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Sainte-Chapelle et Notre-Dame de Paris

11e législature

Question écrite n° 21806 de M. René Trégouët (Rhône - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 13/01/2000 - page 88

M. René Trégouët rappelle à l'attention de Mme le ministre de la culture et de la communication l'émotion suscitée par les dégâts causés par la tempête de la fin de l'année 1999 sur la Sainte-Chapelle et sur la cathédrale Notre-Dame-de-Paris. Il lui demande d'une part, et concernant la Sainte-Chapelle, s'il est exact que des vitraux aient été atteints et, dans l'affirmative, comment le Gouvernement compte s'y prendre pour tenter de réparer les dommages qui leur ont été causés, étant observé leur splendeur et leur caractère unique. De la même façon, il lui demande de bien vouloir lui faire un point sur les dégâts causés à la cathédrale Notre-Dame de Paris et sur la façon dont le Gouvernement entend s'y prendre pour tenter de les réparer.



Réponse du ministère : Culture

publiée dans le JO Sénat du 16/03/2000 - page 956

Réponse. - Les tempêtes qui ont frappé la France les 26 et 27 décembre 1999 ont causé de très nombreux dégâts, qui n'ont pas épargné la patrimoine architectural. De même que de nombreux édifices privés ou communaux, certains grands monuments historiques appartenant à l'Etat ont été particulièrement touchés : il convient principalement de mentionner les domaines nationaux de Versailles et de Saint-Cloud, le dôme du Panthéon et plusieurs grandes cathédrales, parmi lesquelles Notre-Dame de Rouen et Notre-Dame de Paris. Les dégâts occasionnés aux vitraux de la Sainte-Chapelle du palais de justice, à Paris, restent heureusement relativement mineurs : un élément du vitrail de la Genèse, probablement réalisé lors des restaurants du siècle dernier, a été détérioré. Les désordres sont beaucoup plus importants à la Sainte-Chapelle du château de Vincennes : cinq grandes verrières de la nef ont été détruites et des dégradations ont été observées en toiture, où un pinacle et un fleuron se sont brisés. La remise en état du monument est évaluée à une dizaine de millions de francs. La cathédrale Notre-Dame de Paris a été sévèrement touchée par le sinistre : plusieurs pinacles de la cathédrale, pesant chacun plusieurs centaines de kilos, ont été arrachés et sont tombés, les uns à côté de l'édifice, sans occasionner de dégâts majeurs, les autres sur les terrasses du bas-côté sud. Après avois défoncé le dallage de pierre, ces derniers ont heureusement été arrêtés par les reins et les extrados des voûtes, qui, à l'inverse de celles de la cathédrale de Rouen, ont résisté au choc. La restauration des ouvrages endommagés par la tempête est provisoirement estimée à 22 M F. Dans chacun des monuments concernés, des mesures ont été prises immédiatement après le sinistre pour pallier les risques suscités par la déstabilisation de certains éléments d'architecture demeurés en parties hautes, et assurer l'étanchéité des ouvrages. L'application des procédures d'urgence a permis d'engager immédiatement les premiers travaux lourds : étaiement des voûtes de la cathédrale de Rouen, traversées par les débris du clocheton de fonte tombé de la flèche, déblaiement des axes principaux du domaine national de Saint-Cloud, dévasté par la tempête... Il convient de saluer l'action rapide et efficace des directions régionales des affaires culturelles, des services départementaux de l'architecture et du patrimoine et des architectes en chef des monuments historiques, qui a permis d'éviter, dans plusieurs cas, une aggravation des désordres. Le bilan n'en demeure pas moins très lourd, d'autant plus que les indispensables travaux de réparation des dégâts causés par la tempête ne doivent pas remettre en cause les importants programmes de restauration lancés sur des monuments dont les besoins sont considérables. Les moyens supplémentaires annoncés par M. le Premier ministre lors de son intervention du 12 janvier devant la presse permettront de concilier ces impératifs.