Question de Mme HEINIS Anne (Manche - RI) publiée le 10/12/1995

Mme Anne Heinis attire l'attention de M. le ministre de l'équipement, du logement, des transports et du tourisme sur le projet de desserte ferroviaire des quatre gares situées entre Caen et Cherbourg - Bayeux, Lison, Carentan, Valognes - dans le cadre de l'électrification de la ligne Paris-Cherbourg qui sera opérationnelle en juin prochain, question qui suscite une forte controverse dans la Manche. L'étude détaillée des documents de la SNCF montre que : 8 p. 100 seulement des voyageurs pour Paris prennent le train à Cherbourg ; le volume cumulé des quatre gares intermédiaires est toujours supérieur à celui de Cherbourg, avec deux pointes fortement marquées, le matin tôt vers Paris, le soir tard vers la province. C'est la clientèle " affaires " qui a besoin de bons trains. Un train sans arrêt entre Caen et Cherbourg gagne seulement 10 minutes maximum sur celui qui s'arrête, passant en durée de trajet Paris-Cherbourg de 2 heures 55 à 2 heures 45. Par contre, il pénalise doublement les voyageurs des quatres gares intermédiaires, dont M. le directeur régional de la SNCF estime qu'ils représentent le quart du trafic potentiel, en leur imposant un changement à Caen et un allongement de durée de parcours. Exemple : 35 minutes de plus pour Valognes, 3 heures 20 au lieu de 2 heures 45 de durée totale. Rappelons que dans les années soixante-dix le turbo-train ne mettait que 2 heures 45, en desservant les quatre gares et sans changement à Caen. Quelle régression en vingt ans alors que la région et le département ont déjà investi 182,5 millions de francs, sans les intérêts et les amortissements des emprunts, pour améliorer la sécurité et le rapport temps-qualité, et qu'il faudra par ailleurs doubler les trains rapides sans arrêt par des trains express régionaux... à la charge de la région. Dans ces conditions, est-il concevable, pour faire gagner 10 minutes seulement à 8 p. 100 de voyageurs, de pénaliser ceux qui représentent le plus fort volume d'utilisateurs, en particulier aux périodes de pointe ? Est-il raisonnable de remplacer les trains existants, qui vont passer de 7 à 6 allers et retours par jour, par des trains sans arrêts intermédiaires, sauf bien sûr s'ils viennent en double ou en supplément ? Mais quelle sera alors leur rentabilité avec 8 p. 100 de voyageurs ? Elle souhaite connaître sa réponse, n'en ayant obtenu aucune de la direction régionale de la SNCF saisie par lettre à ce sujet.

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Réponse du ministère : Transports publiée le 20/12/1995

Réponse apportée en séance publique le 19/12/1995

Le texte de cette réponse n'est pas disponible en format numérique.

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