Question de M. ROUX Olivier (Français établis hors de France - UC) publiée le 14/01/1988

M. Olivier Roux attire l'attention de M. le ministre de la culture et de la communication sur l'effondrement des ventes de journaux française au Liban. Cette situation, liée à la chute de la livre libanaise depuis 1985, est devenue extrêmement préoccupante en 1987 : le franc français qui avait, durant trois décennies, valu autour d'une demi-livre, a atteint jusqu'à 100 LL. Ainsi, le quotidien Le Monde coûte actuellement 400 LL et les hebdomadaires, 1 000 LL en moyenne. En outre, plus de la moitié des titres de la presse ont disparu et ceux qui subsistent encore ne représentent que 5 à 10 p. 100 des chiffres d'antan. Il lui demande en conséquence s'il ne lui paraît pas indispensable de préserver au Liban - pays à tradition si fortement francophone - ce support de la culture française qu'est la diffusion de notre presse, et il lui serait reconnaissant de bien vouloir lui indiquer les moyens qu'il envisage de mettre en oeuvre en ce sens.

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Réponse du ministère : Culture publiée le 28/04/1988

Réponse. -L'inflation que connaît le Liban depuis 1985 rend difficile la vente de la presse française malgré les prix spéciaux consentis par les éditeurs. L'importation de la presse française a également été perturbée par plusieurs fermetures de l'aéroport de Beyrouth, notamment celle qui a eu lieu du 5 février au 15 mai 1987. La solution transitoire qui consistait à expédier la presse française via Chypre s'est révélée d'un coût très élevé. C'est pourquoi la plupart des titres ont été acheminés par routage maritime. Actuellement, les éditeurs soutiennent le marché en consentant des prix préférentiels qui représentent, pour les publications et les quotidiens expédiés par avion, respectivement 63 p. 100 et 77 p. 100 du prix de vente en France et, pour la presse acheminée par bateau, 73 p. 100 du prix de vente en France. En 1987, le fonds d'aide à l'expansion de la presse française à l'étranger est intervenu pour diminuer les prix de vente locaux à hauteur de 17 p. 100 pour les publications et de 31 p. 100 pour les quotidiens. Ces mesures, bien que financièrement lourdes, s'avèrent cependant insuffisantes. C'est pourquoi, les nouvelles messageries de la presse parisienne envisagent d'engager une action exceptionnelle pour le Liban dans le cadre de la subvention globale qui leur sera accordée en 1988. En outre, à l'occasion du festival libanais du livre qui a eu lieu à Antelias du 1er au 10 mars dernier, Unipresse a organisé une exposition, notamment de revues scientifiques, techniques et médicales, au cours de laquelle des abonnements à tarif réduit ont été proposés directement par les éditeurs.

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