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Diversité sociale dans les classes préparatoires aux grandes écoles : mettre fin à une forme de « délit d'initié »

 

(2) Le développement des formations en apprentissage ou alternance dans les grandes écoles

D'après Mme Chantal Dardelet, responsable du pôle « Ouverture sociale »  de la Conférence des grandes écoles (CGE), un tiers des grandes écoles proposent une formation en apprentissage ou alternance. Pour de nombreux jeunes d'origine modeste, celle-ci constitue le principal outil de financement des études.

Dans un article récent, intitulé « Université - entreprise : les liaisons dangereuses »39(*), Mme Corinne Abensour évoque l'intérêt de l'apprentissage : outre l'aspect financier, « il permet une meilleure connaissance réciproque de l'université et de l'entreprise, ce qui semble très positif. Encore faut-il, et nous y reviendrons, qu'elle ne soit pas l'occasion d'une remise en question de l'enseignement. Mais le véritable atout de l'apprentissage est peut-être ailleurs : dans l'alternance entre l'université et l'entreprise. En effet, les étudiants, même s'ils ont choisi des formations professionnalisées, ne sont confrontés à l'entreprise qu'au moment du stage. Or les stages sont trop courts et les étudiants trop marginalement associés aux équipes pour repérer tous les enjeux des situations professionnelles auxquelles ils sont fugitivement mêlés. En apprentissage, la durée (au minimum un an) du contrat et le statut de l'apprenti (qui est un salarié à part entière) permettent une insertion véritable. Le retour fréquent à l'université, les travaux universitaires d'analyse des situations professionnelles, sont autant d'occasion d'exercer une observation distanciée et d'éveiller l'esprit critique.»

Les jeunes concernés acquièrent ainsi des compétences que d'autres auront peut-être partiellement développé grâce à leur milieu familial.

* 39 Voir l'essai : « De la destruction du savoir en temps de paix », sous la direction de Corinne Abensour, Bernard Sergent, Edith Wolf et Jean-Philippe Testefort, mars 2007.