À l'initiative du groupe Rassemblement des Démocrates, Progressistes et Indépendants, le Sénat a créé une mission d'information sur le thème "La diplomatie climatique française à l’épreuve d’un monde en tension".
La mission d'information s'est réunie jeudi 12 février 2026 pour constituer son bureau et lancer ses travaux.
Pourquoi ce contrôle ?
Sous l’effet des émissions anthropiques de gaz à effet de serre, la décennie 2011-2020 a été la plus chaude observée depuis environ 125 000 ans. Ce record est en passe d’être rapidement dépassé : les années 2023, 2024 et 2025 figurent déjà parmi les trois années les plus chaudes jamais enregistrées.
La France sera particulièrement exposée à ces bouleversements. Le réchauffement atteindrait 3 °C à l’échelle mondiale, mais 4 °C pour la France hexagonale, accentuant fortement les risques sanitaires, économiques et territoriaux. La situation est encore plus alarmante dans les territoires ultramarins. Le village de Miquelon, menacé par la submersion marine, devra ainsi être relocalisé à un kilomètre de son site actuel. En Polynésie française, près d’un tiers des îles pourrait disparaître d’ici 2100 sous l’effet de l’élévation du niveau de la mer, tandis que les terres restantes devront faire face à l’afflux massif de réfugiés climatiques en provenance du Pacifique. Le coût de l’inaction est exorbitant à moyen terme.
La question du dérèglement climatique est donc un enjeu majeur pour les décennies à venir et pose à notre espèce un défi immense. Avec 6 % des émissions de gaz à effet de serre, l’Europe ne représente cependant qu’une partie du problème. La réponse ne peut donc venir que d’une action coordonnée des États, que la fragmentation du monde et le retour des logiques de puissance rend plus que jamais incertaine. Les difficultés de la COP 30, qui s’est tenue du 10 au 22 novembre 2025 à Belém au Brésil, ont ainsi souligné la crise que traverse la diplomatie climatique, 10 ans après les espoirs soulevés par la COP 21 et l'adoption de l'accord de Paris.
Le contrôle mené par la mission d’information va chercher à identifier les principaux points de blocage de la diplomatique climatique française et européenne et à apprécier l’articulation entre ambitions diplomatiques, engagements financiers et instruments de coordination et de coopération. Elle vise ainsi à proposer des orientations et à formuler des propositions opérationnelles pour adapter notre diplomatie à un monde en tension.
Les prochaines auditions
Vendredi 13 février 2026
- à 9 heures 30 : Valérie Masson-Delmotte, ancienne co-présidente du conseil n°1 du GIEC, membre du Haut Conseil pour le Climat
- à 10 heures 45 : Stéphane Crouzat, ambassadeur de France en République tchèque, ancien ambassadeur chargé des négociations sur le changement climatique (2020-2024), pour les énergies renouvelables et la prévention des risques climatiques
- à 14 heures : table ronde avec la présence de Sébastien Treyer, directeur général de l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI), et Jurei Yada, directrice de l’engagement stratégique des États membres à l’E3G