DISCUSSION AVEC LE PUBLIC

M. José CARMONA, Représentant pour l'Europe de l'Institut national polytechnique de Mexico

J'ai relevé, Monsieur Lopez, la notion de dollar investi en recherche et de son bénéfice en termes de valeur ajoutée. Une coopération entre les entreprises et les institutions d'éducation et de recherche est-elle prévue ? Au Mexique, le développement de l'éducation et des sources de travail pourrait être un moyen de freiner l'immigration vers les États-Unis.

M. René LOPEZ

Dans le domaine de la recherche et développement, la valeur ajoutée est difficile à calculer : elle dépend de la commercialisation ultérieure des produits. Je faisais simplement référence au fait que, grâce aux mesures fiscales existantes au Canada, et particulièrement au Québec, tout dollar investi peut être récupéré à hauteur de 70 % environ.

M. Georges HIBON

Aujourd'hui, dans des industries comme les nôtres, les brevets constituent presque la matière première. Nos relations avec les universités sont soutenues et constantes. Leur rémunération s'effectue sous la forme d'aides dans le cadre d'accords de recherche, d'une part, et sous la forme de royalties lorsque les produits se développent sur le marché, d'autre part. Nos entreprise fonctionnant sur des cycle longs. Des étapes sont prévues pour assurer un flot régulier de rémunérations.

De la salle

L'ALENA a-t-il un effet sur la mobilité des cadres ?

M. Georges HIBON

En ce qui nous concerne, notre principale difficulté pour faire bouger des cadres entre les États-Unis et le Canada est liée aux écarts de fiscalité. Il n'y a pas de libre circulation des personnes. Des cartes de travail sont nécessaires, mais leur obtention ne présente pas de difficulté particulière.

CONCLUSION

LES NOUVELLES ORIENTATIONS DE LA POLITIQUE

COMMERCIALE DES ÉTATS-UNIS AU LENDEMAIN DES

ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES

M. Jean-Daniel GARDERE, Ministre plénipotentiaire, chef des services d'expansion économique aux États-Unis

En 1992, j'avais eu la chance de vivre l'élection de Bill Clinton depuis les ÉTATS-UNIS dans des circonstances assez amusantes pour moi ; en effet, alors que je ne connaissais pas encore le pays, j'étais convaincu, contre l'avis de tous les spécialistes, de la victoire de Clinton. Les faits m'ayant donné raison, j'ai trouvé là un motif de grande satisfaction... En 1996, de façon délibérée, j'ai voulu voir ces élections de France, peut-être parce que la réélection du Président sortant était assurée. Je dois dire que je n'ai pas été déçu : la couverture médiatique de l'événement par les médias français a été sans commune mesure avec ce qu'on a pu connaître aux États-Unis ! J'en tirerais deux leçons rapides. Tout d'abord, le désamour des Français envers l'Amérique, tel que le décrivait Le Monde il y a quelques jours, ne semble pas se confirmer. En second lieu, les Français sont finalement très conscients du rôle de superpuissance des ÉTATS-UNIS qui reste le pays autour duquel gravitent les mutations politiques, économiques, financières, monétaires, technologiques.

I. LA TOILE DE FOND ÉCONOMIQUE ET POLITIQUE

A. DONNÉES ÉCONOMIQUES ET POLITIQUES

Compte tenu de cette extraordinaire couverture médiatique, je ne m'étendrai pas longtemps sur la toile de fond, le contexte dans lequel va se greffer le second mandat de Bill Clinton et, plus particulièrement, la politique commerciale américaine. Si je devais résumer ce qui sous-tend la politique commerciale et la politique d'appui aux exportations des ÉTATS-UNIS je ne dirais que trois mots : « America is back ! » Mais les chemins empruntés n'en sont pas moins différents de ceux empruntés dans les dernières décennies, notamment pendant les douze années de l'ère Reagan/Bush.

La politique commerciale américaine est de nouveau offensive. De bons résultats sont enregistrés concernant la croissance, les créations d'emplois et l'innovation technologique. Les États-Unis réalisent un tiers des investissements en recherche et développement mondiaux. Tous cela est bien connu de vous. Je ne vais pas insister non plus sur la révolution managériale qui a lieu aux ÉTATS-UNIS ni sur la révolution financière qui fait que, entre les fusions/acquisitions, le financement des start-ups et les introductions initiales en Bourse, ce pays détient, plus que l'Europe, les clés d'un renouveau entrepreneurial qui nous fait défaut,

Les clés de la croissance et de la création d'emplois aux États-Unis résident probablement, au-delà d'une plus grande flexibilité dans le domaine du travail et d'une moindre réglementation de la création d'entreprises, dans les modalités de financement des entreprises, marquées par le sens de la prise de risque. Cette aptitude à la prise de risques financiers se retrouve dans la capacité d'entreprendre des Américains. Les jeunes Français la découvrent d'ailleurs, tant ils sont nombreux à se rendre aux États-Unis pour y créer leur propre entreprise, généralement dans le domaine de la haute technologie.

L'ouverture des États-Unis aux importations et aux exportations, enfin, est très importante. Elle illustre parfaitement le rapport au monde des États-Unis et l'extrême dynamisme de son économie.

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