Allez au contenu, Allez à la navigation

FORTIER Marcel

Ancien sénateur d'Indre-et-Loire

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 26 septembre 1965
  • Réélu le 22 septembre 1974
  • Réélu le 25 septembre 1983
  • Fin de mandat le 1er octobre 1992 (ne se représente pas)

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation
  • Membre du Groupe du Rassemblement pour la République

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

FORTIER (Marcel)

Né le 7 novembre 1920 à Genillé (Indre-et-Loire)

Décédé le 14 septembre 1995 à Richelieu (Indre-et-Loire)

Sénateur de l'Indre-et-Loire de 1965 à 1992

Marcel Fortier naît le 7 novembre 1920 à Genillé (Indre-et-Loire) où son père est pharmacien. Orphelin de ses deux parents dès l'âge de onze ans, il est élevé par un tuteur peu ordinaire : le docteur Giraud, frère du célèbre général. « Dans cette famille » note l'intéressé dans un reportage de La Nouvelle République du Centre d'août 1992, « on était médecin ou militaire, mais on mettait la France au dessus de tout ». C'est donc logiquement qu'après des études secondaires au Lycée Descartes comme boursier de l'Etat puis des études à la Faculté de médecine de Tours (CHU de Bretonneau) qui le conduisent jusqu'au doctorat, le « lieutenant Marcel » s'engage comme volontaire. Il est versé dans l'aviation le 3 septembre 1939 comme commandant de bord. Démobilisé en 1940, il entre l'année suivante en Résistance et fonde le maquis « Dominique » entre Le Blanc et Descartes. Il en revient médaillé et profondément attaché à la figure du général de Gaulle. Il ne se prononcera qu'une seule fois contre lui, lorsque, devenu Président de la République, celui-ci envisagera la suppression du Sénat en 1969.

En 1947, Marcel Fortier s'installe à Richelieu, petite ville créée par le Cardinal en 1631 et chef d'oeuvre d'urbanisme du XVIIe siècle. La bourgade, située au sud de Chinon, ne compte que 2 000 habitants. Celui qui n'est alors que le « docteur Fortier » s'engage en politique au début des années cinquante. Elu conseiller municipal de Richelieu en 1953, il en devient le maire en 1958, année où il accède également au Conseil général de l'Indre-et-Loire. Très apprécié des habitants de Richelieu (Marcel Fortier occupera le fauteuil de maire pendant 31 ans, toujours élu au premier tour), le maire et conseiller général brigue le mandat de sénateur en avril 1959. Battu, il doit attendre septembre 1965 pour entrer au Palais du Luxembourg après avoir été élu au second tour comme candidat de la majorité. Il met en avant lors de sa campagne la défense de l'agriculture tourangelle (politique des prix, des débouchés, de l'équipement, du crédit et de la formation professionnelle) et le développement de la société rurale (amélioration de l'habitat rural, accession à la propriété, équipement scolaire, adductions d'eau). Mais il affiche surtout son soutien au régime gaulliste et choisit un suppléant très consensuel, apprécié même dans les milieux de gauche, l'exploitant agricole Marcel Raimbault. Aussi, alors que les observateurs locaux pensaient que le sénateur sortant et président du Conseil général Marc Desaché serait facilement reconduit, c'est Marcel Fortier qui l'emporte par 473 voix contre 428 sur celui qui avait succédé à Michel Debré en 1959.

Au Sénat, Marcel Fortier, apparenté au groupe gaulliste, rejoint la commission des affaires économiques et du plan en octobre 1965. A partir de 1967, il est membre de la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation où il restera jusqu'au terme de son troisième mandat. Il s'y trouve en terrain de connaissance puisqu'il avait présidé la même commission au Conseil général de l'Indre-et-Loire. Au Sénat, Marcel Fortier se révèle spécialiste de deux domaines : l'aviation civile et commerciale d'une part, la santé et la sécurité sociale d'autre part.

Rapporteur au sein de la commission des finances du budget de l'Aviation civile et commerciale à partir du début des années 1970, il suit de près ces questions lors des discussions du projet de loi de finances. Ses très nombreuses interventions (sur l'évolution des projets Concorde et Airbus, la gestion des aéroports parisiens et des aérodromes régionaux, l'extension de l'aviation d'affaire, les liaisons aériennes avec l'Outre-Mer, la tarification, la formation et le recrutement des pilotes, les problèmes du contrôle aérien, l'amélioration des services météorologiques, les rivalités Airbus-Boeing, etc...) permettent d'apprécier avec précision la modernisation du transport aérien et la montée en puissance du secteur de l'aéronautique en France de la fin des années 1960 aux années 1990.

En tant que rapporteur du budget de la Santé et de la Sécurité sociale, il s'intéresse à la réforme hospitalière et à l'insertion professionnelle des personnes handicapées. Il s'inquiète dès le milieu des années 1970 de l'augmentation des dépenses de santé liée au vieillissement de la population qui aggrave le déficit de la Sécurité sociale. Durant toutes les années 1980 et jusqu'en 1992, il n'a de cesse d'insister sur ce problème. Il intervient ainsi en 1986, lors des discussions du projet de loi visant au financement des retraites et pensions, sur l'explosion des dépenses d'assurance vieillesse. Soucieux de lutter contre la crise démographique, il réclame l'amélioration de la situation des familles nombreuses. Marcel Fortier souhaite enfin la revalorisation du métier de médecin généraliste et veille à l'équilibre de la carte hospitalière en France.

Battu lors du deuxième tour des législatives le 11 mars 1973 dans la troisième circonscription d'Indre-et-Loire par le candidat radical Fernand Berthouin, Marcel Fortier prend sa revanche en étant réélu sénateur l'année suivante. Il fait campagne en mettant en avant son expérience des collectivités locales et sa volonté de protéger les petites communes rurales du département contre la formidable expansion de la métropole tourangelle depuis les années 1960 (il y veille notamment comme président de la Société d'Equipement de Touraine). En 1979, le sénateur Fortier devient plus connu des Français pour sa participation active à la campagne anti-tabac que mène alors la ministre de la Santé Simone Veil relayée par les médias et notamment la chaîne de télévision Antenne 2. Le rapporteur du budget de la santé et de la sécurité publique prend la parole devant les caméras pour présenter son cas personnel. Ce fumeur de 59 ans, deuxième ligne de rugby, rapporte comment il a dû être amputé d'une partie d'un poumon début 1974 pour échapper au cancer qui le menaçait. Eclairé par les méfaits du tabagisme, le sénateur préconise à l'écran des mesures radicales : l'augmentation draconienne du prix du tabac et l'utilisation des recettes ainsi récoltées pour éponger le déficit de la Sécurité sociale.

Le sénateur appartient au comité central du RPR depuis mai 1977. Mais proche de Michel Debré (figure politique de l'Indre-et-Loire et maire d'Amboise depuis 1966), le vice-président du groupe RPR du Sénat quitte le Rassemblement en mars 1981 pour exprimer son opposition au maire de Paris, Jacques Chirac. Membre du comité de soutien à Michel Debré, le docteur Fortier déplore les manoeuvres de l'équipe chiraquienne pour évincer les autres candidats gaullistes. Il démissionne donc du groupe RPR au Sénat tout en demandant à rester rattaché administrativement au groupe gaulliste. Après la victoire de François Mitterrand, le sénateur rejoint rapidement les rangs du parti gaulliste même s'il reste réservé à l'égard de son chef de file. Réélu le 25 septembre 1983, Marcel Fortier se montre au Palais du Luxembourg résolument opposé au gouvernement de gauche. Il est notamment en pointe dans la défense de l'école libre contre les mesures Savary, mais s'implique surtout dans ce qu'il perçoit comme une atteinte aux libertés sociales et économiques. Il dénonce ainsi les nationalisations et les lois Auroux. Il s'inquiète des dérives déficitaires des finances publiques et milite pour une fiscalité modérée. Son opposition à la politique socialiste est totale et il décline à l'été 1984 la proposition qui lui est faite par Laurent Fabius de faire partie d'une mission d'études sur les systèmes de retraite. Il s'agissait de réfléchir aux conséquences de l'allongement de la durée de la vie, de la baisse de l'âge de la retraite et de la montée du chômage sur le fonctionnement à long terme des systèmes de retraite par participation. Le sénateur RPR, qui craint d'être instrumentalisé dans une opération politicienne, refuse l'offre comme le CDS Jacques Barrot. La mission ne comprend donc que des élus de la majorité de gauche, comme le socialiste Claude Evin et la communiste Jacqueline Fraysse-Cazalis.

Au Sénat, Marcel Fortier vote la loi Neuwirth du 28 décembre 1967 relative à la régulation des naissances, la loi du 5 juillet 1972 portant création et organisation des régions et la loi Royer du 27 décembre 1973 d'orientation du commerce et de l'artisanat. Il soutient la loi du 5 juillet 1974 fixant à 18 ans l'âge de la majorité, la loi Veil du 17 janvier 1975 relative à l'interruption volontaire de grossesse et la loi du 11 juillet 1975 portant réforme du divorce. Il se prononce en faveur de la loi Peyrefitte du 2 février 1981 renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes. Il désapprouve la loi du 9 octobre 1981 portant abolition de la peine de mort. Il soutient la loi Defferre du 2 mars 1982 relative aux droits et aux libertés des communes, des départements et des régions, ainsi que la loi du 13 juillet 1982 relative aux prestations de vieillesse, d'invalidité et de veuvage. Il approuve la loi du 1er décembre 1988 relative au revenu minimum d'insertion mais s'oppose à la loi constitutionnelle du 25 juin 1992 ajoutant à la Constitution un titre : « De l'Union européenne ».

Battu dans son canton en 1985, il abandonne la mairie de Richelieu en 1989. Il continue d'exercer son dernier mandat politique, celui de sénateur, jusqu'en 1992. Son dernier acte politique consiste à s'opposer au traité de Maastricht lors du Congrès à Versailles le 23 juin 1992. De sensibilité souverainiste, Marcel Fortier estime que la construction européenne se fait trop rapidement et déplore le fait que le traité n'ait jamais été vraiment discuté au Parlement. Eprouvé par ses ennuis de santé, le sénateur renonce à briguer un dernier mandat au Palais du Luxembourg, estimant que ses 27 ans de présence à la Chambre haute sont déjà suffisants.

Marcel Fortier meurt le 14 septembre 1995. Il était titulaire de la Croix de Guerre 1939-1945 avec citation, des Palmes académiques, de la médaille de la Résistance. Chevalier de l'Ordre national du Mérite, il avait été aussi décoré en décembre 1972 de la médaille de bronze de l'Académie nationale de médecine pour son action dans le cadre de l'éducation sanitaire.

Afficher le texte

Avertissement : les extraits de tables nominatives et biographies sont issus d'une reconnaissance automatisée des caractères ; merci de nous signaler toute erreur ou coquille.

Photo de M. Marcel FORTIER, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe du Rassemblement pour la République
Etat-civil
Né le 7 novembre 1920
Décédé le 14 septembre 1995
Profession
Médecin
Département
Indre-et-Loire