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colloque Russie



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Intervention de Sergueï NARYCHKINE

Sergueï NARYCHKINE
Chef de l'Appareil du Gouvernement de la Fédération de Russie,
Ministre de la Fédération de Russie

Mesdames et messieurs, je voudrais remercier Ubifrance, l'Ambassade de France en Russie et le Sénat français de l'occasion qui m'est offerte de m'exprimer ici devant vous à l'ouverture de ce séminaire, devenu traditionnel dans le calendrier d'affaires entre la France et la Russie. Nos relations économiques et politiques sont au beau fixe ; je m'en réjouis d'autant plus que je suis co-Président du CEFIC. Mon objectif personnel est ainsi de créer les conditions favorables à la promotion de la coopération dans le domaine du commerce et des investissements, entre nos deux pays. Si nous avons un certain succès en la matière, c'est grâce à votre activité au quotidien.

La Russie et la France ont un excellent système de coopération inter-gouvernemental dans les domaines du commerce et de l'économie. Aujourd'hui, nous avons neuf groupes de travail qui gèrent le développement de la coopération dans les domaines suivants : aviation, espace, communications, énergie, innovation et lutte contre la contrefaçon. Ces dernières années, le développement et la diversification de nos relations économiques sont devenues une priorité et nous avons connu de grands succès dans les domaines de l'espace et de l'aviation (avec pour priorité la production d'avions russes régionaux équipés de moteurs SAM 146, produits conjointement avec la France). Michelin a construit une usine de production de pneus dans la région de Moscou, et il existe un projet de construction d'une usine de légumes dans la région de Krasnodar, sans parler des investissements de Total dans la chimie et la pétrochimie.

La moitié des entreprises françaises présentes en Russie sont françaises à 100 %. Il faut cependant observer que leur présence concerne essentiellement Moscou et Saint-Pétersbourg, ce qui laisse un grand potentiel de développement de la coopération interrégionale entre la France et la Russie. Nous saluons les efforts du gouvernement français pour favoriser la coopération bilatérale entre nos deux pays, et nous nous rendons compte qu'une des raisons pour lesquelles le capital français est mal représenté sur le marché russe est liée à la façon de fonctionner de la Russie. Nous savons que les sociétés françaises ne se sentent pas aussi bien en Russie que dans d'autres pays du monde, et notre gouvernement entreprend, pour cette raison, des réformes dans le domaine des finances, de l'investissement et de l'économie afin de créer des conditions encore plus favorables au développement des affaires dans notre pays.

La croissance économique russe a été très forte en 2004 et les premiers mois de l'année 2005 ont confirmé cette tendance. Le PIB a augmenté, en comparaison de l'année passée, de 6 %. En 2005, nous avons constaté la croissance de tous les secteurs de l'industrie ; ceux de l'automobile et des équipements industriels connaissent notamment une croissance particulièrement vive. L'agence Moody's a d'ailleurs relevé sa notation au cours des derniers mois et les autorités russes font le nécessaire pour que l'amélioration de ces conditions soit pérenne et s'inscrive dans une tendance de long terme. Nous réformons notamment les monopoles, l'administration et nous développons la concurrence. Le gouvernement a ainsi initié la mise en oeuvre de quatre projets prioritaires : le projet Santé, le projet Education (qui doit permettre à nos universités de moderniser leurs programmes de formation), le projet « Logement accessible à tous » (au travers duquel nous améliorons les possibilités d'accès au logement) et le projet de développement de l'agroalimentaire en Russie. Il est prévu d'accorder 134 milliards de roubles (4 milliards d'euros) en 2006 pour le développement de ces projets.

Parmi les réformes que nous menons actuellement, l'une vise les services publics offerts aux citoyens et aux entreprises, avec notamment pour objectif de réduire les frais d'installation pour les entreprises et d'accroître l'efficacité des autorités russes. Les obstacles à l'installation dans notre pays devraient également être sensiblement réduits, à travers, par exemple, la très forte diminution du nombre d'activités requérant des licences. Nous travaillons aussi à la réforme de la justice et de la propriété intellectuelle. Ces lois s'appuient notamment sur des lois régionales : il est prévu d'instaurer des zones économiques libres affranchies de taxes foncières et d'impôts sur le revenu pour les entrepreneurs y résidant.

Des systèmes de protection de la propriété privée doivent encore être mis en place, afin de favoriser la mise en oeuvre de projets innovants, dans le domaine des hautes technologies, notamment. En matière fiscale, des évolutions sont également à l'oeuvre. Le Président de la Fédération de Russie a récemment présenté, devant l'Assemblée fédérale, les grands axes de la politique fiscale qu'il entendait mener, pour l'année 2005 : celle-ci devra favoriser la compétitivité et la croissance des régions, en diminuant la charge des impôts pour les sociétés, et en rendant les contrôles fiscaux plus opérants. Il est très important de bénéficier de stabilité, sur un plan macroéconomique, et d'un faible niveau d'inflation, pour réussir ces transformations. A n'en pas douter, l'économie russe dispose d'un fort potentiel ; aussi souhaitons-nous moderniser le mode de fonctionnement de nos structures politiques afin que cet immense potentiel puisse prendre tout son essor, notamment au travers de la coopération bilatérale avec la France et les entreprises françaises.

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