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Séance du 24 novembre 2015 (compte rendu intégral des débats)

Mme Michèle André, présidente de la commission des finances. Je le confirme !

M. Albéric de Montgolfier, rapporteur général de la commission des finances. La commission des finances ne souhaite donc pas aller au-delà, afin de conserver cet équilibre. C’est pourquoi elle émet un avis défavorable sur ces amendements.

Mme la présidente. Quel est l’avis du Gouvernement ?

M. Christian Eckert, secrétaire d'État. Je souhaite seulement apporter quelques précisions, mesdames, messieurs les sénateurs. C’est vrai, le Gouvernement – de même d’ailleurs que, in fine, le Parlement – a autorisé l’année dernière un prélèvement sur les trésoreries des chambres consulaires. Il a parallèlement plafonné les ressources de ces chambres, mais sans en tirer profit, si j’ose dire, puisque les cotisations ont baissé à due concurrence. Les entreprises ont donc vu leurs cotisations diminuer, modestement compte tenu des volumes, je le concède, mais il n’y a pas eu d’écrêtement au profit du budget de l’État.

Je confirme donc ce que vous avez dit, monsieur Kern, à savoir que ces amendements ne tendent pas à dégrader le solde du budget de l’État, puisque, comme l’année dernière, le Gouvernement prévoit un plafonnement conduisant à une diminution des cotisations. Ainsi, l’adoption de votre amendement conduirait à une augmentation des recettes des CCI et à une hausse des prélèvements obligatoires puisque la disposition proposée reviendrait à augmenter, ou en tout cas à ne pas diminuer, les cotisations des entreprises.

Cela n’a donc pas d’impact sur le solde de l’État, mais les entreprises paieraient les 130 millions d’euros sous-entendus dans l’objet de votre amendement, monsieur Canevet, ou les 13 millions d’euros, que vise M. Kern. Que les choses soient bien claires !

Ce débat est ainsi différent de celui que nous avons eu précédemment avec Mme des Esgaulx. Soyons honnêtes : tout à l’heure, la mesure proposée dégradait le solde budgétaire de l’État,…

M. Christian Eckert, secrétaire d'État. … parce que le supplément de recettes était affecté au budget général ! (Mme Marie-Hélène Des Esgaulx proteste. – Exclamations amusées de M. Roger Karoutchi.) En l’espèce, en revanche, les mesures proposées ne dégradent pas le solde budgétaire, car le supplément de recettes serait financé par les cotisations des entreprises. Cela me semble relativement simple à comprendre.

Le Gouvernement avait effectivement prévu des prélèvements supplémentaires substantiels par rapport à ce qui a été voté in fine par l’Assemblée nationale. En effet, il avait retenu une diminution de 150 millions d’euros, mais vos collègues députés ont ramené celle-ci à seulement 130 millions d’euros – on peut estimer que c’est déjà beaucoup –, tout en instaurant un fonds de péréquation de 20 millions d’euros pour les chambres qui feraient face à des difficultés – il y en a quelques-unes, notamment les petites chambres de commerce et d’industrie de province, et ces propos n’ont évidemment aucun caractère péjoratif.

Pour toutes ces raisons, le Gouvernement est défavorable à ces deux amendements représentant respectivement une moindre diminution de 130 millions d’euros ou de 13 millions d’euros.

Mme la présidente. La parole est à M. Roger Karoutchi, pour explication de vote sur l’amendement n° I-218 rectifié bis.

M. Roger Karoutchi. Je ne suis pas, pour ma part, un fanatique des CCI, pour diverses raisons, notamment à cause de la façon dont elles fonctionnent en Île-de-France.

Néanmoins, au-delà du problème de l’incidence sur le solde budgétaire de l’État, des prélèvements exceptionnels de 700 millions d’euros en deux ans et une baisse de 35 % de leurs ressources affectent le fonctionnement même des CCI, monsieur le secrétaire d'État ! On ne peut pas leur dire, comme nous le faisons par exemple en Île-de-France, de s’impliquer davantage avec la région dans la vie économique, dans le sauvetage d’entreprises, ou encore dans le soutien à l’attractivité du territoire et, en parallèle, regarder tranquillement fondre leur capacité financière.

En outre, les CCI d’Île-de-France ont la responsabilité de tout un réseau de grandes écoles, avec ce que cela implique comme soutien de notre part, les collectivités, pour que les élèves puissent payer les frais d’inscription.

Sans doute, je comprends que cela ne touche pas au solde du budget de l’État, mais cela touche à l’action elle-même des chambres. Celles-ci finiront par nous dire que, certes, elles nous aiment beaucoup, nous, les collectivités, mais qu’elles n’ont pas les moyens de s’impliquer davantage dans la vie économique de la région, comme nous le demandons. On aboutira alors à une gestion corporatiste des entreprises, sans implication plus importante dans la vie économique. En effet, en Île-de-France, par exemple, on demande aux CCI d’être actives dans Paris Europlace ou dans le soutien aux activités financières et aux grandes écoles.

Aussi, quoi que l’on pense des réformes nécessaires des CCI, je peux comprendre que celles-ci disent à un moment « halte au feu ! ». La brutalité, plus que la continuité de ces mesures, rend leur tâche très difficile. En effet, vous ne pouvez pas dire que des prélèvements de 700 millions d’euros en deux ans et qu’une baisse de 35 % de leurs ressources en trois ans soient des mesures progressives ! De telles pratiques affectent aujourd’hui négativement l’activité des CCI, et donc leur implication dans l’activité économique, notamment en Île-de-France, mais aussi dans tout le pays.

M. Loïc Hervé. Tout à fait !

Mme la présidente. La parole est à M. Jacques Chiron, pour explication de vote.

M. Jacques Chiron. Je me permets de rappeler que si nous avons décidé, l’année dernière, un prélèvement de 500 millions d’euros, c’est parce que les recettes des taxes affectées aux CCI augmentent à chaque fois que le territoire sur lequel elles sont implantées connaît une dynamique économique positive. Les réserves de trésorerie de certaines CCI avaient fini par représenter jusqu’à douze mois de budget !

M. Roger Karoutchi. Et celles du Centre national du cinéma ?

M. Jacques Chiron. Connaissez-vous des entreprises qui disposent de douze mois de réserves de trésorerie ? Les réserves des CCI augmentaient donc au rythme de la dynamique économique, mais leur périmètre d’intervention restait inchangé. Conséquence : elles thésaurisaient. Et que thésaurisaient-elles ? Les recettes issues de taxe à la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises.

Ce qui est proposé, c’est de mettre en place un plafond, qui permettra précisément, par la suite, de réduire le taux de la taxe. Qui profitera de cette réforme ? Ce sont les entreprises ! Ce n’est pas l’État, comme monsieur le secrétaire d’État l’a très bien dit.

Mme Michèle André, présidente de la commission des finances. Bien sûr !

M. Roger Karoutchi. Je n’ai jamais prétendu le contraire !

M. Jacques Chiron. Il est donc important, comme nous l’avons fait sur le CICE et sur d’autres taxes, d’empêcher que la hausse de la valeur ajoutée des entreprises n’augmente une réserve de trésorerie dont les CCI n’ont pas besoin, puisque leur périmètre d’intervention reste inchangé.

Si vous maintenez le niveau de la taxe, nous assisterons simplement, en quelques années, à une reconstitution de ces réserves de trésorerie qui représenteront bientôt neuf mois de budget, puis douze, quatorze, et ainsi de suite.

Il s’agit précisément de réguler cette progression, afin de permettre une meilleure gestion des CCI. Les plus anciens d’entre vous, mes chers collègues, ont d’ailleurs, en 2010, voté une loi relative aux réseaux consulaires visant à promouvoir une restructuration, une rénovation et une réduction des coûts des CCI.

M. Roger Karoutchi. Bien sûr !

M. Jacques Chiron. Les chambres de métiers l’ont fait et assumé. Les CCI sont restées sur leur périmètre d’intervention. (Protestations sur les travées de l’UDI-UC et du groupe Les Républicains.).

M. Claude Kern. Ce n’est pas vrai !

M. Loïc Hervé. Pas chez nous !

M. Jacques Chiron. Nous connaissons aussi bien que vous les CCI de nos territoires, mes chers collègues. Nous savons selon quelles modalités l’accord a été négocié, à l’échelle tant régionale que nationale.

M. le rapporteur général l’a très bien rappelé : cet accord n’est pas le fruit d’une décision unilatérale du Gouvernement ou des assemblées, mais d’une discussion avec CCI France.

Indépendamment de quelques grosses CCI locales, dans leur grande majorité, les CCI l’ont approuvé : c’est d’ailleurs la conclusion du vote sur internet qui a eu lieu à la demande de CCI France. (M. Jean-Louis Carrère applaudit.)

Mme la présidente. La parole est à M. Richard Yung, pour explication de vote.

M. Richard Yung. Mon groupe suivra l’avis émis par M. le rapporteur général, au nom de la commission des finances. La réforme sur laquelle ces amendements visent à revenir résulte en effet d’un accord entre les chambres de commerce et le Gouvernement. (Exclamation amusée de M. Roger Karoutchi.) Oui, monsieur Karoutchi, pour une fois, il s’agit d’un accord ! (Sourires.)

M. Roger Karoutchi. Pour une fois ! (Sourires.)

M. Richard Yung. Pourquoi donc le remettre en cause ? Les prélèvements successifs des deux dernières années ont été décidés parce que les chambres de commerce et d’industrie étaient à la tête de fonds de roulement qui pouvaient s’élever, comme l’a dit Jacques Chiron, à plus de deux cents jours !

Mes chers collègues, tous ceux parmi nous qui ont dirigé des entreprises ou géré des organismes de ce genre savent que quatre-vingt-dix jours de fonds de roulement suffisent largement. Certaines CCI disposaient donc du double des réserves nécessaires.

Ces recettes sont d’ailleurs prélevées sur la valeur ajoutée des entreprises. Elles ont augmenté de plus de 40% en dix ans ! La baisse de la taxe se fait donc au bénéfice des entreprises contributrices.

Nous revenons simplement à quelque chose de raisonnable.

Nous avons en outre demandé aux chambres de commerce et d’industrie de rationaliser leur mode de gestion. La plupart le font progressivement, à travers notamment la régionalisation, et les choses, d’une façon générale, se passent plutôt bien, malgré quelques résistances.

Quoi qu’il en soit, les CCI n’ont pas besoin qu’on ajoute 130 millions d’euros à leur budget.

M. Claude Kern. On ne les « ajoute » pas !

Mme la présidente. La parole est à M. Michel Raison, pour explication de vote.

M. Michel Raison. Chacun a tendance à raisonner en fonction de la qualité de gestion de la chambre de commerce qu’il connaît. Comme pour tout débat, gardons-nous de la généralisation ! Certaines chambres de commerce et d’industrie sont bien gérées, d’autres souffrent.

Un accord national a été signé, certes. Cela ne veut pas dire que nous perdions le droit de nous exprimer ! À ce compte, nous pourrions aussi bien, dès qu’un accord est conclu quelque part, dissoudre l’assemblée !

M. Jean-Louis Carrère. Ce n’est pas ce qui a été dit !

M. Michel Raison. Nous avons le droit de nous exprimer et de mener nos propres réflexions : nous sommes là pour ça !

Ce que viennent de vivre les CCI – j’aurai l’occasion tout à l’heure de parler des chambres d’agriculture – s’apparente à un cambriolage de leurs réserves. (Exclamations sur les travées du groupe socialiste et républicain.)

M. François Marc. Il s’agit d’argent public !

M. Michel Raison. Certes, monsieur le secrétaire d’État, cette réforme n’a pas d’effets sur le solde de l’État, mais elle en a sur le taux de prélèvements obligatoires !

L’État impose aux collectivités territoriales et aux chambres consulaires des efforts qu’il ne parvient même pas à s’imposer à lui-même en matière d’économies de personnel et de frais de fonctionnement – malgré certains progrès, réels mais insuffisants. La tâche est ainsi beaucoup plus simple !

Je voterai donc en faveur de ces amendements. (Applaudissements sur quelques travées du groupe Les Républicains. – Exclamations sur les travées du groupe socialiste et républicain.)

M. Jean-Louis Carrère. Ça, c’est du lobbying !

Mme la présidente. La parole est à M. Claude Bérit-Débat, pour explication de vote.

M. Claude Bérit-Débat. Comme l’a fait Jacques Chiron, il faut rappeler le passé.

La réforme des réseaux consulaires a obligé les CCI à se restructurer, en particulier à se régionaliser : les CCI locales ont dû transférer leurs compétences et leurs moyens à l’échelon régional. De quand date cette réforme ? De 2010. De là aussi date le casse des petites CCI, cher M. Raison !

Jean-Claude Lenoir et moi-même sommes auteurs d’un rapport d’information que nous avons présenté au terme d’un audit et d’une consultation de l’ensemble des CCI. Nous entretenons depuis lors des relations privilégiées avec celles-ci. Lorsque nous examinons ce qui concerne leur budget dans le projet de loi de finances, elles viennent d’ailleurs nous voir.

Je crois donc pouvoir dire que l’ensemble des CCI, par la voix de leur tête de réseau, sont favorables à l’accord qui a été trouvé. Restons-en là, puisque tout le monde est satisfait.

Certes, comme l’a dit Jacques Chiron, un certain nombre de CCI importantes, riches, souhaiteraient aller plus loin.

Je rappelle quand même que, l’an dernier, nous avions assorti le prélèvement sur le fonds de roulement d’une dérogation pour les CCI qui pouvaient prouver qu’elles menaient des projets d’investissements structurels importants et bien ficelés. Un grand nombre de CCI ont été, à ce titre, en partie exonérées de ce prélèvement. Elles étaient, à l’époque, relativement satisfaites de la décision que nous avions prise. (Applaudissements sur certaines travées du groupe socialiste et républicain.)

Mme la présidente. La parole est à M. Michel Canevet, pour explication de vote.

M. Michel Canevet. Nous n’enlevons rien aux CCI : il s’agit simplement de leur permettre de continuer à fonctionner avec les moyens dont elles disposent aujourd’hui.

Claude Bérit-Débat vient d’évoquer les dérogations prévues l’année dernière aux prélèvements sur les chambres de commerce et d’industrie, au titre du financement d’investissements structurels antérieurement agréés.

Le rôle des CCI est extrêmement important, s’agissant, par exemple, de la gestion d’équipements structurants, de ports de commerce, d’aéroports, de centres de formation. Ce rôle exige qu’elles disposent de moyens à la hauteur de leurs attributions. Ce n’est pas le cas. C’est leur existence même qui est donc mise en péril ! (Protestations sur les travées du groupe socialiste et républicain.)

Je prends l’exemple des chambres d’agriculture bretonnes – le traitement qu’elles subissent est comparable à celui qui est réservé aux CCI. Au titre du budget pour 2016, celles des Côtes-d’Armor, du Morbihan et d’Ille-et-Vilaine perdent respectivement 784 000 euros, 366 000 euros, 840 000 euros, tandis que celle du Finistère gagne 31 000 euros. Voilà les conséquences !

En Bretagne, les CCI ne parviennent ni à équilibrer leurs comptes ni à trouver d’accord sur la gestion du réseau consulaire. Le président de la chambre régionale de commerce et d’industrie a fini par présenter sa démission au préfet de région, devant l’impossibilité de réunir les moyens nécessaires au fonctionnement des CCI. La mission de ces dernières relève pourtant de la priorité nationale : elle consiste à irriguer l’ensemble du territoire pour y favoriser le développement économique.

La politique menée revient à entraver totalement la capacité des chambres consulaires à jouer ce rôle, absolument nécessaire, d’accompagnement des entreprises.

Cela étant dit, madame la présidente, je retire l’amendement n° I-218 rectifié bis.

Mme la présidente. L’amendement n° I-218 rectifié bis est retiré.

La parole est à M. Éric Doligé, pour explication de vote sur l’amendement n° I-407 rectifié.

M. Éric Doligé. Ce n’est pas parce qu’un accord a été signé que les chambres sont satisfaites ! Elles sont pour la plupart sous tutelle. Lorsque l’on passe un accord avec sa tutelle, en général, on finit par accepter la solution proposée, mais cela ne signifie pas que l’on est satisfait.

Michel Canevet l’a indiqué très clairement : lorsque nous rencontrons des représentants de notre chambre de commerce et d’industrie, de notre chambre d’agriculture ou de notre chambre de métiers, ils nous disent tous que ces organismes sont en grande difficulté financière, et que leurs difficultés continuent d’augmenter cette année.

Ne dites pas qu’elles sont satisfaites ! Dites qu’elles ont fini par signer un accord parce qu’elles n’avaient pas d’autre solution, sous peine d’être ponctionnées encore davantage, et de se retrouver dans une situation encore plus difficile.

Nous le constatons au plan local, elles abandonnent toutes, quel que soit le réseau consulaire auquel elles appartiennent, des actions importantes sur leurs territoires respectifs.

Je rappelle en outre qu’un certain nombre de départements qui soutenaient l’action des chambres de commerce et d’industrie, des chambres d’agriculture et des chambres de métiers ne pourront plus le faire : la loi NOTRe le leur interdit. L’avenir des chambres consulaires est donc très incertain.

M. Michel Canevet. Tout à fait !

M. Éric Doligé. Elles vont perdre encore une partie de leurs recettes. Et vous leur faites dire qu’elles sont très satisfaites !

De belles opérations étaient en cours et ont dû être abandonnées. Je connais une chambre de commerce et d’industrie qui avait constitué des réserves destinées au financement d’un projet véritablement structurant. Ces réserves ayant été en grande partie ponctionnées, le projet est totalement abandonné, faute de moyens pour le mener à bien.

Les chambres consulaires ne sont pas satisfaites : elles signent un accord, c’est tout !

Mme la présidente. La parole est à M. Marc Laménie, pour explication de vote. (Exclamations.)

M. Marc Laménie. Nous avons tous le droit de nous exprimer, dans la limite de notre temps de parole, mes chers collègues !

La situation des CCI varie certes d’un département à l’autre, mais il faut rester prudent. Leur rôle est de défendre les entreprises de toutes tailles, le monde économique et l’emploi ; nombre d’entre elles gèrent, par exemple, des zones d’activité.

Le nôtre est d’écouter et de prendre en compte leurs doléances ; un certain nombre d’entre nous participent d’ailleurs activement à leurs assemblées générales.

Je rejoins donc mes collègues du groupe UDI-UC : il faut défendre les CCI et, à travers elles, le monde économique.

Mme la présidente. La parole est à M. le rapporteur général.

M. Albéric de Montgolfier, rapporteur général de la commission des finances. Pour être précis, l’année dernière, la situation était tout à fait différente. Vous vous souvenez, mes chers collègues, de l’apport du Sénat, qui avait souhaité préserver les investissements des CCI. Afin que celles-ci conservent leur capacité d’investissement à propos de projets engagés, nous avions alors, sur proposition de la commission des finances, modifié le projet de loi de finances, en diminuant les prélèvements sur fonds de roulement. Cette mesure avait malheureusement été ensuite restreinte à l’Assemblée nationale.

Cette année, dans le cadre de la préparation du présent projet de loi de finances, j’ai reçu un représentant de la CCI de Paris et le président de CCI France : ils souhaitent s’en tenir à l’accord trouvé.

C’est la raison pour laquelle la commission des finances vous propose de ne pas voter en faveur de l’amendement n° I-407 rectifié et d’en rester à l’équilibre trouvé à l’Assemblée nationale, auquel globalement tant les grandes CCI, comme celle de Paris, que CCI France, ont donné leur accord.

Mme la présidente. Je mets aux voix l‘amendement n° I-407 rectifié.

(L’amendement n’est pas adopté.)

Mme la présidente. L’amendement n° I-96 rectifié, présenté par M. Lenoir, est ainsi libellé :

I. – Alinéa 28

Supprimer cet alinéa.

II. – Pour compenser la perte de recettes résultant du I, compléter cet article par un paragraphe ainsi rédigé :

... – La perte de recettes résultant pour l’État du présent article est compensée, à due concurrence, par la création d’une taxe additionnelle aux droits prévus aux articles 575 et 575 A du code général des impôts.

La parole est à M. Jean-Claude Lenoir.

M. Jean-Claude Lenoir. Il s’agit de préserver le budget du Comité professionnel de développement économique. Ce comité est constitué de plusieurs volets. Le présent amendement concerne plus particulièrement le DEFI, organisme professionnel créé sur l’initiative des entreprises qui le gèrent. Destiné à aider la restructuration et la modernisation de l’outil industriel, mais surtout la promotion des produits français dans le domaine de l’habillement et de la mode, cet organisme, bien connu des régions textiles, a lancé des initiatives fortes, notamment en Asie et en Amérique du Nord. Les résultats sont particulièrement spectaculaires, mais il faut le soutenir.

Mme la présidente. Quel est l’avis de la commission ?

M. Albéric de Montgolfier, rapporteur général de la commission des finances. Je ne sais si c’est un défi pour la commission, mais celle-ci a considéré que le plafonnement s’imposait. Il est d’ailleurs obligatoire au titre de la loi de programmation. La baisse du plafonnement est modeste, puisque l’on passe de 9,5 millions d’euros à 9,31 millions d’euros.

Sensible au solde budgétaire et, globalement, aux recettes et prélèvements obligatoires, la commission souhaite la baisse des plafonds de l’ensemble des taxes affectées. C’est la raison pour laquelle elle émet un avis défavorable sur cet amendement.

Mme la présidente. Quel est l’avis du Gouvernement ?

M. Christian Eckert, secrétaire d’État. Il est également défavorable. Nous avons fixé un ratio de 2 %, avec évidemment quelques adaptations, comme je l’indiquais précédemment.

Mme la présidente. La parole est à M. Jean-Claude Lenoir, pour explication de vote.

M. Jean-Claude Lenoir. Il s’agit d’un amendement d’appel, pour éviter que cette situation ne perdure. Selon un vieil adage connu dans le secteur de l’habillement, en avril, ne te découvre pas d’un fil… Je ne voudrais pas que, aujourd’hui, nous ayons l’impression de régler définitivement un problème. Je prends date d’ores et déjà. Toutefois, pour ne pas retarder le cours des débats, je retire cet amendement.

Mme la présidente. L’amendement n° I-96 rectifié est retiré.

L’amendement n° I-94 rectifié, présenté par M. Lenoir, est ainsi libellé :

I. – Alinéa 30

Supprimer cet alinéa.

II. – Pour compenser la perte de recettes résultant du I, compléter cet article par un paragraphe ainsi rédigé :

... – La perte de recettes résultant pour l’État du présent article est compensée, à due concurrence, par la création d’une taxe additionnelle aux droits prévus aux articles 575 et 575 A du code général des impôts.

La parole est à M. Jean-Claude Lenoir.

M. Jean-Claude Lenoir. Cet amendement a le même objet, mais vise un autre secteur, celui du bois et de la construction.

Dans ce secteur également œuvre un organisme particulièrement performant : le Comité professionnel de développement des industries françaises de l’ameublement et du bois, ou CODIFAB. Il participe notamment à l’organisation de salons à l’étranger.

Je pense que le même raisonnement me sera opposé, mais vivons d’espoir, madame la présidente ! J’attends de connaître l’avis du Gouvernement et de la commission pour prendre une décision.

Mme la présidente. Quel est l’avis de la commission ?

M. Albéric de Montgolfier, rapporteur général de la commission des finances. La commission considère que la baisse du plafond proposée est supportable. Mais si une telle diminution devait se reproduire d’année en année, elle deviendrait sans doute insupportable. Dans la mesure où il s’agit d’un amendement d’appel, la commission vous demande de bien vouloir le retirer, monsieur Lenoir.

Mme la présidente. Quel est l’avis du Gouvernement ?

M. Christian Eckert, secrétaire d’État. Même avis.

Mme la présidente. Monsieur Lenoir, l’amendement n° I-94 rectifié est-il maintenu ?

M. Jean-Claude Lenoir. Quand vous enlevez une tuile à un toit, commencent les fuites. Soyons vigilants la prochaine fois à ne pas dépouiller complètement l’ossature de la maison qui a été construite. Cela étant, je retire cet amendement, madame la présidente.

Mme la présidente. L’amendement n° I-94 rectifié est retiré.

L’amendement n° I-95 rectifié, présenté par M. Lenoir, est ainsi libellé :

I. – Alinéa 50

Supprimer cet alinéa.

II. – Pour compenser la perte de recettes résultant du I, compléter cet article par un paragraphe ainsi rédigé :

... – La perte de recettes résultant pour l’État du présent article est compensée, à due concurrence, par la création d’une taxe additionnelle aux droits prévus aux articles 575 et 575 A du code général des impôts.

La parole est à M. Jean-Claude Lenoir.

M. Jean-Claude Lenoir. Cet amendement obéit au même raisonnement, mais je serai encore plus bref, madame la présidente, pour le grand soulagement de mes collègues !

Il est question ici du comité Francéclat, organisme chargé de l’horlogerie, de la bijouterie, de la joaillerie, de l’orfèvrerie et des arts de la table, autant de secteurs d’activités qui correspondent souvent à de petites entreprises artisanales disséminées sur tout le territoire.

Ce comité organise, de façon remarquable, à la fois la restructuration de ce secteur et la promotion de ses produits. Je souhaite qu’il continue d’être soutenu financièrement.

Mme la présidente. Quel est l’avis de la commission ?

M. Albéric de Montgolfier, rapporteur général de la commission des finances. La commission vous demande, mon cher collègue, de bien vouloir retirer votre amendement, en souhaitant que le plafonnement ne soit pas réitéré d’année en année.

Mme la présidente. Quel est l’avis du Gouvernement ?

M. Christian Eckert, secrétaire d’État. Même demande !

Mme la présidente. Monsieur Lenoir, l’amendement n° I-95 rectifié est-il maintenu ?

M. Jean-Claude Lenoir. Le suspense ne sera pas long, madame la présidente : je le retire !

Mme la présidente. L’amendement n° I-95 rectifié est retiré.

L’amendement n° I-58, présenté par M. de Montgolfier, au nom de la commission des finances, est ainsi libellé :

Après l’alinéa 52

Insérer deux alinéas ainsi rédigés :

…° Après la soixante-septième ligne, est insérée une ligne ainsi rédigée :

«

Articles L. 611-1 à L. 615-22 et L. 411-1 à L. 411-5 du code de la propriété intellectuelle

Institut national de la propriété industrielle (INPI)

196 000

» ;

La parole est à M. le rapporteur général.

M. Albéric de Montgolfier, rapporteur général de la commission des finances. Je l’ai rappelé précédemment, aux termes de l’article 16 de la loi de programmation des finances publiques, le plafonnement de toutes les taxes affectées est obligatoire à compter de 2017.

Dans cette optique, la commission souhaite plafonner les taxes affectées à l’Institut national de la propriété industrielle, l’INPI, qui, étrangement, n’ont pas donné lieu à un écrêtement, de façon à lui appliquer un traitement identique à celui des autres opérateurs.