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Débitants de tabac et insécurité croissante

11e législature

Question écrite n° 22081 de M. Michel Doublet (Charente-Maritime - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 20/01/2000 - page 174

M. Michel Doublet attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur les inquiétudes des débitants de tabac quant à la situation d'insécurité croissante à laquelle ils sont confrontés. Les 34 000 buralistes ont, outre une mission de service public pour le compte de l'Etat, un rôle de proximité et contribuent à l'aménagement du territoire et à l'animation des quartiers difficiles. En effet, ouverts au public avec une large amplitude horaire, ils sont les cibles privilégiées d'une délinquance en quête d'argent liquide et de tabac aux fins d'alimenter les circuits de la contrebande. Malgré les efforts de la profession pour se doter d'équipements de sécurité, ils demandent une prise en compte spécifique de leur profession par les autorités compétentes. En conséquence, il lui demande quelles mesures il compte mettre en oeuvre en matière de sécurité et de prévention.



Réponse du ministère : Intérieur

publiée dans le JO Sénat du 04/05/2000 - page 1604

Réponse. - L'honorable parlementaire attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur les actes de délinquance commis contre les débitants de tabac par des malfaiteurs en quête de numéraire. Les débits de tabac contribuent, par la vente des vignettes automobiles et des timbres fiscaux, à la mission de service public. Ces commerces, implantés parfois dans des quartiers sensibles, s'inscrivent également dans la politique d'aménagement du territoire. L'exercice de cette activité, souvent associé à un débit de boissons, rend cette profession particulièrement vulnérable et justifie que la Police nationale cible ses actions de protection à leur bénéfice. Un élan nouveau a été donné dans ce domaine par la circulaire du ministère de l'intérieur du 31 juillet 1998, incitant les préfets à prendre les mesures souhaitables pour améliorer la sécurité externe de ces établissements. Ces instructions demandent aux préfets d'associer systématiquement les représentants locaux des chambres syndicales des débitants de tabac à l'élaboration de contrats locaux de sécurité. L'opération anti-hold-up a été mise en uvre, à l'occasion des fêtes de fin d'année, du 11 décembre 1999 au 3 janvier 2000. Ce dispositif a été élargi, en particulier à la lutte contre les vols commis en réunion dans les centres-villes et les zones commerciales. Par ailleurs, ces mesures spécifiques sont renforcées quotidiennement par les interventions des brigades anticriminalité, dans leur lutte contre la petite et moyenne délinquances. Enfin, la police de proximité complète ce dispositif par une présence et des contacts quotidiens avec ces commerçants ou leurs représentants, ce qui permet de les informer des mesures mises en place. Ainsi, cette nouvelle approche de la sécurité s'efforce de faire prévaloir simultanément prévention et dissuasion. En complément de ces actions dans les secteurs les plus sensibles, des efforts ont été portés vers l'installation d'équipements de protection tels que les guichets anti-agression et la surveillance vidéo, qui, sans affecter la relation commerciale, s'intègrent dans l'aménagement des comptoirs de vente. Une subvention spécifique " sécurité " est attribuée par le ministère du budget aux investissements de sécurité réalisés depuis le 15 novembre 1994. Son montant, qui ne peut être sollicité qu'une fois tous les trois ans, est égal à 66 % du total des dépenses engagées pour la sécurité du débit, et plafonné à 50 000 francs.