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Développement des sectes dans les territoires d'outre-mer

11e législature

Question écrite n° 23154 de M. Serge Mathieu (Rhône - RI)

publiée dans le JO Sénat du 02/03/2000 - page 745

M. Serge Mathieu appelle l'attention de M. le secrétaire d'Etat à l'outre-mer sur les informations selon lesquelles, dans plusieurs territoires d'outre-mer, se développeraient, d'une manière particulièrement active, les sectes. Ce serait notamment le cas en Guyane, à proximité de la base spatiale. Il lui demande s'il dispose d'informations quant au développement des sectes, notamment en Guyane.



Réponse du ministère : Outre-mer

publiée dans le JO Sénat du 06/04/2000 - page 1286

Réponse. - L'honorable parlementaire a bien voulu appeler l'attention du secrétaire d'Etat à l'outre-mer sur le développement des sectes en outre-mer et notamment en Guyane. Bien que les rapports nationaux de 1983 et 1996 n'aient pas porté une observation particulière sur l'outre-mer, mon département s'est employé, dès le début de l'année 1996, à y appréhender et analyser le phénomène des sectes afin de prévenir nos concitoyens des risques individuels et collectifs qu'elles font courir à la société ultramarine. Le contexte géographique, social et culturel, le chômage y favorisent en effet l'émergence et le développement de mouvements qui savent jouer de la détresse ou des formes de spiritualités spécifiques. L'actualisation récente de ce recensement a confirmé la prégnance de ce phénomène outre-mer où l'on retrouve à côté des sectes répertoriées dans les rapports parlementaires, des sectes endogènes inconnues en métropole. L'action conduite outre-mer s'inscrit dans la politique volontariste engagée par le Premier ministre avec la création de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes. Elle vise notamment à mobiliser les pouvoirs publics et judiciaires et mieux coordonner leurs initiatives pour lutter contre les dérives sectaires et protéger les plus vulnérables et plus particulièrement les enfants. C'est dans ce but que M. Alain Vivien, président de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes s'est rendu l'année dernière dans les départements d'outre-mer où, à sa demande, les préfets ont convié l'ensemble des directeurs des services de l'Etat et les autorités judiciaires à des réunions d'information. Concernant plus précisément la Guyane, on assiste depuis plusieurs années à une désaffection des religions dominantes au profit de mouvements évangélistes et pentecôtistes ou d'associations de type orientaliste. Le président de la MILS a relevé pour ce DOM que les implantations sectaires, comparées aux autres départements français d'Amérique, paraissent être plus nombreuses, patrimonialement mieux dotées, eet probablement plus discrètement ingérentes qu'ailleurs. Ainsi, le signalement opéré par l'honorable parlementaire justifie la vigilance constante de l'autorité préfectorale à l'égard des agissements sectaires conformément à la circulaire du ministre de l'intérieur du 7 novembre 1997.