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Développement des formations professionnelles dans le secteur du tourisme

11e législature

Question écrite n° 25745 de M. Marcel Debarge (Seine-Saint-Denis - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 01/06/2000 - page 1927

M. Marcel Debarge attire l'attention de Mme le secrétaire d'Etat au tourisme sur le rapport du Conseil économique et social de la région Ile-de-France, concernant le développement du tourisme et des loisirs de cette région pour la période 2000-2010. Le Conseil économique et social régional (CESR) constate, dans son avis nº 2000-06 du 13 avril 2000, l'importance que revêt le tourisme en Ile-de-France, première destination touristique de France, qui représente plus d'un tiers de l'activité touristique nationale et 10 % du PIB régional. Avec 36 millions de touristes en 1998 (dont 23,3 millions d'étrangers), l'Ile-de-France doit jouer un rôle de plaque tournante du tourisme européen, notamment par une mise en valeur des potentialités régionales et par une information adaptée et multilingue. Dans cet avis, à l'article 24, le Conseil économique et social régional (CESR) insiste sur la nécessité d'intensifier les efforts déjà faits pour la formation initiale et permanente de tous les acteurs du tourisme, tant dans le domaine du savoir-être, pour une meilleure image, que du savoir-faire, évoluant avec les nouvelles techniques et avec une meilleure maîtrise des langues étrangères. En conséquence, il lui demande quels crédits l'Etat envisage-t-il de mobiliser pour accompagner l'amélioration nécessaire des formations, afin que celles-ci soient en adéquation avec le marché du tourisme.



Réponse du ministère : Tourisme

publiée dans le JO Sénat du 12/10/2000 - page 3496

Réponse. - Les actions en matière de formation aux emplois du tourisme s'inscrivent dans le prolongement de l'accord-cadre interministériel de janvier 1990 sur les formations dans le tourisme. Cet accord a traduit la volonté de l'Etat de mieux coordonner ses efforts et de donner plus d'efficacité à ses interventions. Les orientations définies par cet accord sont aujourd'hui complétées par de nouvelles priorités : lutte contre la précarité des emplois, mise en place de nouvelles qualifications, accès à la formation des chômeurs (jeunes et adultes, chômeurs de longue durée). L'accord-cadre interministériel de 1990 a inspiré des accords sectoriels, notamment l'accord-cadre de l'hôtellerie-restauration (1994) et l'accord-cadre avec la Fédération nationale des offices du tourisme et syndicats d'initiative (1997). Les orientations en matière de formation concernent deux objectifs majeurs : la connaissance des besoins en formation dans les différentes branches d'activités de ce secteur, ainsi que l'évaluation des formations en place et le renforcement de l'offre de formation. Une politique de diffusion de l'information est également menée. Afin de mettre à la disposition des professionnels et des organismes de formation une information sur la situation des emplois et sur les besoins de formation dans les diverses branches de ce secteur, l'Etat a mis en place des contrats d'études prospectives (CEP). A partir d'un diagnostic du secteur professionnel concerné, les CEP permettent de mieux connaître la situation de l'emploi, les besoins et des offres de formation, et de travailler à une meilleure adéquation possible entre les emplois et les métiers. Ces contrats, qui résultent d'un travail mené en commun avec les partenaires sociaux, aboutissent à des engagements communs entre l'Etat et les professionnels pour la mise en uvre d'une stratégie concertée dans le domaine de la formation et de l'emploi. Des CEP ont été conclus dans différents secteurs. Le CEP hôtels-cafés-restaurants, réalisé de 1993 à 1995, a conduit à un certain nombre de préconisations sur l'accès à la formation pour l'ensemble des actifs de la profession et pour les chômeurs (jeunes, chômeurs de longue durée), l'analyse des besoins de la profession par bassins d'emplois, la mise en place d'un observatoire de l'emploi, des métiers et de la formation et des itinéraires professionnels, et enfin, la mise en valeur de la diversité des emplois dans le secteur hôtellerie, cafés, restaurants. Le secrétariat d'Etat au toursime contribue à améliorer la qualité et la pertinence de la formation, notamment dans l'enseignement supérieur, en étroite liaison avec les instances universitaires, ainsi qu'à l'adéquation entre les métiers du secteur et les formations initiales mises en uvre par le ministère chargé de l'éducation nationale, en participant aux travaux de la commission professionnelle consultative chargée d'élaborer et de réviser les diplômes technologiques et professionnels de ce secteur. Un groupe de réflexion associant les représentants des professionnels et les représentants des différentes instances du ministère chargé de l'éducation nationale a travaillé sur une réforme du brevet de technicien supérieur (BTS), afin d'adapter le contenu de la formation aux besoins des professionnels, notamment en informatique, technique de vente et de gestion. Ce groupe de travail a abouti à un projet de deux BTS tourisme distincts, l'un consacré à la force de vente, et l'autre à l'animation du patrimoine et plus généralement, au développement local. Le secrétariat d'Etat au tourisme soutient par ailleurs les actions de l'Union nationale des instituts de formation pour hôtellerie, la restauration et le tourisme (UNIFHORT), organisme de formation reconnu par les représentants des professionnels de l'hôtellerie-cafés-restauration (HCR). Ces actions correspondent aux priorités du secteur des professionnels et de l'Etat : amélioration de l'emploi, qualification des jeunes et des adultes, modernisation des méthodes de gestion pour une meilleure qualité de l'offre. L'accord-cadre pour la sauvegarde et le développement de l'emploi dans l'industrie hôtelière, signé en 1994 entre le ministère chargé de l'emploi, le ministère chargé du tourisme, le Fonds national d'assurance formation de l'industrie hôtelière (FAFIH) et les professionnels prévoyait des actions en matière de formation continue, et notamment : la formation de tuteurs au sein des établissements hôteliers : le tutorat des cadres et dirigeants hôteliers permet d'accompagner des jeunes sans qualification vers une insertion professionnelle. Le tuteur fait partie d'un dispositif au sein duquel intervient le centre de jeunes en contrats d'insertion par l'entreprise ; la développement de la qualité des formations : le FAFIH a élaboré un CD-Rom marketing, diffusé par l'intemédiaire des assistants techniques de l'hôtellerie, à travers un réseau de centres de ressources qui forment les hôteliers, selon un rythme adapté aux professionnels, qui se situe entre la formation de groupe et la formation individualisée. Ce projet s'est heurté à un certain nombre de difficultés, et notamment les difficultés des centres à s'adapter à un nouveau type de formation. Les expériences qui ont été menées en 1999 dans plusieurs régions (Bretagne, Ile-de-France, Provence-Alpes-Côte d'Azur) seront analysées. Afin de mieux connaître l'adéquation des emplois et des formations, une étude a été confiée à un cabinet spécialisé pour mieux connaître les emplois tenus au bout de cinq ans par les jeunes ayant reçu une formation au BTS tourisme ou au métier de cuisinier. Le périmètre retenu pour l'étude est l'académie de Versailles, et pourra être étendu dans un deuxième temps à d'autres académies.