Question de M. AUTEXIER Jean-Yves (Paris - CRC) publiée le 22/06/2000

M. Jean-Yves Autexier appelle l'attention de Mme le ministre de la culture et de la communication sur l'évolution préoccupante des pratiques commerciales que semble privilégier la direction de l'Agence France Presse (AFP). Différentes sources indiquent que l'AFP aurait versé de l'argent à des codétenus d'un tueur présumé, de même qu'à des rebelles philippins en échange de photos revendues par l'agence. L'AFP n'est pas une entreprise comme les autres. Elle a été fondée en fonction d'une déontologie professionnelle qui a scellé la renaissance de la presse française après la Libération. Or force est de constater que, depuis l'arrivée de la direction actuelle, une grande incertitude règne au sein de l'agence. L'échec du projet de modification du statut a conduit à une succession de conflits internes. La volonté de privatisation manifestée par la direction a été heureusement contrariée par l'échec du projet de réforme ; mais cet échec conduit aujourd'hui une direction désavouée et contestée à la politique du pire, et les pratiques mercantilistes évoquées risquent fort d'y contribuer. N'est-il pas temps de tirer les conséquences du désaveu d'une stratégie condamnable qui risquerait à terme de placer l'AFP sous contrôle de ses concurrents et de permettre l'arrivée d'une nouvelle direction capable de rechercher des financements sans aliénation de l'indépendance, d'instaurer des rapports confiants avec la presse, de respecter une déontologie exemplaire et de développer de nouveaux vecteurs de l'information et de la communication ?

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Réponse du ministère : Culture publiée le 23/08/2001

Le statut législatif de l'agence France-Presse, élaboré en 1957, a eu pour objet de garantir l'indépendance de l'agence et son rayonnement international, d'assurer la couverture des événements mondiaux avec le souci permanent de fournir à ses clients des informations de qualité et objectives. Plus de quarante ans plus tard, ces objectifs sont plus que jamais d'actualité. C'est en fidélité à ces valeurs et à ses missions fondatrices qu'a été élaborée une stratégie de développement prenant en compte tant les profondes mutations technologiques, qui affectent le marché mondial de l'information que la concurrence particulièrement forte de la part des autres agences de presse. Ces choix stratégiques vont dans le sens d'une diversification des activités de l'agence avec le développement d'une offre adaptée à une clientèle diversifiée, internationale et professionnelle, mais également avec la vente de nouveaux produits comme la photo, l'infographie ou l'accès à des bases de données. Les implications financières et juridiques de la mise en oeuvre d'une telle stratégie ont, il est vrai, suscité d'importants débats au cours de l'année 2000 qui a été marquée par la démission du président alors en exercice et la désignation de son successeur. L'Etat entend apporter son soutien à la direction de l'agence dans la préparation et la conduite des évolutions nécessaires. Le conseil d'administration a adopté le budget 2001 de l'agence, qui s'élève à 1,621 milliard de francs et, dans cet exercice, l'augmentation des abonnements de l'Etat a été alignée sur celle appliquée à la presse (2 %). Après intervention d'une loi de finances rectificative, les abonnements 2001 représenteront donc 619,7 MF. Il est prévu par ailleurs que l'agence bénéficie d'un nouveau prêt participatif de 100 MF en 2001. Ce budget s'inscrit dans un plan de développement 2001-2004 prévoyant une croissance du chiffre d'affaires de 7 % par an.

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