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Maintien d'un supermarché bâti sur le site du camp de concentration de Ravensbrück (Allemagne)

9e législature

Question écrite n° 16714 de M. Albert Voilquin (Vosges - U.R.E.I.)

publiée dans le JO Sénat du 01/08/1991 - page 1580

M. Albert Voilquin attire l'attention de M. le ministre d'Etat, ministre des affaires étrangères, sur le fait suivant, qui lui paraît grave et préoccupant : les autorités allemandes de l'Etat fédéré allemand du Brandebourg auraient annoncé qu'elles maintenaient en place un supermarché bâti sur le site du camp de concentration nazi de Ravensbrück, où plus de 90 000 femmes et près d'un millier d'enfants ont péri, et ceci malgré les appels des associations de déportés et résistants. La plantation d'une haie, la nouvelle route d'accès ne sauraient justifier une telle mesure... Si le fait s'avère exact, il semble absolument indispensable que le Gouvernement élève une protestation énergique contre un tel état de fait, et obtienne satisfaction. Il faut combattre ce genre d'oubli volontaire et se souvenir des atrocités passées et du respect qui doit s'attacher à ces lieux de tortures, témoins d'atrocités contre l'humanité, il y a seulement cinquante ans.



Réponse du ministère : Affaires étrangères

publiée dans le JO Sénat du 26/09/1991 - page 2077

Réponse. - Les faits relevés par l'honorable parlementaire ont trouvé une solution satisfaisante pour les diverses parties : la décision d'implanter un supermarché sur un site annexe du camp de concentration du Ravensbrück a été rapportée. Le gouvernement de l'Etat du Brandebourg a décidé de convertir le bâtiment en un centre culturel, dont les missions seraient conformes au caractère de ce lieu de mémoire. De plus, le gouvernement de cet Etat a décidé de créer une commission d'experts pour examiner les moyens les plus appropriés pour la préservation de ces lieux dans le Brandebourg. Par ailleurs, une réflexion commune a été décidée sous l'égide des ministères allemands et français des affaires étrangères, dès le lendemain de la réunification, afin d'assurer la meilleure sauvegarde des hauts-lieux de la déportation. Le secrétariat d'Etat aux anciens combattants et aux victimes de guerre y est naturellement associé.