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L'organisation de la recherche et ses perspectives en matière de prévention et de traitement de l'obésité

8 décembre 2010 : L'organisation de la recherche et ses perspectives en matière de prévention et de traitement de l'obésité ( rapport de l'opecst )
4. Les facteurs psychologiques

Les problèmes psychologiques et relationnels peuvent entraîner des modifications quantitatives et qualitatives dans la façon de manger, et ceci parfois à l'insu même de la personne qui peut ne pas avoir conscience de ce changement.

On mange aussi en excès pour étouffer des pensées, des émotions, des sentiments douloureux. Manger devient alors un moyen de ne pas penser, de masquer les problèmes. Certains spécialistes parlent du « mangeur émotionnel », qui utilise la nourriture pour se réconforter.

Ainsi, plusieurs études ont montré un lien entre des abus dans l'enfance (abus sexuels, violence) et un état d'obésité à l'âge adulte.

Par ailleurs, l'entretien clinique avec des patients souffrant d'obésité révèle souvent l'importance de certains facteurs psychologiques ou sociaux dans la constitution ou l'entretien de l'obésité tels que la perte d'emploi, le divorce ou encore le décès d'un proche.

De même, certains événements influençant l'équilibre émotionnel des individus tels que l'arrêt du tabac ou encore la grossesse peuvent coïncider avec le début de la prise de poids.

Comme faisait remarquer l'un de nos interlocuteurs, en raison de son faible coût et de sa grande disponibilité, la nourriture reste le meilleur antidépresseur. Manger procure un plaisir facile et immédiat, qui permet de combattre tout à la fois le vide interne, une insatisfaction globale, l'anxiété, un état de dépression.

Manger représente aussi une manière de dissimuler son agressivité et sa violence.

Les relations entre troubles émotionnels et obésité sont néanmoins symétriques. En effet, si les facteurs psychologiques peuvent conduire à l'obésité, cette dernière a également un impact sur l'équilibre psychologique de l'individu. L'obèse fait souvent l'objet d'une stigmatisation sociale qu'il finit par intérioriser : s'engage alors une dépréciation personnelle qui débouche sur une altération durable de l'image de soi.

Par conséquent, l'interprétation des statistiques portant sur les liens entre troubles émotionnels et obésité n'est pas aisée dans la mesure où les corrélations peuvent jouer dans les deux sens. Néanmoins, elles témoignent de la détresse psychologique de beaucoup d'obèses.

Ainsi, un obèse sur quatre souffre d'un trouble mental (dépression, trouble bipolaire, schizophrénie). En outre, si 5 % de la population française souffrent de dépression, ils sont 30 % parmi les personnes obèses.