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Voyage au Canada et aux Etats-Unis

11e législature

Question écrite n° 23259 de M. Emmanuel Hamel (Rhône - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 02/03/2000 - page 728

M. Emmanuel Hamel attire l'attention de M. le ministre de la défense sur l'information parue à la page 29 du Bulletin quotidien du 16 février 2000, selon laquelle il a effectué du 20 au 24 février 2000 un voyage au Canada et aux Etats-Unis. Il lui demande le bilan de son déplacement dans ces deux pays, aimerait savoir quelles personnalités il a rencontré à cette occasion, quelles questions ont été évoquées et quels engagements ont été éventuellement conclus sur le plan de la défense entre la France et ces deux Etats.



Réponse du ministère : Défense

publiée dans le JO Sénat du 18/05/2000 - page 1769

Réponse. - Le ministre de la défense s'est rendu au Canada et aux Etats-Unis du 20 au 23 février 2000. Lors de son déplacement à Ottawa, les 20 et 21 février, il a rencontré le premier ministre canadien, les ministres de la défense et des affaires étrangères, ainsi que les présidents des deux comités pour les affaires étrangères et la défense nationale de la Chambre des communes. Une réunion de travail élargie a permis un dialogue approfondi sur les principaux dossiers politico-militaires en cours. Dans le cadre du " partenariat renforcé " mis en uvre entre le Canada et la France, les personnalités rencontrées par le ministre ont souhaité un affermissement des relations entre les deux pays dans le domaine de la défense et des questions de sécurité, ainsi qu'un approfondissement de la coopération militaire bilatérale. Les questions évoquées durant ces différentes entrevues ont plus précisément porté sur la politique européenne commune de sécurité et de défense (PECSD), le projet de défense antimissibles du territoire américain NMD (National missile defense) et le désarmement nucléaire, la situation dans les Balkans, en Russie et en Tchétchénie, le maintien de la paix en Afrique et les relations bilatérales dans le domaine de l'armement et de la coopération militaire. Le ministre de la défense s'est ensuite rendu à Washington les 22 et 23 février. Cette visite a comporté des entretiens au Pentagone avec son homologue et le chef d'état-major interarmées. Des discussions ont également eu lieu avec le secrétaire d'Etat et le conseiller du président pour les affaires de sécurité nationale. Des rencontres avaient été organisées au congrès avec plusieurs sénateurs influents dans le domaine de la défense et des affaires étrangères. Le ministre de la défense a ensuite animé une séance de travail à la commission des forces armées du Sénat. Il a par ailleurs exprimé la position française sur la PECSD lors d'un déjeuner-débat au Center of Strategic and Internationl Studies (CSIS) et à l'occasion d'une conférence à l'université de Georgetown. En marge de cette visite, le ministre a rencontré des journalistes américains, ainsi que certains conseillers des candidats à l'élection présidentielle. Différents sujets ont été abordés lors des entretiens bilatéraux, notamment sur le Kosovo, au cours desquels les échanges ont fait ressortir une grande convergence de vues concernant la nécessaire solidarité entre les membres de la KFOR, ainsi que le rôle de cet organisme pour traiter les troubles à Mitrovica. Tout au long de sa visite, le ministre de la défense a dû répondre à une série de questions sur les décisions du Conseil européen d'Helsinki en matière de politique de sécurité et de défense. Au cours de ses interventions publiques, le ministre a notamment insisté sur l'importance que revêtaient le renforcement du " lien transatlantique " et l'accroissement des capacités européennes de défense. Ce message a été, dans l'ensemble, très bien accueilli. Les représentants de l'administration et les législateurs américains ont marqué leur ouverture de principe au développement au sein de l'Union européenne d'une politique de sécurité et de défense, à condition qu'elle ne porte pas atteinte à l'OTAN, surtout si elle se traduit par un réel renforcement des capacités militaires. Enfin, les discussions ont porté sur l'élargissement de l'OTAN, l'Irak et le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE).