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Eventuelle vente à la Libye par l'ancien régime tchécoslovaque d'un explosif

9e législature

Question écrite n° 09237 de M. Xavier de Villepin (Français établis hors de France - UC)

publiée dans le JO Sénat du 05/04/1990 - page 693

M. Xavier de Villepin attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur les déclarations du président Vaclav Havel à propos des ventes par l'ancien régime tchécoslovaque du produit Semtex à la Libye. L'expédition de 1 000 tonnes de cet explosif très dangereux, dont 200 grammes suffisent à faire sauter un avion, constitue une grave menace pour la France et l'Occident. Il souhaiterait avoir confirmation de ces informations et notamment connaître les possibilités de détection de cet explosif dans les aéroports français et africains.



Réponse du ministère : Intérieur

publiée dans le JO Sénat du 19/07/1990 - page 1599

Réponse. - Les divers médias se sont récemment fait l'écho des déclarations du président de la République tchécoslovaque, M. Vaclav Havel, selon lesquelles une quantité importante de Semtex avait été vendue à la Libye par la Tchécoslovaquie. Tout le monde conserve, en effet, en mémoire les attentats meurtriers perpétrés à l'aide de cet explosif de fabrication tchécoslovaque, plus particulièrement utilisé dans le contexte des conflits au Moyen-Orient et plus récemment contre le vol 103 de la compagnie aérienne américaine Pan-Am, à Lockerbie. Cette situation oblige à un contrôle exhaustif de tous les passagers et objets qui embarquent à bord d'un aéronef. C'est le souci quotidien de la police de l'air et des frontières dont l'une des missions essentielles consiste à ne pas permettre l'introduction d'armes ou d'engins explosifs en cabine. Elle remplit ses attributions en liaison étroite avec le service des douanes dont la compétence en ce domaine s'exerce principalement à l'égard des bagages enregistrés et du fret aérien. Pour effectuer leurs missions, les fonctionnaires de ces deux administrations bénéficient d'un matériel spécifique, de plus en plus performant, ainsi que d'équipes cynophiles spécialisées dans la direction des explosifs. Le Gouvernement a, en outre, engagé, grâce aux produits de la taxe de sûreté aéroportuaire, un important programme de recherche pour élaborer de nouveaux équipements de haute technologie, tels que le système de contrôle par scanner (Sycoscan), ou l'équipement de détection des explosifs par activation neutronique (Eden). Ces deux matériels, en cours de mise au point, seront respectivement destinés à l'inspection en continu des conteneurs de fret et des bagages de soute. L'objectif est de détecter une quantité d'explosif inférieure à la masse critique nécessaire pour endommager irrémédiablement les structures d'un aéronef en vol. Par ailleurs, dans le cadre de son action sur le continent africain, le ministère de la coopération, en collaboration avec les directions générales de l'aviation civile, de la douane, de la gendarmerie et de la police nationale, conduit depuis 1987 une action d'assistance technique en matière de sûreté sur 21 aéroports africains. Elle s'est concrétisée par l'envoi de spécialistes qui, après avoir procédé à l'expertise du niveau de sûreté des plates-formes visitées, mènent des actions de formation des personnels locaux. Dans le même temps, une importante enveloppe financière a permis l'acquisition de matériels de sûreté.