Dans un contexte de montée des tensions internationales et d’hybridation des risques, la commission des affaires sociales a lancé une mission d’information consacrée à la médecine de crise.

La mission, rapportée par Khalifé Khalifé (Les Républicains), Marion Canalès (Groupe écologiste – Solidarités et Territoires) et Jocelyne Guidez (Union Centriste), s’attachera à évaluer la capacité du système de santé français à faire face à des crises majeures, telles que des conflits armés et des attentats, et à identifier les moyens de renforcer sa préparation.

À cette fin, la mission se penchera sur les modalités de montée en charge du système de santé pour faire face à un afflux massif de patients. Au-delà de la gestion d’urgences ponctuelles, la mission s’intéressera à son aptitude à faire face à des crises prolongées, en analysant la flexibilité des organisations, la réactivité des acteurs et la résilience d’ensemble du système. 

Pourquoi ce contrôle ?

Dans une période marquée par la multiplication des risques (attentats, NRBC, cyber, etc.) et par un retour des conflits de haute intensité en Europe, une réflexion sur l’importation de ces menaces sur le territoire national et leurs conséquences pour le système de santé est devenue essentielle. La mission s’interrogera donc sur l’élaboration d’une doctrine de résilience sanitaire nationale, sa capacité à prendre en compte les nouvelles menaces et à y apporter des réponses opérationnelles et innovantes.

La mission se concentrera principalement sur les conséquences, sur le territoire national, de conflits armés et d’attentats. Elle pourra également aborder les situations de crise provoquées par des catastrophes naturelles extrêmes, dès lors qu’elles impliquent des besoins comparables en matière d’organisation des secours et de prise en charge sanitaire. En revanche, elle n’a pas vocation à traiter des opérations extérieures ni des crises épidémiques ou pandémiques. 

Le focus sera donc sur la médecine de guerre, qui recouvre des enjeux variés : la prise en charge massive et simultanée de blessés dans un contexte de ressources contraintes, la réorganisation des moyens sanitaires civils et militaires sur le territoire, la capacité à organiser la continuité des soins essentiels pour l’ensemble de la population, ou encore la sécurisation des approvisionnements essentiels (énergie, eau, médicaments, dispositifs médicaux…).

Outre des enjeux organisationnels et de compétences des professionnels, se posent des enjeux de gouvernance, en particulier l’articulation entre les systèmes civil et militaire.

La mission prendra également en compte la recherche d’un juste équilibre entre la logique de rationalisation et d’efficience en temps de paix et les besoins massifs correspondant au temps de la crise, qui supposent des marges de manœuvre et des capacités de réserve.