B. VERS UNE TERRITORIALISATION DES INÉGALITÉS ?

La montée des inégalités sociales, la formation d'une oligarchie de la fortune et du patrimoine ont-elles trouvé une traduction territoriale, ce qui marquerait la fin de la mixité sociale et, dans les faits sinon en droit, celle de la « République indivisible » ? Telle est la question qui divise les experts es territoires, leurs conclusions dépendant largement de leur méthodologie.

Quelle que soit la réponse, il est clair que c'est le phénomène de métropolisation qui sert désormais de pôle d'attraction de la recomposition sociale et territoriale avec, d'un côté ceux qui en bénéficient, de l'autre ceux qui en pâtissent, la « France périphérique ».

1. La « construction sociale des territoires »

Dans un article publié par Slate (03 avril 2017) Henri Mendras fait apparaître par une série de cartes, la « construction sociale » des territoires qui, selon lui est en cours, autrement dit la traduction territoriale des distinctions de classes et de revenus.

a) Les classes supérieures et moyennes supérieures

Les classes supérieures et moyennes supérieures, les cadres, ont investi ce qu'on appelait dans les années 1960 les « villes de commandement » : métropoles et grandes villes, villes universitaires et administratives importantes.

Sont concernées toutes les capitales des 21 anciennes régions auxquelles s'ajoutent Grenoble, Nice, Angers, Tours et des villes de l'Est.

Alors que la proportion de cadres y dépasse souvent 20 % 211 ( * ) , elle chute à moins de 2 % dans de nombreuses zones rurales.

Paris et sa première couronne sont évidemment particulièrement attractifs pour la classe dirigeante

Loin de ralentir, le processus s'accélère comme on le voit sur l'exemple de Paris et de deux des métropoles de province, Lyon et Toulouse :

Rejetant à l'extérieur les catégories populaires par un prix des loyers et du foncier hors de leur portée, la métropole ne conserve que celles dont elle a besoin : des immigrés non formés qui exercent des métiers sans qualification au sein d'un parc HLM en périphérie ; et les « key workers » (ceux qui assurent le service public mais dont les salaires ne leur permettent pas de se loger dans le privé), dans le parc HLM des centres villes en général.

Résultat : en France, deux tiers des ménages vivant sous le seuil de pauvreté habitent dans les zones les plus denses des grandes villes.

Étrange situation qui rappelle celle des grandes cités des pays autrefois appelés « sous- développés » où l'extrême richesse côtoie une pauvreté abyssale.

Selon une récente étude de l'Institut-Elabe, c'est dans ces métropoles que se concentrent 60 % de Français « affranchis », dont le revenu est de 20 % supérieur à la moyenne et qui bouclent facilement leurs fins de mois (75 %), à l'aise avec le numérique (95 %), attachés à l'UE (75 %) et optimistes quant à leur avenir et celui de la société.

Au premier tour des présidentielles 42 % ont voté Emmanuel Macron.

Ces « affranchis » représentent 21 % de la population selon l'étude.

b) Les classes moyennes (professions intermédiaires)

Si les classes moyennes - « professions intermédiaires » - sont, elles aussi, urbaines et résident en banlieue, elles sont moins sélectives dans leurs choix, résidant en première couronne des métropoles et dans les quartiers centraux des villes moyennes.

À noter cependant que la concentration urbaine de ces classes moyennes est moindre que celle des catégories supérieures puisque la proportion des professions intermédiaires dans la population active varie seulement du simple au triple entre le rural profond et les grandes villes.

Le problème c'est qu'on ignore comment se répartit cette classe moyenne entre le rural profond et les grandes villes. La formulation elle-même laisse penser qu'une partie d'entre elle (il suffit de regarder la carte) est dispersée sur l'ensemble du territoire. Les classes moyennes et supérieures ayant investi les villes, les classes populaires vivent essentiellement à la campagne, et tout particulièrement les ouvriers. Leur proportion augmente avec la distance à la grande agglomération la plus proche.

Ils se concentrent ainsi aux limites des départements voisins de métropoles où ils forment parfois plus de 40 % des actifs.

Grande différence avec le XIX e siècle où les ouvriers habitaient essentiellement dans les villes.

Le XX e siècle a progressivement repoussé ces « classes dangereuses » vers les faubourgs, puis les cités.

Aujourd'hui elles sont rejetées aux marges du territoire avec cette nuance qu'au sud d'une ligne Bordeaux-Grenoble, les ouvriers ont été largement remplacés par des techniciens ayant une formation et un salaire supérieurs, ce qui les range dans la classe moyenne.

Le premier problème posé par cette répartition territoriale, c'est que les ouvriers sont censés représenter la totalité des classes populaires, notamment les employés.

Le second problème c'est que les professions agricoles ont disparu.

Les classes populaires constituent le gros des effectifs des 25 % de Français « assignés » (sous- entendu, à résidence) dans l'enquête de l'Institut Montaigne.

Leur revenu qui se dégrade est inférieur de 15 % à la moyenne, ils ont des fins de mois difficiles (72 %) et se disent très majoritairement pessimistes sur leur avenir comme sur celui de la société.

Aux dernières élections présidentielles 37 % ont voté Marine Le Pen et 29 % se sont abstenus, 34 %, contre 22 % en moyenne, se sont dit « Gilet jaune ».

2. France périphérique versus France des métropoles
a) La France des aménageurs

Du constat du poids économique, démographique et donc politique des grandes unités urbaines bénéficiaires de la libéralisation économique et financière, au fil de ce demi-siècle, les « experts » chargés de dire l'avenir du territoire, puis le pouvoir politique, en sont venus à l'idée que c'était à partir de ce qui allait devenir par la grâce de Nicolas Sarkozy (Loi n° 2010-1563 du 16 décembre 2010 de réforme des collectivités territoriales dite RCT) puis de François Hollande (Loi du 27 janvier 2014 de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles, dite « loi MAPAM »), les métropoles, qu'il fallait penser le pays et repenser son organisation territoriale.

Au final, le statut de chaque collectivité serait définissable en fonction de son degré d'urbanité et de sa distance à un pôle métropolitain ou, faute de mieux, la France n'étant pas encore parfaitement moderne, ce qui en tient lieu.

Comme on le verra les lois RCT, MAPTAM et NOTRe, qui parachève l'édifice, auront pour fonction l'accélération du mouvement.

« Puisque la concentration est inévitable, alors multiplions les lieux de concentration » écrit dès 2001, l'inventeur du « polycentrisme maillé », Jean Louis Guigou (époux d'Élisabeth Guigou, ancienne Garde des Sceaux), alors délégué de la Délégation interministérielle à l'aménagement du territoire et à l'attractivité régionale (DATAR), avant de devenir Inspecteur général de l'Éducation nationale pour cause d'alternance (Rapport au Conseil d'analyse économique La documentation française). L'opération prendra le nom d' « approfondissement » de la décentralisation, ce qui est un abus de langage.

Morceaux choisis :

« La question du territoire local de l'action publique est désormais posée. Elle peut être envisagée sous la forme d'ajustements à la marge, s'inscrivant ainsi dans une certaine tradition politique ou administrative française. Ou bien prendre la forme d'un véritable approfondissement de la décentralisation. Dans ce cadre, il s'agirait alors d'une réforme territoriale permettant l'émergence d'un nombre réduit de collectivités de base, issu du processus intercommunal en cours... La voie suggérée conduirait à réintégrer sur un territoire pertinent et doté de l'homogénéité institutionnelle, la compétence comme habilitation à administrer, l'autorité élue au suffrage universel direct pour la mettre en oeuvre et le pouvoir fiscal propre pour lui en donner les moyens autonomes. »

« Accompagnant la recomposition du territoire de l'action publique, la région apparaît comme le niveau d'articulation le plus à même de valoriser les réseaux de croissance et de solidarité, rendant possible une adaptation des politiques publiques permettant de prendre en compte la variété des territoires...La question de la pérennité du département et de son articulation avec les autres niveaux est, dans ce contexte posée... » 212 ( * )

L'avenir du pays dépendant des locomotives métropolitaines, le temps des restrictions budgétaires étant venu avec la crise, il apparut aux stratèges officiels qu'il n'était plus possible à l'État de soutenir et les métropoles et le reste du territoire: « La nécessité de soutenir la croissance des territoires à forts avantages comparatifs [ la recherche de compétitivité dans les zones déjà les plus riches], d'une part, écrit Laurent Davezis, et l'obligation de solidarité en faveur des grands perdants de cette mutation [imposée par la crise], d'autre part, risquent fort d'épuiser les marges, déjà réduites de l'action gouvernementale. Dans ce contexte très tendu, il n'est pas douteux que ce dilemme va remettre en question la notion même d'égalité territoriale qui a été unanimement plébiscitée dans les années passées. » 213 ( * )

Du constat d'un divorce géographique entre les forces de production et les dynamiques de développement, entre les lieux de croissance (au sens classique) et ceux du bien-être, on passe donc à l'idée que les seconds, effets des mystérieux « amortisseurs sociaux », vivent en parasites des premiers. ( voir annexe 1 de cette partie)

Et quand l'argent se fait rare, plus moyen d'avoir le beurre et l'argent du beurre, le développement, la compétitivité et le bien-être au pays. Comme disait Nicolas Sarkozy aux maires du Cher réunis à Saint-Amand Montrond, le 1 er février 2011 : « Si vous voulez qu'on fasse plus de TGV, on ne peut pas garder le bureau de poste pour tout le monde ouvert avec, vous savez (le préposé) à la casquette au liseré jaune qui dit « mon métier c'est la poste et pas le service public ».

b) Y a-t-il une « France périphérique » ?

D'évidence, le biais le plus important introduit par cette première forme de représentation des territoires, centrée sur les métropoles, c'est de faire disparaître l'essentiel : les habitants et les collectivités rurbaines du continuum périurbain, des villes moyennes ou petites et des zones rurales qui, par-delà leurs différences, ont plus de problèmes communs qu'ils n'en ont avec les métropoles, notamment en termes d'accès aux services public.

Christophe Guilluy appellera cet ensemble : la « France périphérique » : « La distance à une ville mondialisée, dit Christophe Guilluy, donne la mesure de cette géographie sociale. Face aux métropoles mondialisées émerge une " France périphérique" majoritaire, constituée de territoires périurbains, ruraux, industriels mais aussi de petites et moyennes villes. Le séparatisme est une des dimensions de cette nouvelle géographie sociale. »

Ces territoires, nous dit Guilluy, cumulent les fragilités :

- Service public en retrait (et donc diminution de l'apport des salaires des fonctionnaires dans le tissu économique local) ;

- Distance des pôles universitaires ayant des impacts sur le devenir des enfants ;

- Nécessité de la voiture personnelle pour se déplacer ;

- Zone de faible création d'emplois et de très faible création d'emplois qualifiés ;

- Ascension sociale quasi nulle alors que les habitants des quartiers HLM des métropoles voient certains d'entre-eux s'élever à la classe moyenne 214 ( * ) .

Il faut cependant se méfier d'une vision par trop globale de ces territoires. Ainsi la carte ci-joint en visualisant ces fragilités sur l'ensemble de l'hexagone, donne une représentation unifiée de territoires par ailleurs très divers.

L'usage de critères agrégés expose aussi à ce biais.

Ainsi, l'Île-de-France qui figure parmi les zones les moins fragiles connaît-elle un taux de pauvreté (15,6 %) supérieur d'un point au taux moyen français ; en Seine-Saint-Denis il est double de ce taux moyen. Seuls les Hauts-de-Seine présentent un taux inférieur à la moyenne.

À noter enfin que le taux de pauvreté augmente dans la plupart des départements d'Île-de-France, alors qu'il baisse dans nombre de départements ruraux (Creuse, Haute Corse, Corrèze, Cantal, Lot, etc.).

D'où la question : l'existence de métropoles privilégiées et de problèmes communs ailleurs justifient-ils pour autant, comme le fait Guilluy, de regrouper cet ensemble, soit 80 % de la population sous la commune étiquette de « France périphérique » ?

Le rabot de la mondialisation et des bureaucraties bruxelloise et nationale aurait-il fait que la France ne se nomme plus diversité, pour reprendre l'expression de Braudel ? 215 ( * )

Certainement pas, et pour calmer les ardeurs captatrices des métropoles qui ont l'oreille des responsables politiques et des bureaucrates d'État, ce serait commettre une erreur symétrique à celle qui vient d'être dénoncée que de passer par pertes et profits la diversité territoriale dont le génie français, à travers les collectivités locales, a su tirer parti.

Ainsi, l'enquête de l'Institut Montaigne retient-elle la catégorie des Français « enracinés » (22 % de la population), dont la moitié vit dans une commune rurale ou dans une petite agglomération et qui, « heureux au pays » ou dans leur quartier, n'entendent pas changer de résidence.

Comprenant beaucoup de retraités, très souvent propriétaires de leur logement (75 %) disposant de revenus moyens, n'ayant pas de problèmes de fin de mois et ayant voté prioritairement Fillon ou Macron aux dernières présidentielles, ils se disent optimistes.

L'importance des fragilités est rendue selon la profondeur du bleu. Les parties violet clair renvoyant à un niveau faible sont les plus nombreuses aux alentours des villes et d'autant plus étendues que les agglomérations sont importantes.

Quant à la quatrième catégorie, retenue par l'Institut Montaigne, les Français « sur le fil » - ceux dont les revenus sont un peu inférieurs à la moyenne et qui ont des problèmes majeurs de fin de mois - qui rassemble un tiers de la population (32 %), ils sont dispersés sur l'ensemble de l'hexagone, avec une surreprésentation dans les Hauts-de-France et le Centre-Val de Loire.

La structure sociale de cette catégorie est proche de celle de la France. Ses membres sans préférence partisane spécifique sont à 32 % des adeptes de l'absentéisme électoral ou du vote blanc.

Au final, si on note bien une territorialisation des inégalités sociales, elle s'observe essentiellement au niveau des métropoles, de leur première couronne et de certains quartiers (principalement centraux) des villes moyennes où se concentrent les classes supérieures et moyennes supérieures.

Pour le reste du territoire, avec des spécificités liées à l'Histoire (naufrage de l'industrie dans la France du Nord et de l'Est ; effet de l'hélio-thalasso tropisme sur la côte atlantique ou méditerranéenne ; attachement régionaliste, notamment en Bretagne...), il serait hasardeux de lier trop strictement situation sociale et lieu de résidence.

C'est d'ailleurs l'une des interprétations que l'on peut donner d'une des conclusions de l'étude de l'Institut Montaigne :

« Le Baromètre des Territoires révèle que les fractures sociales sont plus déterminantes que les fractures territoriales pour comprendre les parcours de vie des Français. Ces fractures sociales divisent la société française qui se retrouve éclatée en quatre grandes familles qui se côtoient, voire se croisent assez largement au sein des mêmes territoires. Apparaît ainsi l'image d'une France en morceaux, qui expriment pourtant un commun attachement à la France et, à travers cet attachement, l'envie ou l'espoir d'un destin commun. »

Sauf qu'une construction intellectuelle à partir de réponses à des questions, forcément disparates, ne peut guère produire autre chose qu'un modèle juxtaposant des morceaux 216 ( * ) . Cette approche est tout aussi biaisée que celle qui classe les territoires en fonction de leur distance à une métropole.

La société française n'est pas « fracturée » mais plus inégalitaire et oligarchique que jamais depuis la Libération. En tous cas, si elle l'est c'est d'abord sur le plan social.

Pour conclure ce chapitre, disons que ce qui est incontestable, c'est l'éviction des classes populaires et moyennes inférieures des grandes villes et la « gentrification » de celles-ci, sous l'effet de la spéculation foncière, comme on l'a vu, et le développement autour d'elle d'un halo urbain par une sorte de tamisage social de plus en plus fin, à mesure qu'on s'éloigne du centre.

La constitution de véritables bastions des « élites » de la fortune et du pouvoir réel accentue évidemment le caractère oligarchique de l'évolution sociale, donnant un fondement à la théorie populiste d'une coupure entre les dominants, « eux », et le peuple, « nous ».

Si la principale explication est évidemment le prix du foncier et des loyers, passé le premier cercle du halo banlieusard, entre aussi en ligne de compte le rêve pavillonnaire qui travaille depuis longtemps la classe moyenne et la classe ouvrière supérieure, comme on l'a vu pour l'Angleterre en guerre de George Orwell.

Outre la coupure de classe, dont les effets politiques sont, à terme, ravageurs, un autre effet pervers de cette évolution - comme on commence à le voir à Paris - c'est la transformation, Airbnb aidant, de certaines capitales, grandes villes ou villes moyennes au passé prestigieux, en musées.

Par contre, l'effet positif du phénomène, c'est la revitalisation démographique de nombreuses communes, notamment rurales qui y ont puisé un nouvel élan. La rurbanisation d'espaces autrefois strictement ruraux en perte de vitesse explique pour beaucoup la vitalité des communes moyennes et rurales de ces dernières années.

Le problème, c'est qu'au lieu d'accompagner cet élan porteur, en même temps qu'il se défaussait en faveur des marchés de l'équipement des territoires et de la responsabilité des services indispensables à leur vie, l'État a paralysé les acteurs publics locaux par ses réformes de l'organisation territoriale et par ses ponctions sur les ressources - notamment fiscales - des collectivités.

Au lieu de s'appuyer sur la vitalité communale et départementale, il les a paralysées, en superposant à une organisation territoriale française imposée par deux siècles d'Histoire, un modèle d'organisation d'origine et à finalité strictement idéologique, comme on le verra un peu plus loin.

Au final donc, ce qui rend quasi impossible une représentation simple du territoire, c'est que le phénomène métropolitain associé au désengagement de l'État et à la marchandisation du service public, est venu perturber l'organisation territoriale française classique, faite d'un réseau enchevêtré de collectivités de toutes tailles.

Une situation complexe, produit de la géographie et de l'Histoire que les réformes de ces dix dernières années, bousculant le modèle classique sans le remplacer par une organisation nouvelle efficiente, n'ont fait que compliquer encore.

Le meilleur exemple c'est évidemment la réorganisation ni faite ni à faire de la région qui en aurait le plus besoin, l'Île-de-France.

Voyons donc, plus en détail, ces deux questions fondamentales que sont le service public et la « modernisation libérale » de l'organisation territoriale, de ces dix dernières années.


* 211 Toutes les données sont en % de la population active (25 à 55 ans), en 2013, date du dernier recensement publié.

* 212 On aura compris que la « décentralisation » façon Guigou et autres, est le contraire de la décentralisation façon Deferre et Mitterrand de 1982-1983 : donner le pouvoir aux élus locaux pour stimuler le développement local sous toutes ses formes. Une notion politique et non administrative.

* 213 Contribution au rapport Vers l'égalité des territoires publié à la Documentation française (2013). Laurent Davezis, précédemment connu pour ses travaux sur « l'économie présentielle » était alors professeur au CNAM.

* 214 En novembre 2015, une note gouvernementale confirmait que « les chances d'ascension sociale des individus d'origine populaire (soit les enfants d'ouvriers et d'employés) variaient du simple au double selon leur département de naissance ». En effet, l'ascenseur social fonctionne mieux en Île-de-France qu'en Picardie ou dans le Nord-Pas-de Calais et la part des enfants d'ouvriers et d'employés devenus cadres ou ayant une profession intermédiaire varie presque du simple au double selon le département de naissance : 24,7 % dans l'Indre et la Creuse, contre 47 % à Paris, par exemple.

* 215 In « Identité de la France »

* 216 C'est ce à quoi parvient aussi Jérôme Fourquet dans son livre « L'archipel français », 2019

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