Question de M. GÉRARD Alain (Finistère - RPR) publiée le 15/07/1993

M. Alain Gérard attire l'attention du M. le ministre de l'éducation nationale sur les modalités d'application de la rénovation des lycées en ce qui concerne l'enseignement de la vie et de la terre qu'il vient d'annoncer. En effet, l'organisation des classes terminales et du baccalauréat a soulevé chez les professeurs de biologie et géologie la stupéfaction. Dans ses propositions concernant les sciences de la vie et de la terre, il n'y a plus reconnaissance de la biologie-géologie, ni comme discipline de culture générale scientifique fondamentale ni comme discipline scientifique à part entière, comme le sont les mathématiques et la physique-chimie. Et cela, alors que la majorité des découvertes actuelles et des futurs emplois seront liés aux biotechnologies, et que la biologie prend une part de plus en plus fondamentale tant au niveau de la personne que de la société et de la biogéosphère. Dans la série scientifique S, l'égalité des coefficients de base au baccalauréat entre les mathématiques, la physique-chimie et la biologie-géologie est supprimée. L'horaire de biologie-géologie est amputé d'une demi-heure, ce qui réduit d'autant l'enseignement expérimental que vous prônez, creuse l'écart entre la physique et la biologie et recrée de fait une hégémonie des mathématiques que l'on prétend combattre. Il serait interdit aux élèves qui choisissent la technologie de suivre une option Biologie. L'inverse est possible, ce qui montre, précise-t-il,que la technologie est une discipline scientifique à part entière... Les élèves de la série économique ES avaient jusqu'ici un enseignement obligatoire de biologie de deux heures hebdomadaires en première, et 75 p. 100 d'entre eux suivaient l'option en terminale. Ils en seront quasiment privés : le coefficient 1 au baccalauréat serait à partager en option entre quatre ou cinq domaines scientifiques (mathématiques, physique, chimie, biologie, géologie) c'est une absurdité. De plus, dans l'académie de Rennes, le recteur a décidé qu'en première l'option Enseignement scientifique ne serait pas ouverte, sauf cas très particuliers. En série littéraire L, l'enseignement de biologie perd, en première, un tiers de son importance actuelle, à l'encontre de toutes les politiques éducatives européennes. Sa mise en place en terminale est amputée d'un tiers par rapport au projet primitif, et le coefficient 2 au baccalauréat serait, là aussi, à partager entre quatre ou cinq domaines scientifiques. Il apparaît à l'APBG, en dehors de toute approche corporatiste, que si ces propositions persistaient dans le texte définitif, elles entraîneraient un risque de handicap culturel et scientifique grave pour nos jeunes lycéens. En particulier dans les domaines de l'éducation à la santé, de l'environnement, de l'éthique, comme l'ont souligné à plusieurs reprises les prix Nobel MM. Jean Dausset et François Jacob. Aussi il lui demande de modifier dans ce sens ses projets d'arrêtés.

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Réponse du ministère : Éducation publiée le 02/09/1993

Réponse. - Dans ses conférences de presse des 29 avril et 7 juin 1993, le ministre de l'éducation nationale a présenté ses décisions sur la rénovation pédagogique des lycées entrant en application en la classe de première à partir de la rentrée scolaire 1993 et la classe terminale à la rentrée 1994. L'enseignement des sciences de la vie et de la terre dans le dispositif retenu s'organise de la manière suivante selon les séries. Dans la série littéraire, l'enseignement scientifique (quatre heures hebdomadaires en première et deux heures en terminale) devient une matière obligatoire, jusqu'à la fin des études au lycée, pour les élèves de première et de terminale ; ils pourront ainsi développer une culture scientifique sous différents aspects relevant notamment des sciences de la vie et de la terre. Auparavant, l'enseignement de biologie-géologie était une option facultative en terminale. Par ailleurs, ce même enseignement scientifique est proposé à titre optionnel dans la série économique et sociale. Pour ce qui est de la série scientifique, le rôle des sciences de la vie et de la terre dans la formation scientifique des élèves a été, à côté de la physique-chimie et des mathématiques, notablement accentué, marquant ainsi un choix délibéré en faveur des formations aux sciences expérimentales dans l'enseignement scientifique des élèves au lycée : en première S, outre l'horaire hebdomadaire obligatoire de sciences de la vie et de la terre majoré d'une demi-heure, les élèves peuvent choisir l'option sciences expérimentales correspondant à trois heures hebdomadaires réparties entre physique-chimie et sciences de la vie et de la terre. Ainsi, l'horaire d'enseignement peut être porté à quatre heures et demie à comparer aux deux heures et demie actuellement ; en terminale, la classe de S se substitue aux C et D actuelles. Dans le cadre de cette série S, les élèves choisissant obligatoirement un enseignement de spécialité, approfondissant les enseignements communs, entre les matières suivantes : mathématiques, physique-chimie, sciences de la vie et de la terre et biologie-écologie (dans les établissements d'enseignement agricole). Les élèves ne choisissant pas l'enseignement de spécialité sciences de la vie et de la terre auront un horaire obligatoire augmenté d'une heure par rapport à la terminale C actuelle. Ceux qui feront le choix de l'enseignement de spécialité correspondant auront le même horaire que dans l'actuelle terminale D. Il faut cependant relever que cette égalité horaire recouvre une part significative plus importante des classes de travaux pratiques (trois heures et demie sur un total de cinq heures à comparer à une heure et demie actuellement). La place des sciences de la vie et de la terre apparaît donc à la fois renforcée et les conditions d'enseignement améliorées par rapport à la situation actuelle.

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