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Tenue d'une conférence internationale sur le tourisme dans les Antilles

9e législature

Question écrite n° 15424 de M. Rodolphe Désiré (Martinique - RDSE)

publiée dans le JO Sénat du 30/05/1991 - page 1081

M. Rodolphe Désiré attire l'attention de Mme le ministre de la coopération et du développement sur la nécessité de tenir, dans la perspective de 1993, une conférence sur le tourisme réunissant les principaux partenaires intéressés de la Caraïbe, et ce à l'initiative de la France. Compte tenu des potentialités exceptionnelles dont jouit la région Caraïbe en la matière, il apparaît de plus en plus nécessaire d'élaborer, en étroite coopération avec l'ensemble des pays de la zone, une stratégie commune de développement optimum de cette activité. La définition de règles précises et cohérentes devrait contribuer à maîtriser l'extension attendue du tourisme dans la Caraïbe, du fait des perspectives nouvelles qu'offre en la matière l'avènement du marché unique européen en 1993. Aucun des pays de cette zone n'a en effet intérêt à un développement anarchique de ce secteur économique, en raison des conséquences néfastes qu'il ne manquerait pas d'occasionner sur l'environnement et le patrimoine. Par ailleurs, si jamais un tel scénario devait se produire, il est possible que la population manifeste à l'égard du tourisme une attitude profonde de rejet. Afin d'anticiper une telle situation, qui serait préjudiciable à l'économie de ces îles, il lui demande son sentiment sur la proposition de tenir prochainement une conférence internationale sur le tourisme dans les Antilles.



Réponse du ministère : Coopération

publiée dans le JO Sénat du 08/08/1991 - page 1699

Réponse. - Le tourisme représente pour la plupart des îles Caraïbes une des principales perspectives de développement, d'autant plus que ces îles sont petites, et que l'avenir de leurs productions traditionnelles - notamment la banane - soulève de nombreux problèmes. Ces îles ne sont cependant, paradoxalement, concurrentes que jusqu'à un certain point. En particulier, compte tenu de la taille de la plupart d'entre elles, de la faible distance qui les sépare et de l'importance du tourisme nautique, une partie importante des touristes ventilent leur séjour entre plusieurs îles. Les formules proposées par les tours opérateurs intègrent également très souvent plusieurs destinations pour un même produit. Cette possible complémentarité permet d'envisager une approche régionale ou sous-régionale du secteur du tourisme, l'ensemble des pays de la zone étant à même, a priori, de tirer profit d'une initiative coordonnée, si celle-ci est non discriminatoire et s'attache à promo uvoir un label " Caraïbes " et non une destination précise. Lancer une conférence internationale sur ce thème pourrait donc présenter un certain impact et susciter l'intérêt des Etats de la région. Comme l'honorable parlementaire, le ministre de la coopération et du développement estime que tout doit être fait dans la région pour éviter un développement anarchique de cette industrie qui pourrait conduire à des effets désastreux sur l'environnement et la conservation des patrimoines nationaux et, par delà, à une attitude de rejet par les populations concernées. Une large concertation régionale à l'initiative de la France sur des objectifs clairement exprimés à l'avance pourrait en effet être à l'origine d'une stratégie commune et maîtrisée qui soit bénéfique à l'économie des Antilles. Cependant, il est nécessaire de rappeler que ce point de vue a pour référence les seuls pays du champ relevant, dans les Caraïbes de la mouvance de mon département (exclusivement Haïti, Sainte-Lucie, La Dominique, Saint-Vincent et Grenadine, Grenade, Saint-Christophe et Nieves). D'autres départements ministériels devront donc être consultés pour recueillir une appréciation exhaustive. Par ailleurs, les interventions de la Communauté européenne dans le secteur du tourisme dans les Caraïbes, qui sont déjà anciennes, devraient s'amplifier sous Lomé IV au niveau national comme au niveau régional. Elles sont financées sur les ressources du F.E.D. réservées aux pays A.C.P. et territoires d'outre-mer, ce qui exclut les départements français des Antilles. La Communauté européenne me semble donc à même de contribuer avec nous à l'organisation d'une conférence sur le tourisme dans les Caraïbes, ce thème étant au centre des interventions de la commission dans la région. Encore faut-il que les Etats A.C.P. des Caraïbes en fassent la demande. Enfin l'opération aura d'autant plus de chances de succès qu'elle sera pilotée par un Etat A.C.P. ou un organisme régional, ici le Caricom ou l'O.E.C.S., plutôt que par un Etat membre.