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Risques chimiques au quotidien : éthers de glycol et polluants de l'air intérieur. Quelle expertise pour notre santé ? Conclusions du rapporteur (tome 1)

 

B. L'AUTOMOBILE

1. L'habitacle des automobiles

· La pollution de l'auto

Une étude menée par l'INSERM, de mai à juillet 2007, à partir de deux véhicules équipés de capteurs, roulant l'un derrière l'autre, a permis de montrer, par comparaison avec des capteurs installés sur le parcours, que l'air est plus pollué dans l'habitacle des automobiles qu'à l'extérieur et que l'air était plus pollué dans l'habitacle de la voiture suiveuse que dans la voiture de tête.

Deux polluants majeurs ont été identifiés : les particules (PM) et le dioxyde d'azote (NO2). Or ceux-ci sont susceptibles de provoquer des gênes respiratoires et des troubles cardiaques. Alors qu'il ne faut pas dépasser 130 microgrammes d'azote par mètre cube d'air, le taux constaté dans cette étude a atteint souvent les 400 microgrammes par mètre cube et même 1700 microgrammes par mètre cube dans l'automobile située dans le sillage du pot d'échappement de la voiture de tête.

De plus, il convient de rappeler que, depuis la suppression du plomb dans les carburants automobiles, l'équilibre thermique du pot catalytique n'étant pas atteint sur de courtes distances et pendant une courte durée, les gaz d'échappement émettent du benzène, ce qui produit un effet contraire à celui recherché par ce nouvel équipement.

Déjà, de nombreuses publications allemandes s'inquiètent de l'élévation croissante des concentrations de benzène dans l'air des villes à fort trafic automobile. L'air d'aération des habitats urbains est donc de plus en plus chargé de benzène.

· L'auto-pollution

En plus de la pollution provenant de l'air extérieur, existent des pollutions générées par le véhicule lui-même, ses propriétaires ou ses passagers : émissions de COV des matériaux du véhicule neuf ou des produits utilisées pour le nettoyer, de particules diffusées par les circuits de climatisation et de chauffage plus ou moins bien entretenus sans parler des retardateurs de flamme divers imprégnant nombre des éléments de l'habitacle ou encore des comportements des passagers (tabagisme, usage de désodorisants d'intérieur) ou enfin des passagers eux-mêmes (désodorisants corporels, parfums, laques...) ou de leurs vêtements (récemment sortis du pressing, par exemple).

Enfin, la bonne odeur de neuf résulte, tout comme dans l'habitat, des émissions de matériaux, colles et solvants non encore dissipées. Le fait de devenir client ne doit pas priver du droit d'être informé sur la nature des substances émissives employées par le constructeur.