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Pollution liée au délestage en kérosène par les avions à l'approche de Roissy

11e législature

Question écrite n° 22168 de M. Serge Mathieu (Rhône - RI)

publiée dans le JO Sénat du 27/01/2000 - page 262

M. Serge Mathieu appelle l'attention de M. le ministre de l'équipement, des transports et du logement sur la pratique, constatée lors de vols longs courriers, à l'approche de Roissy. A l'atterrissage, ces avions se délestent de leur excédent de kérosène qui se répand dans l'atmosphère et dans l'environnement des communes proches de Roissy - Charles de Gaulle. Les risques de pollution sont tels qu'il paraît opportun d'assurer une meilleure réglementation de cette pratique qui porte préjudice aux habitants du sud de l'Oise et du Val-d'Oise. Il lui demande de lui préciser la nature, les perspectives et les échéances de son action ministérielle s'inspirant de l'examen de cette situation qui préoccupe à juste titre les élus locaux et les populations concernés, déjà " polluées " par le bruit.



Réponse du ministère : Équipement

publiée dans le JO Sénat du 30/03/2000 - page 1150

Réponse. - Les délestages de carburant par des avions, à l'approche de l'aéroport de Paris - Charles-de-Gaulle, sont des opérations exceptionnelles dictéées par des exigences de sécurité. En effet, pour des raisons structurelles, la masse maximale autorisée des avions à l'atterrissage est inférieure à leur masse maximale au décollage. Ainsi, lorsqu'un pilote est dans l'obligation, pour des motifs techniques, soit d'effectuer un atterrissage imprévu, soit de se reposer immédiatement après son décollage, il doit alléger son appareil jusqu'à atteindre sa masse maximale autorisée à l'atterrissage. Le carburant embarqué étant le seul lest possible, il peut effectivement être largué dès lors qu'il n'est pas possible, pour des raisons de sécurité, d'atteindre le même résultat par une attente en vol. En ces circonstances, les services en charge de la circulation aérienne orientent les avions vers des zones non urbanisées éloignées de 75 à 80 kilomètres de Paris. Il est ensuite exigé du pilote qu'il ne débute le largage de carburant qu'à une altitude supérieure à 2 000 mètres. L'avion est en outre maintenu à une vitesse de près de 500 km/h. Ces conditions permettent au kérosène de se vaporiser ; seule une très faible quantité parvient au sol. Enfin, il convient de noter qu'en 1999, sur 800 000 mouvements d'avions observés en région parisienne, trois opérations de délestage ont eu lieu. Elles ont été effectuées dans les conditions exposées.