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Fermeture du Grand-Palais et manifestation des sociétés d'artistes

11e législature

Question écrite n° 26894 de M. Bernard Plasait (Paris - RI)

publiée dans le JO Sénat du 20/07/2000 - page 2544

M. Bernard Plasait attire l'attention de Mme le ministre de la culture et de la communication sur les conséquences de la fermeture du Grand-Palais. En effet, depuis 1993, les manifestations des sociétés d'artistes se déroulent à l'espace Eiffel/Branly et ce, jusqu'à fin 2000. Le ministère de la culture propose que ces manifestations soient transférées à l'espace Auteuil à dater de 2001. Aussi, pour aider les salons d'artistes, le ministère attribuerait à chacun d'eux une subvention de 800 000 francs. Chaque société devrait alors signer individuellement un contrat avec l'espace Auteuil et reverser conjointement la subvention reçue à celui-ci pour que soient arrêtées les dates d'exposition. Un second contrat serait signé parallèlement avec la Générale de Location, d'un montant de 250 000 francs à la charge de chacune des sociétés d'artistes, cette somme étant destinée à l'installation et à la coordination de l'exposition. Compte tenu du délai indispensable à la préparation des salons et à leurs engagements, les sociétés d'artistes s'inquiètent de savoir si les subventions du ministère seront reconduites chaque année et versées suffisamment tôt, c'est-à-dire douze mois avant leur déroulement. Par conséquent, il lui demande de bien vouloir lui indiquer si, dans la négative, le ministère pourrait apporter une garantie à l'espace Auteuil attestant que la subvention sera effectivement versée annuellement aux sociétés d'artistes afin qu'aucun retard ne vienne compromettre le bon déroulement de l'organisation des salons. Par ailleurs, si les salons sont transférés espace Auteuil, le coût de l'organisation sera identique à celui de l'espace Eiffel/Branly. Ce coût, considérablement majoré par rapport à ce qu'il était au Grand-Palais, écarte ainsi depuis 1993 de nombreux artistes dont le salon est pour eux le seul moyen de présenter leurs oeuvres au public. Contraints de renoncer à exposer, certains d'entre eux sont déjà décédés sans avoir pu montrer leurs oeuvres. C'est pourquoi il souhaiterait également savoir si elle envisage d'aider les artistes nécessiteux par une subvention spéciale ou si elle est disposée à endosser la responsabilité d'un abandon de ceux-ci dont nombre d'entre eux auront disparu avant la réouverture du Grand-Palais.



Réponse du ministère : Culture

publiée dans le JO Sénat du 28/09/2000 - page 3322

Réponse. - La ministre de la culture et de la communication souhaite rappeler qu'elle est très attentive à la poursuite de l'activité des salons d'artistes quelles que soient les difficultés causées par la fermeture du Grand-Palais et compte tenu de l'impossibilité de poursuivre les expositions à l'espace Eiffel-Branly à partir de janvier 2001 en raison de l'ouverture du chantier du Musée national des arts premiers. Les contacts réguliers entre les responsables des salons et ses services témoignent de cette attention. Elle reflète une attitude permanente du ministère de la culture et de la communication, qui concourt à pérenniser leur activité publique et apporte un soutien décisif au financement des expositions. Celles-ci représentent en effet pour les artistes un moyen important de se faire connaître du public, des collectionneurs et des professionnels de l'art contemporain. De plus, le ministère de la culture et de la communication participe activement à la recherche de nouveaux lieux pour présenter ces manifestations au public. En 2001, les salons auront lieu à l'espace Auteuil. Le soutien aux salons organisés en 2001 générera une dépense prévisionnelle d'au moins 7,5 millions de francs pour le ministère de la culture et de la communication. Ce soutien sans faille démontre le respect des engagements du ministère à l'égard des salons. Conformément aux exigences de la comptabilité publique, les aides aux salons seront désormais individualisées ; en couvrant les dépenses supplémentaires dues aux changements de lieux, elles permettront à chaque salon de ne subir aucune augmentation de charges. Ces aides seront versées le plus rapidement possible, compte tenu des procédures d'engagement des crédits de l'Etat. Par ailleurs, la ministre rappelle qu'une commission d'allocation exceptionnelle en faveur des artistes examine chaque mois les demandes et propose l'attribution de secours d'urgence. La dernière commission s'est réunie le mardi 25 juillet 2000. A cette date, 58 allocations ont été accordées au titre de l'année 2000, pour un montant de 290 000 francs.