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Suppression d'emplois dans les entreprises Kleber-CMP à Decize et à Nevers (Nièvre)

10e législature

Question écrite n° 07294 de Mme Marie-Claude Beaudeau (Val-d'Oise - C)

publiée dans le JO Sénat du 21/07/1994 - page 1799

Mme Marie-Claude Beaudeau attire l'attention de M. le ministre de l'industrie, des postes et télécommunications et du commerce extérieur sur le projet de suppression de 291 emplois dans les entreprises de Kleber-CMP (caoutchouc manufacture plastiques) à Decize et à Nevers, dans la Nièvre. Elle attire son attention sur le projet de Michelin de provoquer l'éclatement des 2 usines Kleber de la Nièvre et de transférer au groupe américain Gates des secteurs de production importants pour l'industrie automobile française. Elle lui rappelle que les productions Kleber sont pour 50 p. 100 destinées à Renault et Peugeot et que les groupes américains dont Gates détiennent déjà les deux tiers du marché européen de la courroie, ce qui démontre l'intérêt que doit porter le Gouvernement face à un démantèlement qui serait fatal à l'avenir de productions françaises, à la situation de l'emploi dans le département de la Nièvre, de la région de Decize-La Machine déjà fortement touchée par le développement du chômage, notamment parmi les jeunes. Elle lui demande quelles mesures il envisage pour s'opposer au projet de suppression de 291 emplois à Decize et à Nevers, refuser la vente des productions à Gates, s'opposer au désengagement de Michelin. Elle lui demande enfin quelles mesures il prévoit pour favoriser la modernisation des entreprises Kleber de Decize et Nevers, le développement de nouvelles productions, la création d'emplois correspondant à ces activités nécessaires à l'industrie du caoutchouc et de l'automobile en France.



Réponse du ministère : Industrie

publiée dans le JO Sénat du 01/12/1994 - page 2840

Réponse. - La société Kléber Industrie " Caoutchouc manufacturé et plastiques ", second transformateur de caoutchouc en France, derrière Hutchinson, connaît depuis plusieurs années des difficultés. Malgré un redressement opéré de 1987 à 1989, CMP a subi le choc de la crise en 1990, tandis que ses débouchés de l'Europe de l'Est où la société détenait un place importante ont été désorganisés. CMP connaît depuis trois ans de fortes pertes. Ces pertes ont été supportées par sa maison-mère Pneumatique Kléber, elle-même filiale de Michelin. Devant les difficultés persistantes de CMP, Michelin s'est résolu à céder partiellement l'entreprise à un groupe industriel intervenant dans le même secteur. C'est ainsi que l'activité " courroies " de CMP a été cédée à la société américaine Gates, l'un des leaders mondiaux sur le marché de la courroie de transmission. L'activité " courroies " doit être regroupée sur le site de Nevers. L'activité " antivibratoire " de CMP est maintenue au sein de Kléber et du groupe Michelin sur le site de Decize. L'évolution de l'activité n'a pas permis à Kléber d'éviter, avant toute cession, une adaptation du potentiel de CMP avec une réduction notamment de ses effectifs. Le plan présenté au comité central d'entreprise le 25 avril 1994 prévoyait 291 suppressions d'emplois sur les sites de Decize (1 010 emplois) et Nevers (632 emplois). Depuis cette date, les mesures sociales (départs en préretraite dans le cadre du FNE, emplois à temps partiel TRILD...) ont ramené le nombre de licenciement à 82 sur l'ensemble des deux sites. Les parties concernées ont donné leur approbation au dispositif lors du CCE du 19 juillet 1994. La direction de Kléber a par ailleurs mis en place une " antenne emploi " à qui a été donnée mission de favoriser les reclassements internes et extérieurs, ainsi que d'organiser des congés de conversion et des actions de formation.