Allez au contenu, Allez à la navigation



 


Retour Sommaire Suite

CHAPITRE III : LA SITUATION ÉCONOMIQUE DE LA HONGRIE [8]

"Alors que l'évolution économique de la Hongrie suscitait à la fin de l'année 1994 de sérieuses inquiétudes en raison d'une dégradation très nette tant des comptes extérieurs (déficit courant 3,9 milliards de dollars, soit près de 10 % du PIB, dette extérieure de 28,5 milliards de dollars) que des finances publiques (déficit équivalant à 8 % du PIB), la mise en place du plan de stabilisation en mars 1995, accompagnée d'une modification de la politique de change, a permis d'obtenir en fin d'année 1995 une amélioration des résultats très significative.

A partir de l'automne, la relance du processus de privatisation s'est considérablement accélérée, notamment dans le secteurs du gaz et de l'électricité, apportant à l'Etat en 1995 plus de 3 milliards de dollars de recettes.

Toutefois, ces progrès étant partiellement dus à des mesures à court terme, la poursuite du redressement reste à confirmer : la politique du nouveau Ministre des finances, M. MEDGYESSY, devrait rester celle de l'austérité et ne pas fondamentalement s'écarter de celle de son prédécesseur, même si les réformes doivent être menées avec plus de souplesse. Sauf accident, une nouvelle amélioration des grands équilibres est attendue en 1996. Les indicateurs du premier semestre confirment cette tendance, tout en indiquant un net ralentissement de l'activité." Tel est l'essentiel du bilan dressé par le Conseiller économique et commercial de l'Ambassade de France.

I. LES RÉFORMES DE STRUCTURE.

La Hongrie qui avait engagé avant ses voisins la modernisation de son économie a, dans l'ensemble, maintenu son avance relative.

La transition vers une économie de marché a été facilitée par la création d'un cadre réglementaire proche de celui des pays d'Europe occidentale : le système fiscal, le droit des affaires, le droit comptable, par exemple, sont proches des équivalents français.

L'ouverture de l'économie à la concurrence internationale est bien avancée :

• les échanges ont été largement déréglementés et le monopole des sociétés de commerce extérieur supprimé. Des quotas subsistent encore sur 10 % des produits importés ;

• les accords d'association avec l'Union européenne (entré en vigueur le 1er janvier 1994), avec l'AELE (1er juillet 1993), et commerciaux avec les pays de Visegrad (21 décembre 1992) ont permis d'entamer le démantèlement progressif des barrières tarifaires et non tarifaires avec des partenaires qui représentent les 2/3 du commerce extérieur hongrois ;

• la politique incitatrice en faveur de l'investissement étranger a contribué à faire de la Hongrie le premier récipiendaire des investissements directs étrangers dans les pays d'Europe centrale et orientale.

L'assainissement du tissu économique a été facilité par un programme de privatisation dynamique, qui a débuté dès 1989, et une application stricte de la loi sur les faillites qui a entraîné la disparition de nombre d'entreprises non rentables :

le programme de privatisation a été à la fois pragmatique -les entreprises ayant été vendues au plus offrant, c'est-à-dire aux investisseurs étrangers pour les plus importantes d'entre elles, comme la compagnie de télécommunication MATAV ( 1993) ou les compagnies de gaz et d'électricité (1995)- et ambitieux puisqu'il s'applique à la quasi totalité des sociétés. Actuellement, plus des deux tiers de la production nationale émaneraient de sociétés privées, parmi lesquelles les filiales étrangères jouent un rôle moteur ; la politique de privatisation a été relancée à partir de l'été 1995, avec une accélération rapide dans les dernières semaines de l'année 1995, (plus de 3 milliards de dollars de recettes). De nouvelles privatisations opérées en 1996 et en 1997 devraient permettre d'achever le processus à la fin de 1997 ;

• en revanche, la restructuration du secteur bancaire et financier n'a été que partiellement réalisée, pour l'essentiel en 1994, après mise en oeuvre d'un programme de près de 3 milliards de dollars au titre de la recapitalisation des banques -leur permettant d'atteindre le ratio Cooke- et de la restructuration des dettes des entreprises. Des mesures d'assainissement devraient encore être prises avec sans doute des liquidations, des regroupements et la privatisation de quelques établissements.

La réforme des finances publiques est encore à venir :

• à partir du 1er janvier 1996 a commencé la mise en place d'un Trésor public permettant un meilleur contrôle des dépenses, et une réforme budgétaire qui devrait éviter de nombreux gaspillages. Les compétences du Trésor vont s'élargir progressivement, le processus devant être achevé en 1998 ;

• par ailleurs, la Hongrie jouit d'une protection sociale exceptionnellement favorable, héritage du passé, mais qui grève lourdement l'équilibre des dépenses publiques. Une refonte du système des retraites et de l'assurance maladie est actuellement à l'étude dans un sens beaucoup moins favorables aux salariés, quelques mesures ponctuelles ayant déjà été prises (forfaitisation des indemnités de naissance et subordination du congé parental à un plafond de revenus). Il est en particulier envisagé pour les retraites la création d'un système combinant solidarité-capitalisation obligatoire-capitalisation complémentaire facultative, l'élévation de l'âge de la retraite, et, pour la santé, l'augmentation des cotisations salariales (la part patronale diminuant), la réduction des indemnités de congé-maladie, des remboursements de médicaments, du nombre de lits d'hôpitaux.



Retour Sommaire Suite