoyens travaillant dans des organismes désignés.

En d'autres termes, il s'agit à la fois de modifier en profondeur la réserve et de réintroduire les obligations du service de défense qui ne disposeront plus d'un texte législatif avec la suspension de l'application des dispositions du livre II du code du service national à compter du 1 er janvier 2003.

. Justification de la réforme

Ce projet, dernier volet de la réforme de la défense nationale, est la conséquence de la professionnalisation et de son corollaire, la suspension de l'appel sous les drapeaux et du service militaire actif. Les besoins quantitatifs et qualitatifs en réservistes, l'origine de ces derniers et leurs motivations sont à repenser, du fait de ces nouveaux concepts.

Cette réforme est d'abord nécessaire parce que les nouvelles dispositions relatives au service national ont des conséquences mécaniques sur la réserve.

Jusqu'à présent, la réserve en France était alimenté à partir d'une ressource nombreuse et renouvelable fournie par le service militaire obligatoire. En effet, le code du service national (article L.2) dispose pour les Français nés avant le 1 er janvier 1979 que " le service national comprend des obligations d'activité et des obligations de réserve ".

La suspension de l'application du livre II de ce code à partir du 1 er janvier 2003 entraîne, sans intervention du législateur, la disparition de toute obligation relative à la réserve. D'où la nécessité de combler un vide juridique avant la date fixée lors du vote de la réforme du service national.

Plus fondamentalement, cette réforme s'impose, car l'organisation actuelle des réserves ne donne pas entièrement satisfaction.

Malgré un effort d'adaptation permanent des forces armées visant à disposer d'une ressource de qualité, le dispositif actuel montre ses limites.

Les forces armées répartissent les réservistes en fonction de leurs besoins en effectifs. Elles prononcent des affectations en tenant compte des qualifications et des compétences des intéressés sans tenir toujours compte de leurs desiderata. Les réservistes actuels constituent de par leur nombre une ressource lourde à gérer avec un rapport coût/efficacité qui n'est plus adapté aux besoins d'une armée professionnelle.

Dans le même temps, la participation de la France aux récentes opérations militaires a montré que l'utilisation de réservistes moins nombreux mais spécialisés et bien entraînés, apporte une réponse appropriée à la nature des besoins.

Plus que le nombre, ce sont désormais la disponibilité immédiate et le profil des individus, leur expérience et leur maîtrise des armements les plus évolués ou de techniques particulières qui déterminent l'efficacité de nos forces de réserve.

Il faut donc remplacer l'actuelle organisation par un nouveau dispositif souple et fonctionnel.

Le recours aux réservistes n'est plus seulement théorique. Il est prévu :

. pour le renfort ou le remplacement, individuel ou collectif, du personnel d'active engagé dans des opérations, notamment à l'extérieur des frontières ;

. pour un besoin ponctuel en spécialistes dans des domaines techniques, juridiques, ou autres, en particulier dans le cadre des affaires civilo-militaires comme cela peut être le cas lors d'actions à caractère humanitaire ou d'aide au rétablissement et au maintien de la paix ;

. pour participer à des missions de sécurité et de protection du territoire en temps de crise (par exemple dans le cadre du plan Vigipirate) ;

. pour l'encadrement de l'appel de préparation à la défense et des préparations militaires.

. Le projet de loi s'inscrit en conséquence dans la modernité et la cohérence

Avant d'élaborer un nouveau concept de la réserve, il a paru intéressant d'examiner les solutions étrangères, notamment celles des armées professionnalisées anglo-saxonnes. Il est notamment apparu qu'elles sont fondées sur le volontariat.

Reprenant ce principe, le projet de loi substitue à la réserve de masse actuelle juxtaposée aux forces d'active, une réserve réduite constituée en priorité de volontaires et très largement intégrée aux unités professionnelles. Au terme de la transition, les forces accueilleront, en dehors des situations d'exception, des Français volontaires pour apporter leur concours aux armées et à la gendarmerie nationale.

Plus motivés, gérés et entraînés de manière personnalisée, ces réservistes seront soumis, en contrepartie, à une plus grande disponibilité en cas de nécessité.

Le projet de loi introduit davantage de clarté

Le texte proposé regroupe plusieurs textes épars relatifs aux réserves en un seul document. Il est novateur dans la mesure où il met en place unn système fondé sur la concertation permanente entre trois partenaires : l'Etat, les réservistes et, le cas échéant, leurs employeurs.

La réserve et le service de défense sont regroupés dans un même projet de loi qui s'inscrit dans la logique de l'ordonnance n° 59-147 du 7 janvier 1959 portant organisation générale de la défense. Les nouvelles dispositions simplifient les textes antérieurs, en donnant au Gouvernement une base législative souple et adaptée à la gestion de crises d'intensité variable.

La réquisition toujours difficile des personnes devient de fait limitée à des situations exceptionnelles, la quasi-totalité des cas étant couverts par le nouveau dispositif.

Les textes qui régissent les corps spéciaux et les corps d'assimilés spéciaux seront remaniés à cette occasion pour qu'existent des dispositions plus souples adaptées au fonctionnement d'une armée professionnelle moderne. Seront ainsi refondus ou abrogés environ quinze décrets et tous leurs textes d'application dont les plus anciens remontent à 1929 (les électriciens de campagne) et n'ont plus guère d'autre valeur qu'historique.

L'administration des dossiers des Français recensés sera notablement allégée, après qu'ils auront accompli les obligations du service national, du fait du passage du volume de la réserve militaire affectée de 500 000 à 100 000 dossiers. De plus, la décentralisation des dossiers restants sera accentuée.

S'agissant du service de défense, il n'y aura plus à identifier et à suivre administrativement les affectés individuels qui disparaissent dans le nouveau dispositif. Il suffira de tenir à jour la liste des organismes placés sous statut de défense, indépendamment de toute modification des structures de ces organismes.

Le projet de loi introduit la concertation comme mode normal de relations entre l'Etat, les réservistes et, lorsqu'il y a lieu, les employeurs.

Le mode normal de relations qui doit exister repose sur la permanence de la concertation. Il s'agit de créer un partenariat actif suscitant un climat de confiance et qui assainisse les relations parfois difficiles entre les réservistes et leurs employeurs habituels.

La concertation se fera d'abord avec les réservistes, puisque l'Etat s'accordera avec chacun d'eux sur un programme annuel d'activités pour la formation et l'entraînement ainsi que sur les conditions (notamment de délai) dans lesquelles ils pourront occuper temporairement un emploi opérationnel si la situation l'exige.

Simultanément, la concertation sera permanente entre les employeurs habituels et le ministère de la défense, puisque pour des absences inférieures ou égales à cinq jours ouvrés par an, le réserviste salarié ou agent public devra informer son employeur habituel de ses activités militaires avec un préavis d'au moins un mois. L'accord de cet employeur est requis pour tout engagement d'une durée supérieure à cinq jours.

En d'autres termes, il s'agit d'évoluer d'une situation où l'on impose au nom de l'exercice de la puissance régalienne, source éventuelle de mécontentement de l'employeur, et de conflit potentiel préjudiciable au réserviste, ainsi que de désorganisation possible du fonctionnement des entreprises, vers un partenariat qui préserve l'intérêt général sans nuire à des intérêts particuliers ou économiques parfois difficiles à concilier.

Enfin, le partenariat sera encouragé par la possibilité pour les entreprises de signer avec le ministre chargé des armées des conventions par lesquelles elles s'engagent, sous certaines conditions qui seront précisées dans chaque accord, à aller au-delà des dispositions législatives pour leurs salariés réservistes.

Le projet de loi introduit la possibilité de pallier une insuffisance de volontaires dans des situations de crise aiguë.

En application des articles 2, 6 et 45 de l'ordonnance n° 59-147 du 7 janvier 1959 portant organisation générale de la défense, le pouvoir exécutif conserve la possibilité de faire appel par décret pris en Conseil des ministres à des réservistes non volontaires, après avoir apprécié sous sa responsabilité politique, la gravité de la menace.

L'article 16 du projet ouvre, hors du cadre de l'ordonnance précitée, la possibilité de faire appel par décret à tout ou partie des réservistes de la gendarmerie nationale en cas de troubles graves ou de menaces de troubles graves de l'ordre public.

Cette ressource de réservistes disponibles non volontaires est composée d'anciens militaires professionnels ou d'anciens volontaires dans les armées, assujettis dans la limite de cinq ans à compter de leur retour à la vie civile.

Dans l'enveloppe définie de 100 000 réservistes, l'appel ou le rappel des disponibles nécessite donc un engagement politique par lequel les plus hautes autorités de l'Etat signifient, en cas de crise grave, qu'une priorité est accordée à la défense militaire de la Nation.

2. Impact social, économique et budgétaire

. Le projet de loi renforce l'esprit de défense .

Il renforce le lien entre la Nation et son armée

Le projet confirme les principes qui ont présidé à l'élaboration de la réforme du service national, en complétant la notion de parcours citoyen dont l'activité dans la réserve est partie intégrante.

Ce parcours commence par l'enseignement, dans les établissements du second degré de l'éducation nationale des principes de l'organisation de la défense nationale et de la défense européenne. Il se poursuit par l'appel de préparation à la défense qui a pour but d'inculquer à tous les jeunes Français des notions simples et claires de défense et de citoyenneté ainsi que de leur montrer notamment les possibilités qui sont offertes au titre de la réserve. Cet appel peut être prolongé par une formation militaire dans le cadre d'une préparation militaire pour les jeunes Français qui le souhaiteraient.

Tout Français ainsi informé, sera alors capable de décider de son orientation ultérieure en fonction du concours personnel qu'il entend apporter à la défense de son pays :

. soit en estimant que son parcours professionnel constitue en lui-même un engagement citoyen suffisant,

. soit en souscrivant un volontariat dans les armées,

. soit en choisissant de devenir réserviste, après avoir éventuellement suivi une préparation militaire.

Le lien entre les armées et la nation sera également renforcé par l'action des associations de réservistes dont le rôle dans ce domaine est désormais reconnu.

La démarche citoyenne marquée par l'acte de volontariat ne doit pas laisser craindre un manque d'effectifs. En ce qui concerne les forces armées, il y a toujours eu plus de candidats pour devenir cadre de réserve que de postes offerts, et la contrainte légale offerte aux autorités militaires n'est plus réellement utilisée dans la plupart des cas.

Les hommes du rang seront recrutés parmi les volontaires plutôt que parmi les disponibles, sans que cela soit préjudiciable à l'efficacité. L'expérience a prouvé que l'instruction de jeunes motivés, n'est ni très longue ni très difficile, surtout s'il y a eu au préalable passage par une préparation militaire.

Il fait reconnaître les mérites des hommes et des entreprises ayant choisi de participer à l'activité dans la réserve.

La montée en puissance du nouveau dispositif des réserves doit permettre de développer le sentiment d'appartenance à une communauté nationale qui respecte un certain nombre de valeurs républicaines et de renforcer l'esprit de défense.

Le fait d'être réserviste donnera lieu notamment à l'attribution de distinctions honorifiques et dans certaines conditions d'une prime de fidélité.

En ce qui concerne les entreprises, la qualité de " partenaire de la défense " pourra être attribuée en fonction de l'activité volontaire des réservistes salariés qui font partie de leur personnel.

. Au regard de l'emploi, le projet de loi donne des garanties juridiques à tous les partenaires.

Le réserviste, comme l'employeur, bénéficie de plus des garanties fixées par la loi, ce qui tend à réduire pour le réserviste les difficultés qu'il pouvait rencontrer auprès de son employeur.

Le projet de loi veille à garantir l'emploi habituel du réserviste...

Le projet s'applique à donner toute garantie au réserviste pour qu'il retrouve son emploi après son activité dans la réserve. En particulier, une disposition nouvelle insérée dans le code du travail précise qu'aucun employeur ne peut résilier le contrat de travail d'un salarié ou d'un apprenti qui effectue une activité au titre de la réserve, sauf s'il justifie d'une faute grave non liée à l'accomplissement de cette dernière activité. Une disposition de même nature figure dans le projet qui protège les agents publics.

... sans rendre la formule trop pénalisante pour les employeurs

En contrepartie, l'employeur d'un réserviste est obligatoirement informé, avec un préavis minimal d'un mois, de toute absence relative à une activité soldée et inférieure ou égale à cinq jours ouvrés par an. Les modalités de ces autorisations d'absence sont précisées par le code du travail. Son accord est requis dans les autres cas, c'est-à-dire au-delà de cinq jours, dès lors que l'activité dans la réserve s'effectue pendant le temps de travail du réserviste.

Il faut rappeler par ailleurs que la contrainte légale imposée aux disponibles non volontaires pour contrôler leur aptitude ne peut excéder un total de cinq jours sur cinq années.

Le projet de loi a des retombées positives sur le parcours professionnel du réserviste.

Les qualifications professionnelles des réservistes volontaires seront valorisées par l'expérience acquise lors de leurs activités dans la réserve. La formation à un autre métier élargit forcément la connaissance. L'exercice du commandement est un apport substantiel pour l'animation d'équipes. La manière d'analyser les problèmes et de prendre des décisions apporte un complément appréciable aux méthodes communément utilisées dans l'entreprise.

S'agissant de demandeurs d'emplois bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique ou du revenu minimal d'insertion, le cumul de ces prestations avec la solde versée au réserviste qui acquiert une qualification dans les armées peut s'inscrire dans la politique d'aide à la réinsertion sociale. Une modification de la loi n° 88-1088 du 1 er décembre 1988 relative au revenu minimal d'insertion a été introduite à cet effet. Le décret traitant des modalités d'attribution de l'allocation de solidarité spécifique sera par ailleurs modifié en conséquence.

Les postes de réservistes ne relèvent pas d'emplois publics permanents.

Une analyse des postes susceptibles de donner lieu à l'utilisation de réservistes montre :

. que le rappel se situe essentiellement dans une période de crise lorsque la rapidité de réaction et l'efficacité passent avant toute autre considération ;

. qu'il est parfois associé au développement du lien armées-Nation pour encadrer les préparations militaires ou les sessions de l'appel de préparation à la défense ;

. qu'il ne s'agit pas d'accroître des effectifs budgétaires justifiés par le nouveau format d'armée professionnelle puisque les réservistes constituent un complément temporaire ;

. qu'il s'agit dans certains cas de personnes hautement qualifiées qu'il aurait été difficile de recruter autrement que de façon très onéreuse, notamment en cas d'urgence.

Les garanties en matière de protection sociale

Les garanties en matière de protection sociale des réservistes et de leurs ayants droit ont été élaborées sur le fondement du principe de continuité.

Ainsi, durant toute période d'activité dans la réserve, la protection sociale des réservistes et de leurs ayants droit est préservée. Le projet définit des dispositions claires qui protègent leur passage de la vie civile à la vie militaire, puis leur retour à la vie civile. La protection sociale est organisée en conséquence.

En ce qui concerne les assurances maladie, maternité, invalidité et décès, les réservistes et leurs ayants droit restent affiliés à la caisse dont ils relèvent habituellement. Cette mesure est sans incidence budgétaire.

S'agissant de la couverture vieillesse, les réservistes bénéficient, à l'issue de leur engagement ou de leur période d'appel ou de rappel, d'une affiliation rétroactive au régime général, correspondant au nombre de jours d'activité réelle. Le coût de cette mesure sera inclus dans le remboursement forfaitaire que le ministère chargé des armées effectue chaque année, pour les militaires d'active ayant quitté l'armée durant cette période, sans droit à pension.

. Le dispositif n'a pas de conséquences sur le fonctionnement de l'économie nationale.

L'activité de réservistes, dont le nombre ne dépasse pas 100 000 hommes, compte tenu du format de la nouvelle réserve, est à mettre en parallèle avec les emplois dans l'administration concernant plusieurs millions d'agents publics et les emplois participant à l'économie nationale touchant plus de deux millions d'entreprises.

Hors activités opérationnelles ou se rapportant à l'encadrement et l'enseignement au profit de l'appel de préparation à la défense l'entraînement et la formation des réservistes représentent une activité moyenne de vingt à trente jours par année civile pour un peu moins de 30 000 personnes (13 000 personnes pour la gendarmerie, 8 000 personnes pour l'armée de terre, 300 personnes pour la marine nationale, 4 000 personnes pour l'armée de l'air, et 1 800 personnes pour le service de santé).

Le complément à 100 000 hommes, soit environ 70 000 réservistes suit une formation ou un entraînement dont la durée annuelle moyenne est estimée à cinq jours.

Enfin, les réservistes disponibles, s'ils devaient reprendre du service à titre temporaire, restent encore largement " imprégnés " des postes opérationnels qu'ils ont tenus pendant leur activité dans les armées. Leur entraînement sera très allégé ou même dans certains cas limité à des contrôles d'aptitude ponctuels de très courte durée.

Cette participation à la défense du pays d'un nombre limité de personnes ne doit donc pas avoir de conséquence sensible sur le fonctionnement général de l'économie nationale.

Les situations particulières qui pourraient néanmoins poser problème seront traitées au cas par cas puisque le système repose d'abord sur un partenariat.

. Le projet de loi participe à la mise en place d'une défense plus efficace tout en limitant les coûts.

La souplesse de la nouvelle organisation des forces armées, au sein desquelles les réservistes représentent une capacité d'action supplémentaire sans pour autant générer des surcoûts élevés, permettra de réaliser les combinaisons nécessaires pour répondre à la variété des situations et des cadres d'action possibles.

Des réserves plus efficaces

Le noyau dur de la nouvelle réserve, constitué de volontaires, sera formé de Français particulièrement motivés. Le rendement de l'instruction de ces derniers peut donc être escompté comme particulièrement élevé.

Le complément de cette réserve volontaire est constitué soit d'anciens professionnels, soit de personnel recruté au titre d'une spécialité qui fait défaut dans la formation qui les requiert. Là encore existe une forte probabilité d'atteindre à moindre coût une bonne efficience.

C'est ainsi que les réservistes qui participent aux missions de maintien de la paix lors d'opérations extérieures forment un apport irremplaçable, au regard de notre politique de commerce extérieur. Ils constituent des " têtes de pont " économiques dans les zones de crises ouvertes, valorisant le savoir faire de la France dans le cadre d'un démarrage économique lié au retour de la paix.

L'expérience de la Bosnie a montré que grâce au " civil service " les entreprises américaines, bien que peu impliquées dans les opérations militaires, ont supplanté très largement les entreprises françaises lorsqu'il s'est agi de négocier les marchés de reconstruction. Une étude de l'I.H.E.D.N. a conclu que pour une dépense d'environ 20 milliards de francs (12 milliards pour la défense et 8 milliards pour l'humanitaire), la France avait signé, à la fin de 1996, moins de 100 MF en accords économiques sur protocoles français dans cette région de l'Europe.

Le nouveau système de réserve doit notamment contribuer à réduire cette insuffisance notoire.

Des réserves moins coûteuses

Dans les forces armées, les effectifs professionnels sont calculés pour faire face seuls à une menace d'un niveau donné. Si ce niveau augmente, tout en restant au-dessous du seuil du scénario S6 du Livre Blanc sur la Défense (résurgence d'une menace majeure contre l'Europe occidentale), les réservistes constituent un complément temporaire indispensable des effectifs professionnels.

Il est clair dans ces conditions que le recours à des réservistes, limité à la durée de la crise, est moins coûteux que l'entretien permanent de professionnels.

La mise en place et le fonctionnement du nouveau dispositif s'inscrivent dans l'enveloppe financière fixée par la loi de programmation militaire. Pour rallier le modèle 2015, les crédits attribués aux réserves font l'objet d'un effort particulier depuis le début du processus de professionnalisation. Une dépense de 584 MF (en Francs 1995) pour l'année 2002 a été prévue à cet effet dans la loi de programmation militaire, sachant qu'il s'agit d'une étape dans le processus de montée en puissance de la nouvelle réserve.

Cette enveloppe a défini la dépense annuelle autorisée pour l'entraînement et le perfectionnement d'un dispositif basé sur des réservistes volontaires dans les forces armées [Cf. rapport annexé, § 2.2.3-c) publié au J.O. du 3 juillet 1996] Ces dépenses s'entendent donc hors participation à des opérations. L'autorisation législative, qui répond au besoin exprimé pour la période, est détaillée ci-dessous pour les annualités restantes.

Année

1999

2000

2001

2002

Crédits

309

368

466

584

De plus, les forces armées pourront, si nécessaire et à moindre coût, bénéficier du concours de spécialistes civils de haut niveau, qu'elles n'auraient pas les moyens de retenir dans leurs rangs, compte tenu du coût correspondant d'un professionnel en formation, rémunération, charges sociales et entretien des qualifications (branches médicales, ingénieurs, interprètes, ...).

Parmi les 30 000 réservistes les plus actifs mentionnés supra au paragraphe 23, il est estimé que 16 500 réservistes réunirons les conditions pour percevoir la prime de fidélité dont le principe est inscrit dans la loi. Sur la base de 90 jours d'activité militaire pour un contrat de cinq ans, le coût de la prime a été estimé en moyenne à 10 MF par annualité budgétaire.

3. Les avantages attendus de la réforme

La réforme de la réserve permet la mise en place d'un dispositif militaire souple et adapté pour faire face à l'évolution des besoins militaires, dans le cadre du nouveau concept d'engagement des forces dans leurs missions de dissuasion, de projection, de prévention et de protection.

Une gestion des moyens plus souple

Avec le nouveau dispositif, les pouvoirs publics disposent, en matière de gestion des moyens militaires, d'un texte de loi adapté aux situations de crises, avant des situations d'exception telles que la mobilisation générale qui relève d'une autre logique.

Il n'y a plus de concept d'emploi spécifique à la réserve militaire qui devient partie intégrante des forces. Pour assurer la permanence de la capacité militaire, les réservistes ont pour mission de remplacer ou de renforcer temporairement les professionnels engagés dans des opérations extérieures et de permettre d'assurer la continuité des activités. Le cas échéant, ils participent autant que de besoin à des missions de sécurité et de protection du territoire, face à un renforcement de la menace. Ils apportent leur compétence particulière dans des spécialités techniques, juridiques ou autres, notamment à l'occasion d'actions extérieures à caractère humanitaire ou d'aide au rétablissement de la paix.

Une organisation plus simple et plus facile d'emploi

Il s'agit d'une part, de simplifier et de regrouper des textes d'ancienneté et de valeur inégales et d'autre part, de tirer les conséquences de la disparition au ler janvier 2003, du support législatif indispensable pour le fonctionnement de la réserve, à ce jour intégré dans le Livre II du code du service national.

Désormais, les conditions juridiques d'emploi du réserviste seront mieux définies. Il y aura d'une part, les volontaires ayant manifesté leur engagement et d'autre part, les disponibles dont la contrainte est limitée à des circonstances graves ou exceptionnelles sur une base juridique clairement identifiée et relevant d'un décret.

De la même manière, il apporte une clarification du service de défense car c'est désormais l'organisme qui est concerné, indépendamment des individus qui constituent son personnel.

Un volet important du présent projet de loi est consacré à des dispositions qui renforcent le volet protection sociale des intéressés et de leurs ayants droit pendant les périodes d'activités. Il regroupe les principes qui constituent la contrepartie nécessaire de l'effort consenti par une minorité de citoyens placés au service de la défense de la Nation.

4. Dispositif d'évaluation

La montée en puissance de la nouvelle réserve
est en cours et doit s'achever au-delà de la période couverte par la loi de programmation militaire en vigueur.

L'année 2003 sera une étape importante marquée par la suspension du système hérité de la conscription.

Le montant des crédits nouveaux à consacrer aux réserves figure chaque année dans la loi de finances. Il correspond à la montée en puissance du dispositif au sein duquel les réservistes volontaires et affectés accomplirons de plus en plus fréquemment leurs missions au côté des professionnels.

A l'horizon 2010-2015, et sur un total de 100 000 réservistes affectés, environ 30 000 postes correspondront à un recrutement de Français qui auront vocation à servir pour l'entraînement et la formation entre vingt et trente jours par an. L'activité des autres sera limitée dans les mêmes conditions à des durées qui ne dépasseront pas cinq jours en moyenne.

L'évaluation du nouveau dispositif pourra se faire dans le cadre du rapport annuel sur l'exécution de la loi de programmation militaire.

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