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10 juin 1999 : Les nouvelles techniques de recyclage et de valorisation des déchets ménagers et des déchets industriels banals ( rapport de l'opecst )

 

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D. LA VALORISATION DES INERTES

1. Présentation

Deux chiffres méritent d'être rappelés :

 le BTP utilise chaque année environ 380 millions de tonnes de granulats, dans une proportion d'un tiers pour les bâtiments et de deux tiers pour les travaux publics ;

 le BTP génère chaque année environ 25 à 30 millions de tonnes de gravats, dont 90 % sont mis en décharge.


Origine des gravats

 

Par type d'ouvrage

 

Par type de chantier

 

Logement 40 %

 

Démolition 80 %

 

Bâtiments industriels 35 %

 

Construction 8 %

 

Travaux publics 25 %

 

Rénovation 12 %

Source : IREX, mai 1990

Jusqu'à présent, il n'y avait aucune raison de rapprocher ces deux chiffres, mais les circonstances pourraient amener à changer d'attitude :

 sur le plan juridique, l'échéance du 1er juillet 2002 est naturellement déterminante puisque la mise en décharge sera normalement réservée aux seuls déchets ultimes ;

 sur le plan économique, on ne peut exclure que le secteur connaisse quelques difficultés d'approvisionnement. L'offre de matériaux traditionnels, notamment de granulats, sera affectée par une difficulté grandissante à obtenir l'ouverture de carrières, et par les contraintes touchant à l'extraction des granulats alluvionnaires ;

 en outre, les mairies, qui jusque là n'étaient pas directement concernées par les déchets de démolition (les déchets étaient mis en décharge par les professionnels du bâtiment), vont le devenir, car non seulement elles seront interrogées par les responsables du BTP pour savoir où mettre leurs déchets et comment les valoriser, mais elles récupéreront en outre une partie de ces gravats ou inertes par le biais des déchetteries.

C'est d'ailleurs l'une des surprises de cet aménagement. Les déchetteries ont été conçues pour être des centres de récupération de matériaux et de " pré-tri ", afin de les diriger vers les filières de traitements adaptées. Leur organisation a été fondée sur des hypothèses d'apports et de flux de déchets dont certaines se sont avérées sous-estimées. régularité. Ainsi, les déchets ne sont pas toujours ceux qui étaient envisagés initialement. Certains centres reçoivent en particulier d'importants volumes de bois (bois de coupes, souches, chutes de menuiserie, portes...) qu'aucune étude n'avait convenablement appréhendé. Il en est de même pour les apports de plâtres. Les gisements existent, et les déchetteries les ont fait apparaître.

A terme, ce sont donc plusieurs millions de tonnes qui seront à gérer. Il convient en effet de rappeler les apports en déchetterie. Un tiers des apports en déchetterie est constitué par les gravats et inertes. Ainsi, pour un parc de 1.438 déchetteries, 1.220 tonnes de gravats ont été collectées. Sur la base de 4.000 déchetteries, plus de 3 millions de tonnes d'inertes et gravats seront collectés en déchetteries.

2. Perspectives

Ainsi, tandis que la demande de matériaux restera vive, l'offre de matériaux potentiellement recyclables va croître. Le gisement est même très important, mais force est de reconnaître que les recherches ont été encore peu actives. Curieusement, les recherches pour rapprocher cette offre et cette demande ont été beaucoup plus poussées sur l'utilisation des mâchefers d'incinération que sur l'utilisation des gravats de démolition alors que les gisements sont sans comparaison. Quelques pistes peuvent néanmoins être évoquées :

En amont

Les traitements " amont " visent à mieux préparer et trier les déchets pour les rendre plus facilement valorisables, par concassage notamment.

Les difficultés viennent du fait que les matériaux émanant du génie civil, les gravats de démolition, et du bâtiment présentent une assez grande hétérogénéité avec une obligation de tri qui obère leur rentabilité. Ils peuvent également incorporer des composants qui les rendent impropres à leur utilisation (matériaux amiantés, plomb...).

Les initiatives visent à généraliser la déconstruction sélective, afin d'obtenir un matériau facilement valorisable. Ces développements ne peuvent qu'être progressifs, car ils génèrent de fortes perturbations dans la structure même du secteur. En effet, les entreprises de démolition sont essentiellement des petites et moyennes entreprises (PME), dont la structure correspond aux besoins de souplesse et de régularité de réaction du marché. Une déconstruction sélective (en triant les différents matériaux) entraîne inévitablement une plus grande technicité, parce qu'il ne s'agit plus de récupérer pour transporter en décharge, mais de sélectionner des matériaux susceptibles d'être réutilisés. Il n'est pas exclu que l'on assiste à une restructuration et à l'émergence d'un nouveau secteur, chargé spécialement des démolitions.

 En aval

Les traitements " aval " visent à mieux utiliser le gisement. Quelques initiatives peuvent être évoquées :

 le concassage des poteaux électriques en béton (300.000 tonnes par an) réalisé en partenariat avec EDF ;

 l'utilisation de plâtres collectés en déchetteries, dans la fabrication du ciment ;

 l'utilisation de bois collecté en déchetteries, et broyé comme support matière dans le compost des boues de stations.

Ces deux dernières initiatives sont développées par le SYMIRIS de Rambouillet sur l'impulsion de son très actif président, M. Jean-Philippe Assel.

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