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QUILLIOT Roger

Ancien sénateur du Puy-de-Dôme

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 22 septembre 1974 jusqu'au 23 juillet 1981 (devenu membre du Gouvernement)
  • Réélu le 27 septembre 1981 jusqu'au 27 octobre 1981 (devenu membre du Gouvernement)
  • Réélu le 25 septembre 1983 jusqu'au 2 avril 1986 (Élu député)
  • Réélu le 28 septembre 1986
  • Réélu le 27 septembre 1992
  • Fin de mandat le 14 juillet 1998 (démissionnaire)

Fonctions antérieures

  • Ministre

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires culturelles
  • Membre du Groupe Socialiste

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

QUILLIOT (Roger)

Né le 19 juin 1925 à Hermaville (Pas-de-Calais)

Décédé le 17 juillet 1998 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme)

Sénateur du Puy-de-Dôme de 1974 à 1981, de 1983 à avril 1998, et de septembre 1986 à 1998

Ministre du Logement du 22 mai au 23 juin 1981

Ministre du Logement et de l'Urbanisme du 23 juin 1981 au 4 octobre 1983

Député du Puy-de-Dôme de mars à septembre 1986

Roger Quilliot naît à la campagne dans un département industriel. Petit-fils de mineurs par son père et de paysans par sa mère, eux-mêmes instituteurs et socialistes, il hérite d'une double culture qui considère le savoir comme la clé de l'ascension sociale républicaine.

Très bon élève, il est le seul de sa classe à aller au collège à Béthune. Déjà d'une santé fragile, en pleine tourmente de l'Occupation, il est accepté en khâgne à Louis-le-Grand. A partir de 1943, il partage les mêmes locaux que son futur rival en Auvergne Valéry Giscard d'Estaing. C'est à l'automne 1945, lors d'une conférence de Daniel Mayer, qu'il adhère aux étudiants socialistes. A l'université de Lille, il prépare l'agrégation de lettres qu'il obtient en 1949. Il est alors nommé professeur aux lycées d'Evreux, puis d'Angers en 1950. Il se fixe quelques années dans la préfecture du Maine-et-Loire, devient de 1954 à 1956 secrétaire de la fédération SFIO et conseiller municipal.

Pour se rapprocher de la capitale, il se fait nommer en 1956 au lycée de Savigny-sur-Orge où il reste jusqu'en 1963 tout en continuant ses recherches universitaires. En effet, proche d'Albert Camus et spécialiste de ses oeuvres, auxquelles il consacre un essai en 1956, La Mer et les Prisons, c'est tout naturellement que la maison Gallimard se tourne vers lui peu après la mort de l'écrivain pour préparer l'édition de ses oeuvres dans la célèbre collection « La Pléiade ».

Il migre vers Clermont-Ferrand en 1963 où il est recruté par la faculté de lettres. Parallèlement, son engagement au sein de la SFIO se renforce. Le Puy-de-Dôme devient alors son point d'ancrage politique. Deux ans plus tard, Roger Quilliot se fait élire secrétaire général de la fédération socialiste. Mais c'est au niveau national qu'il commence à jouer un rôle important. Après la déroute électorale de l'automne 1962, la gauche doit se réorganiser. Dans cette optique, nouvellement membre du comité directeur du parti, il participe au voyage d'étude d'une délégation de la SFIO en URSS en 1963, pour « compléter son information et tenir tête aux dialecticiens soviétiques ». C'est lors de ce déplacement qu'il se rapproche de Gaston Defferre qu'il soutiendra activement au sein du « Comité Horizon 80 », sans toutefois s'éloigner de Guy Mollet, président de la SFIO, qui le charge d'engager le dialogue avec le PCF. A cet effet, il écrit en 1963 dans Le Populaire un ensemble de textes intitulés Les communistes et nous sur « ce qui différencie le bolchévisme du socialisme démocratique ». Il y aborde point par point, de manière très claire, les éléments doctrinaux ne permettant pas d'effacer le schisme de 1920. Ce travail de réflexion constitue une base de dialogue.

Dès cette décennie, Roger Quilliot sait faire coexister travaux universitaires, qui le mènent au doctorat en 1970, et engagement politique. Celui-ci n'est dans un premier temps pas très heureux. Bien que membre du comité directeur de la FDGS et responsable de l'Education nationale dans le « contre-gouvernement » dirigé par François Mitterrand, il échoue aux législatives de 1967 et 1968.

Sa persévérance est récompensée lors des municipales de 1971 lorsqu'il devient conseiller sur la liste de Gabriel Montpied, maire de Clermont-Ferrand depuis 1944. Lorsque ce dernier se retire deux ans plus tard, c'est au chef de la fédération socialiste que revient la charge de premier magistrat de la ville. Roger Quilliot devient alors le leader de la gauche départementale.

Dès lors, sa carrière politique prend de l'ampleur. En 1973, Roger Quilliot intègre l'assemblée départementale qu'il n'abandonnera qu'entre 1979 et 1985. Les 540 voix qui le séparent de son concurrent UDF-RPR lui font connaître ce qui reste son seul échec électoral en tant que maire.

La filiation avec Gabriel Montpied devient totale lorsque ce dernier ne se représente pas à l'élection sénatoriale et que Roger Quilliot emporte son siège avec sa bénédiction le 22 septembre 1974. Inscrit au Groupe socialiste du Sénat, et siégeant à la commission des affaires économiques et du plan, il diversifie alors ses spécialisations et ne se limite plus aux problèmes universitaires, d'éducation ou de culture : il se concentre désormais aussi sur les questions d'urbanisme et de logement. En tant que président de l'Association des maires des grandes villes de France, et de la fédération des offices HLM, il s'inquiète des politiques du logement décidées par le Gouvernement. Fort de son expérience locale, la question de leur financement et les problèmes de mixité sociale constituent les points centraux de ses interventions au palais du Luxembourg. Il voit dans la décentralisation un des meilleurs remèdes.

Favorable à une modernisation de la société, cet intellectuel du parti socialiste vote en 1975 pour les lois légalisant l'IVG et facilitant le divorce. L'année d'après, il publie avec Claire, son épouse, un roman sur fond politique, L'Homme sur le Pavois, largement inspiré par l'affaire Salengro. En réfléchissant sur l'exposition médiatique, le couple d'universitaires entend montrer comment la calomnie peut mener au suicide. En février 1981, il vote contre la loi Peyrefitte sur la sécurité publique qu'il juge liberticide.

Porté par le retour de la gauche au pouvoir, il devient ministre du Logement puis du Logement et de l'urbanisme dans les trois gouvernements Mauroy. Son siège de sénateur revient alors à son suppléant, Michel Charasse. Son action la plus fameuse est la loi du 22 juin 1982 modernisant le logement locatif et clarifiant les rapports entre bailleurs et locataires.

Régulièrement handicapé par une santé variable, il se fait réélire au Sénat le 25 septembre 1983 et choisit d'y siéger après 28 mois d'expérience gouvernementale dont il fait un récit très précis dans Sur le pavois, la recherche de l'équilibre. Le sénateur du Puy-de-Dôme retrouve alors ses collègues du groupe socialiste et siège à la commission des affaires culturelles. Il n'abandonne cependant pas ses fonctions au sein de l'Union nationale des fédérations des organismes HLM, dont il assure la présidence de 1985 à 1998.

Réélu maire en 1977, 1983 et 1989, Roger Quilliot connaît le même succès aux élections sénatoriales. En mars 1986, ce n'est que pour mettre fin à la guerre interne de la fédération socialiste du Puy-de-Dôme qu'il mène la liste PS aux législatives. Fort de son succès, il démissionne en septembre pour se faire réélire à la Chambre haute, mandat que ses électeurs lui confient à nouveau en 1992. Lors de son passage au Palais Bourbon, il s'oppose à la loi Pasqua de juin 1986 régulant l'immigration. En froid avec le gouvernement Rocard, il s'abstient en décembre 1988 lors de la création du RMI.

Alors que son activité de sénateur se fait plus discrète et qu'il s'expose peu aux médias, il met en scène le 14 octobre 1991 son dernier coup d'éclat en démissionnant de son mandat municipal. Entendant ainsi protester contre l'abandon par le Gouvernement des régions « pauvres » de France, il déclare ne pas vouloir être « le maire de la décadence ». Convaincu par François Mitterrand et Edith Cresson, il revient sur sa démission un mois plus tard. Fervent partisan de la construction européenne, il est favorable au traité de Maastricht. Après le retour de la droite au pouvoir, le maire de la cité industrielle qu'est Clermont-Ferrand s'oppose à la réforme de la sécurité sociale de juillet 1993.

Deux ans après avoir gagné son dernier duel municipal face à Valéry Giscard d'Estaing avec 800 voix d'avance, atteint par une maladie de plus en plus pesante, il abandonne son siège de premier magistrat de la ville à Serge Godard. Alors que la gauche plurielle l'emporte, Roger Quilliot soutient la réduction du temps de travail de juin 1998. Mais il ne peut se résoudre à l'inaction politique que sa santé lui impose. Cet admirateur du très camusien mythe de Sisyphe entend organiser lui-même sa sortie : il démissionne de son mandat de sénateur le jour de la fête nationale, trois jours avant de se donner la mort conjointement avec son épouse qui, elle, pourra être sauvée. En septembre 1998, son suppléant Serge Godard lui succède au Sénat.

Pour lui rendre hommage, le musée des beaux-arts de Clermont-Ferrand qu'il avait créé en 1992 devient le Musée d'art Roger Quilliot.

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Photo de M. Roger QUILLIOT, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe Socialiste
Etat-civil
Né le 19 juin 1925
Décédé le 17 juillet 1998
Profession
Professeur d'université
Département
Puy-de-Dôme