2. Les déterminants de la prise en charge de la perte d'autonomie

a) Quatre pathologies principales

L'analyse de la progression du nombre de personnes âgées qui devront être prises en charge au titre de la perte d'autonomie repose sur des hypothèses difficiles à définir , en grande partie fonction de l'évolution de l'espérance de vie en bonne santé des assurés sociaux ainsi que de la fréquence des affections à l'origine de l'apparition des problèmes de dépendance.

Lors de son audition par la mission 103 ( * ) , Etienne Grass a indiqué que le coût de la dépendance dépendra très largement à l'avenir de l' évolution de quatre pathologies : les accidents vasculaires cérébraux (AVC), l'arthrose, les problèmes coronariens ainsi que les démences.

La fréquence des trois premières devrait décroître, ce phénomène venant contrecarrer les effets négatifs du vieillissement de la population. En revanche, il est impossible de formuler des hypothèses fiables en ce qui concerne la prévalence des démences, dans la mesure où il s'agit de maladies neurodégénératives relativement complexes et présentant d'importantes spécificités.

Cette information est pourtant essentielle si l'on souhaite appréhender le coût de la perte d'autonomie, puisque plus de la moitié des personnes lourdement dépendantes sont atteintes d'un syndrome démentiel.

Par ailleurs, il convient de relever que le nombre moyen de pathologies dont souffre une personne s'élève avec la perte d'autonomie.


Un nombre moyen de pathologies qui s'accroît avec la perte d'autonomie

« En établissement d'hébergement pour personnes âgées, le nombre moyen de pathologies par patient augmente avec la perte d'autonomie. Les résidents très dépendants (Gir 1 et 2) cumulent huit pathologies, contre six pour les personnes peu ou pas dépendantes (Gir 5 et 6). La gravité des pathologies augmente également selon le niveau de dépendance. Les résidents des Gir 1 et 2 sont plus fréquemment atteints de démence (56 % d'entre eux) et d'incontinence urinaire (55 %) ; ceux des Gir 3 et 4 (modérément dépendants) souffrent surtout d'hypertension artérielle (HTA) et d'insuffisance cardiaque (respectivement 50 % et 31 %) ; enfin les patients classés en Gir 5 et 6 [sont affectés] d'HTA et de troubles d'anxiété (respectivement 55 % et 38 %). Les résidents atteints au moins d'un syndrome démentiel constituent une population plus sévèrement dépendante au plan des fonctions supérieures qu'au plan locomoteur. La consommation de médicaments apparaît quant à elle relativement peu liée au niveau de dépendance. »

Source : Drees, études et résultats n° 515 - Etude sur les pathologies et la perte d'autonomie
des résidents en établissement d'hébergement pour personnes âgées - août 2006 -

* 103 Audition conjointe du 16 janvier 2008 avec Hélène Gisserot.

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