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Risques chimiques au quotidien : éthers de glycol et polluants de l'air intérieur. Quelle expertise pour notre santé ? Conclusions du rapporteur (tome 1)

 

B. LES ÉMISSIONS DU MOBILIER

1. Les meubles

Tant les meubles anciens que les meubles modernes peuvent être sources d'émissions nuisibles pour la santé. Pour les premiers, cela peut résulter d'un entretien intensif comme l'encaustiquage régulier et, pour les seconds, cela provient de leur matière même, souvent des panneaux de particules agglomérées, du lamellé-collé (la colle qui les maintient émettant, éventuellement pendant des années, du formaldéhyde dans l'air des pièces) ou du formica par exemple.

En outre, tous les sièges modernes, qu'il s'agisse de ceux de l'habitat, des bureaux ou des divers moyens de transport comme nombre d'appareils (télévisions, ordinateurs...) sont imprégnés de retardateurs de flamme. Cependant, la sécurité contre l'incendie ne saurait s'acheter par le renoncement à la qualité de l'air respiré. D'ailleurs, en matière d'incendie, les pompiers ne cessent d'alerter sur la nature des matériaux employés.

Les enfants, quant à eux, risquent de subir ces émissions de polluants dès la crèche, la maternelle ou l'école primaire du fait d'un mobilier tout neuf fortement émissif en formaldéhyde éventuellement placé dans des établissement scolaire récemment achevés qui ont pu être considérés comme des lieux modèles (aux normes de haute qualité environnementale)... jusqu'à la veille de leur ameublement.

2. Les tapis

Si le mobilier peut contribuer à la détérioration de la qualité de l'air intérieur, le pouvoir de nuisance d'éléments de celui-ci, comme les tapis, ne vient pas immédiatement à l'esprit.

L'« UFC - Que choisir ? » (voir son audition) s'est penchée sur le rôle des tapis comme éléments de la pollution de l'air intérieur (« Dérouler la pollution », n° 425, avril 2005) pour relever tout d'abord qu'il n'existe pas en France de labels de qualité « basses émissions » pour les revêtements de sol, à l'inverse de l'Allemagne, du Danemark et de la Finlande.

Les tests effectués par la revue ont mis en évidence que presque tous les tapis provoquent une contamination de l'air non négligeable durant parfois un mois après leur déballage.

Il peut s'agir d'émissions de composés organiques volatils, de formaldéhyde (au-delà de 200 ug/m3), de benzène (au-delà de 2 ug/m3), d'éthers de glycol ou d'ammoniac.

Certains tapis peuvent émettre jusqu'à 770 ug/m3 de teneur en composés organiques volatils et semi-volatils trois jours après leur déballage, et presque deux ou trois fois ce taux juste après leur déballage.

Surtout, la plupart des tapis nécessitent une exposition à l'air libre durant deux à trois semaines après leur achat.

Or, comme déjà souligné, cela n'est préconisé nulle part, ne figure pas sur une étiquette, n'est pas recommandé par le vendeur... et est la plupart du temps difficilement praticable : où exposer le nouveau tapis à l'air libre ?

A noter que si l'odeur de l'ammoniac est très désagréable, au-delà d'ailleurs de son réel danger pour la santé, la forte odeur de neuf d'un tapis émise par le phenylcyclohexine (sous-produit du solvant utilisé pour fixer les fibres) ne signale pas un danger pour la santé.

Si certains tapis peuvent être posés sans le moindre délai dans une chambre d'enfant ou dans un foyer comptant des allergiques sans dégager aucune pollution détectable, à l'autre extrême il existe aussi des tapis aux motifs décoratifs spécialement conçus pour les enfants mais qui nécessitent, sans que cela soit indiqué, un mois d'aération avant installation tant leurs émissions de composés organiques volatils et d'ammoniac sont intenses.